Katanga: la Société civile bataille pour les «creuseurs»

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Dans le but d’amener l’Etat, la Société civile et les journalistes notamment, à pousser les exploitants miniers à industrialiser leurs activités en vue d’impulser un réel développement du Congo, un collectif d’organisations non gouvernementales (ONG) œuvrant dans le secteur des ressources naturelles a rendu public, le vendredi 19 aout 2011 au siège d’Osisa à Gombe, un rapport dénommé : « De l’artisanat minier à l’industrialisation et la diversification, cas du Groupe Bazano ». D’après les auteurs de cet exposé, cette démarche vise aussi à amener l’Etat à mieux s’impliquer dans l’encadrement des creuseurs artisanaux dans le souci de créer une classe moyenne congolaise au Katanga. En somme, faudrait-il noter, les activistes ont fait état des avancées significatives dans l’évolution de l’artisanat minier dans cette partie du pays.

En effet, c’est au terme  d’une enquête menée entre mai et juillet 2011 au Katanga, que les investigateurs des structures telles que Nouvelle Dynamique Syndicale( NDS), Ressources Naturelles pour le Développement( RND), etc. ont noté des signes encourageants dans l’encadrement des creuseurs par des entreprises qui sont parties de l’artisanat minier pour se diversifier et se spécialiser enfin dans l’exploitation semi-industrielle.

A titre exemplatif, le collectif s’est particulièrement appuyé sur le cas du Groupe Bazano, une entreprise minière évoluant dans la province du Katanga. Ce groupe minier, négociant minier en 2001, qui est devenu industriel par la construction de ses propres usines de traitement des minerais, finance les activités de production des sociétés qui lui fournissent des minerais sur sa demande. En plus du groupe Somika, le Groupe Bazano dispose d’une ferme de plus 3.000 hectares dans laquelle il cultive du maïs, de la banane, du café et s’adonne à l’élevage de bovins, moutons et la pisciculture.
Par ailleurs à son actif, la Société civile mentionne aussi que ce groupe impose aux entreprises-fournisseurs des produits miniers certaines règles dont l’interdiction du travail des femmes et enfants ainsi que l’identification obligatoire des artisanaux par l’Etat. Le collectif mentionne en outre le port des équipements de sécurité imposé aux artisanaux sur les sites miniers.

Notons par ailleurs à la suite de la Société civile que si auparavant, les artisanaux avaient vendu à n’importe quel prix leurs produits, aujourd’hui ils gagnent assez bien leur vie parce qu’ils ont la maîtrise de la teneur ; car les prix de vente sur sites sont fixés sur base de la teneur. Et leurs produits ne sont plus transportés sur la tête ou à dos d’homme, mais vendus sur sites et ramassés par les sous-traitants. Lesquels ont été obligés de faciliter à la population l’accès aux services de base, notamment l’eau, l’électricité, soins de santé ; l’encadrement technique et organisationnel des artisanaux miniers. Sans oublier les aspects liés à la santé et à la sécurité au travail, l’achat par les artisanaux des cartes officielles.

Pour rappel, au sujet de l’exploitation artisanale dans la province du Katanga, le collectif a fait noter qu’elle a commencé avec la vente des mitrailles consacrée par une décision de l’autorité provinciale en 1991. Elle a eu pour conséquence le démantèlement des usines et autres équipements des entreprises publiques en l’occurrence la Gécamines et la SNCC. Durant cette période, les vendeurs de tous bords s’en sont pris aux usines et produits marchands des entreprises : rail, traverses, cobalt, cuivre y sont passés.

Puis est arrivée la période de 1999 à 2008, consacrée par l’Arrêté ministériel du 19 février 1999 qui légalise l’exploitation minière artisanale de l’hétérogéniste et en même temps l’officialisation de l’EMAK (coopération des artisanaux miniers du Katanga). Cette question sera définitivement réglée par la loi n°007/2002 du 11 juillet 2002 portant Code minier.
Enfin, la période qui s’étend de 2008 à nos jours, laquelle consacre le passage de l’exploitation artisanale déshumanisante à l’exploitation semi-industrielle, industrielle et diversifiée.

Tshieke Bukasa

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