Katanga : des Ongs réclament des sanctions contre les auteurs de la fraude douanière

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Après maintes dénonciations des organisations de la société civile en l’occurrence la Licoco (Ligue congolaise de lutte contre la corruption) et les RND (Ressources naturelles pour le développement), la justice a enfin mis la main sur des auteurs présumés du coulage des recettes dues au trésor provenant de la douane, dans la province du Katanga. Ce, grâce au concours des services de renseignements et de la police de crimes économiques.

         En tête de peloton des personnes qui comparaissent devant le tribunal de grande instance de Lubumbashi, on trouve Boni Lititiyo, considéré comme le cerveau de la maffia ayant élu domicile dans le secteur douanier au Katanga. Inspecteur en fonction, le chef de la bande Lititiyo n’opérait pas seul dans ce réseau maffieux. Il était épaulé par deux de ses collègues douaniers, AkebaMbenga et Kabeya waRigika, ainsi qu’un certain gérant d’une agence en douane en la personne de Cédric Mutanda. Laquelle agence appartiendrait en réalité à Boni Lititiyo, malgré l’interdiction qui frappe tout agent de douane de détenir une agence en douane.

         Jugés en procédure de flagrance pour les préventions de contrebande en matière douanière, corruption et usage de faux, les présumés ont comparu pour la première fois devant le tribunal de grande instance de Lubumbashi, le samedi 4 octobre dernier.

         Les deux ongs, LICOCO et RND, saisissent cette occasion qu’elles considèrent comme l’aboutissement de leur lutte ou mieux le début de la réponse à leurs cris en direction des autorités, pour interpeller la justice afin de dire le droit et sévir de manière exemplaire les auteurs de la fraude douanière qui n’a que trop duré au Katanga.

En outre, les deux organisations de la société civile exhortent les autorités judiciaires de remonter la filière de cette maffia à la peau dure en vue de démanteler et décourager, une fois pour toutes, les auteurs de cette pratique ainsi que tous ceux qui seraient tentés de les suivre sur cette voie.

         C’est-à-dire, la justice devra se saisir du cas de la fraude douanière pour ouvrir des enquêtes dans d’autres secteurs tels que les régies financières et services étatiques de l’assiette. Cela permettra de récupérer des recettes qui prennent la destination des poches des individus.

         Par ailleurs, on apprend que certains acteurs politiques seraient également impliqués dans cette pratique frauduleuse. Un élu de la province serait fortement impliqué dans le trafic d’influence dans le réseau Boni Lititiyo, tout comme quelques cadres de l’administration budgétaire nationale. Une raison de plus pour que la justice aille plus loin avec dans ses investigations afin de mettre définitivement un terme à cette pratique odieuse qui fait régresser le pays.

         On rappelle qu’en mars dernier, les deux organisations avaient dénoncé l’activisme d’un groupe de personnes se réclamant conseillers au ministère des Finances qui opéraient en complicité avec des agents douaniers. En exerçant des pressions sur des entreprises minières implantées dans la province afin de se faire payer des fameux contentieux douaniers.

         Il n’y a pas plus longtemps, les deux ongs font savoir que le cerveau de la maffia Boni Lititiyo s’est encore payé une somme de 30.000 dollars américains auprès d’une société aux fins de lui faciliter le dédouanement de 5 camions remorques de marchandises au prix de 6.000 USD par camion.

Dans leur correspondance réservée au ministre des Finances, Licoco et RND renseignent que le même cerveau moteur de la fraude douanière, qui est propriétaire de l’agence en douane dénommée « Libre parcours », a fait disparaitre un camion saisi par les services de la DGDA/Katanga pour fraude douanière.

         Voilà pourquoi les autorités sont appelées à saisir l’occasion de l’arrestation de la bande à Boni Lititiyo, pour sanctionner sévèrement dans le but non seulement de décourager les auteurs, mais également de démanteler tous les réseaux maffieux de la province et d’ailleurs.              Dom

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