Kimbanseke, Kinsuka, Gombe, Kintambo : des cimetières désaffectés refusent de « mourir »

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Des décisions officielles de désaffectation, signées par les différents locataires qui se sont succédés à l’Hôtel de ville, frappent plusieurs cimetières de la capitale depuis des décennies. En principe, les cimetières de Kinsuka, Kimbanseke, Kintambo et Gombe ne devraient plus recevoir des morts, hormis ceux appartenant aux familles « propriétaires » des espaces ou caveaux préalablement réservés.

Une petite ronde dans ces sites interdits à l’inhumation des non vivants le week-end dernier nous a permis de constater un certain activisme des agents  services officiels de l’administration urbaine, de quelques commissionnaires et enfants de la rue qui vivent des enterrements couverts par des dérogations spéciales et même « clandestins ».

A Kimbanseke, le cimetière offre le spectacle d’un site réellement désaffecté, où la broussaille ainsi que quelques habitations se disputent l’espace avec les vieilles tombes. A première vue, il est difficile de repérer un coin où creuser pour placer un cercueil.

 

Cependant, dans un petit bureau de l’Etat encore opérationnel, des agents trouvent le moyen de proposer un petit « rectangle » de terre à 20 dollars pour adulte et entre 5.000 FC et 7.000 Fc pour enfant.

C’est la même situation aux cimetières de Kintambo et Kinsuka, où un certfiicat d’inhumation, qui donne droit à un enterrement, s’acquiert à 20 ou 25 dollars américains auprès d’un fonctionnaire de l’administration urbaine.

A Kimbanseke, à Kintambo comme à Kinsuka, la même recommandation est faite aux familles éprouvées : éviter de creuser en profondeur, ni de trop s’étendre en largeur. Celles qui passent outre se trouvent devant des surprises désagréables : des amas d’os des morts ayant précédé les leurs.

Mais, elles sont vite rassurées par les creuseurs et autres commissionnaires, qu’elles ne sont pas les premières ni les dernières à se trouver dans le cas.

A Gombe, ce sont les commissionnaires qui font croire aux familles éprouvées l’existence des caveaux et espaces « consignés » mais à vendre. Mais, une fois la transaction conclue, on se rend compte que la nouvelle future tombe va être creusée sur une allée pleine de vieux ossements, que l’on disperse sans ménagement.

Le 1er août prochain, journée consacrée aux morts en RDC, il y aura encore plus de pleurs et de grincements de dents chez les pères, mères, frères, sœurs, oncles, tantes, cousins et cousines qui ne retrouveront plus la trace des tombes de leurs proches inhumés il y a quelques années, voire quelques mois.

Pourquoi l’Hôtel continue-t-il d’entretenir des services officiels dans des cimetières désaffectés, dont certains sous la Deuxième République ? La question reste posée.

        Reportage de Chancelvie Bakebe (Stg/Unikin), Christelle Diatezua (Stg/Unikin), Francisca Kapinga (Stg/UPN)

 

 

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