Kengo et Boshab battent la mesure

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Les présidents des deux chambres du Parlement congolais ont choisi la rentrée d’hier lundi 15 mars 2010 pour battre la mesure d’une musique à fortes sonorités électorales. Léon Kengo, président du Sénat, a relancé le débat autour de la transparence du système électoral, plus précisément de la configuration de futures circonscriptions électorales. Les professionnels des médias, qui ont déjà suffisamment déversé encre et salive sur le sujet, se sont sentis ragaillardis d’entendre le numéro 2 « constitutionnel » de la République exiger que le nombre des sièges, pour la représentation nationale ou provinciale, soit le reflet du poids démographique de chaque circonscription électorale.

 

Vieux renard de la politique, Léon Kengo a revisité les statistiques de 2006, lesquelles montrent un déséquilibre criant entre provinces au niveau de l’Assemblée Nationale. Aussi a-t-il recommandé des correctifs pour éviter la reproduction des erreurs et frustrations du passé. De son point de vue, le pays gagnerait à privilégier les statistiques démographiques en lieu et place des statistiques électorales.

En écoutant le président du Sénat, tout le monde a compris à demi mot : le fichier électoral de la CEI n’était pas exempt de reproches. Un recensement général de la population serait donc le bienvenu.

Quant à Evariste Boshab, il a eu le courage de faire sauter le tabou de la révision constitutionnelle. L’on ne peut nier que beaucoup de compatriotes partagent son constat selon lequel le texte constitutionnel adopté en décembre 2005 par référendum a montré ses limites au chapitre du découpage territorial. D’où, l’adaptation du droit aux réalités de l’heure s’impose. C’est vrai que la RDC n’a pas les moyens de respecter le délai butoir de 36 mois fixé par le législateur pour éclater en 26 provinces.

Tout en adhérant à la démarche du président de l’Assemblée Nationale, l’opinion congolaise compte sur sa bonne foi pour que la révision constitutionnelle en chantier s’arrête à l’unique et urgente nécessité de concilier la loi fondamentale et l’architecture territoriale actuelle. Tout chamboulement non justifié par les circonstances et les attentes du souverain primaire passerait, aux yeux du grand nombre, comme une volonté délibérée de replonger la RDC dans le douloureux passé des révisions intempestives de la Constitution à Chaque session extraordinaire du Bureau Politique, du Comité Central et du Congrès du MPR (Mouvement Populaire de la Révolution).

Le texte fondamental de la République était tellement modifié qu’il ne ressemblait plus qu’à un machin répondant aux humeurs d’un dictateur.

En prenant soin de circonscrire le contexte de la révision constitutionnelle, Evariste Boshab a voulu rassurer les sceptiques et calmer les agités. Il ne s’agit pas d’ouvrir une quelconque boîte de Pandore mais plutôt de montrer à la face du monde que les Congolais sont désormais soucieux du respect des textes.                                                                            

       Kimp.

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