Katumba Mwanke tué dans un crash

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Rescapés, le ministre Matata, l’ambassadeur Ghonda et le gouverneur Cishambo en observation à l’Hôpital Général de Référence de Bukavu
Député national réélu, ancien Coordonnateur de l’AMP (Alliance de la Majorité Présidentielle), ancien ministre d’Etat à la présidence de la République et ancien Gouverneur du Katanga, Augustin Katumba Mwanke a trouvé la mort hier dimanche 12 février 2012 dans un crash d’avion survenu à 13 heures (heure de Bukavu) sur la piste de l’aéroport de Kavumu. Il se trouvait à bord du même avion que plusieurs personnalités politiques de la République, dont le ministre Matata Mponyo des Finances, l’ambassadeur itinérant du Chef de l’Etat, Antoine  Ghonda, ainsi que le Gouverneur de la province du Sud-Kivu, Marcellin Chisambo.

Les trois derniers cités, qui s’en sont tirés avec de graves blessures, sont en observation à l’Hôpital Général de Référence de Bukavu.  Le défunt ainsi que les trois rescapés avaient pour destination finale l’île d’Idjui, indique-t-on, dans le cadre d’une mission officielle dont l’objet n’a pas été précisé.

Deux autres morts ont été signalés. Il s’agit du pilote et du co-pilote. Selon la Radiotélévision nationale congolaise, deux inconnus étaient coincés sous les décombres de l’avion. Partis de Kinshasa le matin, l’avion avait à son bord des passagers dont le nombre n’a pas été précisé. Le crash serait dû à une erreur de pilotage. Des sources aéronautiques ont laissé entendre que le pilote a tenté de poser l’appareil au beau milieu de la piste, ce qui l’a entraîné largement au-delà, jusqu’à aller terminer sa course folle dans la rivière Kalanga, non loin de là.

Toutefois, les causes exactes de cet énième crash qui vient une fois de plus d’endeuiller la République Démocratique du Congo, ne pourraient être déterminées qu’au terme des enquêtes que l’on espère voir diligenter rapidement les autorités gouvernementales et de la Direction de l’Aéronautique Civile. Les boîtes noires du jet pourraient à cet effet apporter de précieuses informations aux enquêteurs.

Katumba… une grosse perte pour le pré-carré présidentiel

Nommé gouverneur du Katanga en 1997, en remplacement de feu Gaëtan Kakudji, appelé au gouvernement comme ministre de l’Intérieur par feu le président Mzee Laurent Désiré Kabila, Augustin Katumba Mwanke a commencé à faire parler de lui dans le microcosme politique congolais à partir de l’année 2001, lorsqu’il a été élevé au rang de ministre d’Etat à la Présidence de la République. L’homme était peint comme l’un des personnages le plus influent et le mieux écouté du pré-carré présidentiel.

Même après son départ du gouvernement vers la fin de l’année 2002, après qu’il a été cité dans le rapport du panel des enquêteurs des Nations Unies sur le pillage des ressources naturelles de la RDC entre 1997 et 2002, avec à la clef un manque à gagner de l’ordre de 5 milliards de dollars américains pour le trésor public congolais, il a non seulement conservé son influence, mais même l’a améliorée. Il avait acquis la réputation, dans les milieux politiques, de faiseur de ministres et de mandataires dans les entreprises publiques, la territoriale, la diplomatie, etc.

Resté constamment proche du Chef de l’Etat, il est de nouveau passé au-devant de la scène après l’élection présidentielle de 2006, en sa double qualité de député national et de Coordonnateur de l’Alliance de la Majorité Présidentielle, structure qu’il a dirigée de 2006 à 2010. Tout au long de la dernière législature, on donnait Katumba Mwanke pour le maestro qui donnait les consignes des votes aux députés et sénateurs de la Majorité Présidentielle à l’occasion des débats autour des questions ultra sensibles telles que les interpellations, les questions orales, les motions de méfiance ou de censure, les amendements des lois ou de la Constitution, les mises en place des membres des bureaux du Sénat ou de l’Assemblée Nationale, etc.

Même après son « limogeage » au profit de Louis Koyagialo puis de Aubin Minaku, Katumba Mwanke n’a cessé d’être cité comme l’un des hommes de confiance du Chef de l’Etat. Disparu à l’orée du second mandat de Joseph Kabila, il va beaucoup manquer à ce dernier en termes d’efficacité dans la discrétion. En dépit de son poids dans les décisions et initiatives présidentielles, le défunt savait vivre effacé. L’homme de la rue aura du mal à saisir l’image de la « force tranquille » qui vient de quitter, à jamais, la cour présidentielle.

Kimp

 

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