Katanga : menacés de disparition, des exploitants artisanaux accusent Makozo

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Des nouvelles alarmantes en provenance de la province cuprifère du Katanga font état d’une tension bouillante dans le milieu de l’exploitation artisanale des minerais. Ces espaces octroyés exclusivement aux populations locales, selon le code minier, seraient en passe d’expropriation par une maffia indo-pakistano-libanaise, appuyée par des trafiquants congolais. 

            En effet, de Mitwaba à Malemba, en passant par Manono, Likasi, Kolwezi, Luisha, Mbola ou Kawama, on rapporte que des étrangers monopolisent, chaque jour qui passe, des zones d’exploitation artisanale des mines, sous la bénédiction de Paul Makozo d’Alberto, président du syndicat des exploitants artisanaux miniers du Katanga. Sujet congolais de père italien et de mère zambienne, d’après ses accusateurs, Paul Makozo claironne ses affinités biologiques avec la plus haute administration de la province du Katanga, pour ainsi « terroriser » ses corégionnaires et bénéficier des avantages que lui offrent des étrangers.

 « Il s’est autoproclamé alors que le Semak a ses fondateurs et est en train de se comporter comme un roi dans une pétaudière… » ont indiqué les exploitants artisanaux, tout en dénonçant le clientélisme qui s’installe dans leurs milieux.

            Face à cette attitude, les exploitants artisanaux ont décidé de tirer la sonnette d’alarme contre le bradage de richesses nationales et l’hypothèque de la souveraineté du pays. « Nous nous sentons diminués alors que l’exploitation artisanale a été un plan ingénieux, selon Mzee Kabila à l’époque du ministre des Mines Fréderic Kibassa, pour créer une classe moyenne congolaise. Cependant, aujourd’hui ce sont les étrangers qui contrôlent ce secteur au détriment des nationaux qui sont maltraités comme des bêtes de somme. Ces Libanais, par exemple, vont jusqu’à fouetter les creuseurs comme à l’époque coloniale », s’est plaint l’un des exploitants contacté par le Phare. Pour lui, cette situation d’esclavagisme moderne pourra un jour les fatiguer et conduire à des casses dangereuses dans plusieurs coins de la province car leurs nombreux cris, à l’endroit des autorités tant provinciales que nationales, sont restés sans réponses. Ainsi, demande-t-il, un traitement digne afin d’épargner un reniement des actuels dirigeants lors des prochaines joutes électorales.

            Tout en réclamant une protection de la population, les exploitants artisanaux dénoncent la production presqu’industrielle qui s’opère depuis 2006 dans leurs sites. Cuivre, cobalt, cassitérite, coltan et autres matières précieuses sont tous les jours « pompés » à fond par une maffia qui contrôle tout (transport, exploration, exploitation, exportation etc.), mais elle-même incontrôlée. Par ailleurs, même les services des douanes ferment les yeux devant cette situation calamiteuse qui risque de sacrifier, du jour au lendemain, plus de 60.000 creuseurs dont la seule activité de survie reste cette zone. 

Tshieke Bukasa

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