Katumbi interpelle l’ONU et la CPI

0
1181

moiseKatumbiDepuis ce lundi 19 septembre plusieurs localité de notre pays, la République Démocratique du Congo et particulièrement Kinshasa, sont le théâtre d’une vague de violences meurtrières, de répressions féroces et d’exactions commises par des éléments de la Garde Républicaine, de l’armée et de la Police Nationale, sous les ordres de l’Etat.

A ce jour, nous dénombrons plus de 50 morts, plusieurs centaines de blessés graves et de très nombreuses arrestations parmi les civils et militants de l’Opposition. Ces victimes ont manifesté pacifiquement pour réclamer la convocation et la tenue de l’élection présidentielle.
Le peuple dans son ensemble a montré son attachement à la démocratie et au respect de la Constitution.

Par ailleurs, à la suite de déclarations haineuses de certains membres de la Majorité Présidentielle, des descentes punitives ont été orchestrées dans la ville de Kinshasa, entraînant des incendies et des morts dans des locaux et sièges de partis politiques membres de la coalition de l’Opposition, le « Rassemblement ».

Je m’incline devant la mémoire des nombreuses victimes dont la vie a été fauchée par la barbarie de ceux qui ont le devoir de protéger la population. C’est en défendant une grande et noble cause qu’ils ont perdu la vie. Leur sacrifice ne sera pas vain, le pays n’oubliera
jamais leur courage.

Ceux qui choisissent de se mettre au service d’un régime autocratique et sanguinaire à la dérive devront répondre de leurs actes criminels.

Je lance ici un cri d’alarme et un appel au Secrétaire Général des Nations Unies,  à la Procureure de la Cour Pénale International, aux dirigeants des Etats démocratiques du monde entier afin qu’une commission d’enquête internationale soit instituée pour oublier les
faits et situer les responsabilités liées à ces graves violences meurtrières, exactions et violations des droits de l’homme en RD Congo.

La crise politique dans laquelle notre pays est plongé est profonde. Cependant, des solutions pacifiques existent.

Il faut organiser un vrai dialogue national. L’Opposition politique
reste ouverte  à participer à un tel dialogue inclusif et respectueux
des préalables posés par le «Rassemblement », notamment la libération
des prisonniers politiques, l’abandon des poursuites judiciaires
contre les opposants et la réouverture de l’ensemble des médias
privés. Les conclusions de ce dialogue devront respecter la
Constitution, les aspirations légitimes revendiquées par le peuple et
la résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Il est aussi temps que le Président de la République, Joseph Kabila,
prenne  ses responsabilités. Au lieu de faire lire des déclarations
légères et simplistes, il devrait s’exprimer sans détours sur ses
intentions et assurer à la population qu’il ne briguera pas de nouveau
mandat. Les élections présidentielle et législatives transparentes,
crédibles, libres, inclusive et respectueuses de notre Constitution
doivent être organisées au plus vite.
Nul pouvoir ne saurait résister à la détermination et à la soif de
démocratie exprimée par le peuple congolais.
Moïse Katumbi