Kasaï Occidental : bagarre suspecte autour du gouvernorat

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L’élection du gouverneur de la province du Kasaï Occidental va enfin avoir lieu ce lundi 18 avril 2011. Pendant que l’on attend de connaître l’identité du successeur de Trésor Kapuku, démissionnaire depuis le mois de février, il s’observe une forte agitation à Kananga. Celle-ci est due non pas au nombre éléphantesque de candidats – 15 prétendants au total sur la ligne de départ- mais plutôt à l’activisme des personnes et personnalités qui n’ont rien à avoir avec la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), « pouvoir organisateur » de ce type de scrutin.
Que cache la bagarre suspecte que se livrent, autour du gouvernorat du Kasaï Occidental, les parrains de différents candidats ? Qu’est-ce qui feraient courir décideurs politiques et bailleurs de l’ombre, à 7 mois seulement de la fin présumée du mandat de celui ou de celle qui va être appelé à occuper le fauteuil laissé vacant par Trésor Kapuku.

En principe, entre avril et novembre 2011, les populations de cette province ne devraient pas s’attendre aux miracles de la part du futur patron de l’exécutif provincial. Dès lors, l’on pourrait même penser que prendre les commandes du gouvernorat dans de telles conditions serait un suicide politique pour quiconque souhaiterait s’aligner pour un mandat électif cette année ou l’année prochaine.

Exécuteur de sales besognes ?

Pour les observateurs avisés, les souteneurs des candidats à l’élection du gouverneur du Kasaï Occidental entretiennent un agenda caché. Ce n’est pour l’intérêt ni le bien des populations kasaïennes qu’ils se haïssent subitement à mort, prêts à se jouer les coups bas les plus insoupçonnés, allant jusqu’à l’élimination physique.

L’on est tenté de croire que le gouverneur du Kasaï Occidental, à l’instar de ses collègues d’autres provinces, serait chargé de sales besognes, vraisemblablement dans le cadre des opérations préélectorales et électorales. Au lieu d’être au service de leurs administrés, indique-t-on, la plupart de ces responsables de la territoriale risquent de se comporter en serviteurs d’individus. D’aucuns soutiennent que le maintien à leurs postes des gouverneurs de l’Equateur et de la Province Orientale, malgré l’existence des preuves formelles de leur mégestion, doublée de celles de corruption pour celui de la Province Orientale, serait lié aux calculs électoralistes.
Voilà pourquoi, croit-on, la territoriale de développement tant rêvée au début de la législature en cours n’a jamais pris corps, en dépit de la mise en chantier, au niveau du Parlement, de plusieurs instruments juridiques en rapport avec la décentralisation. Les Congolais électeurs de 2006 auront ainsi jetés leurs voix dans la poubelle, car ayant misé sur des gouverneurs prisonniers de leurs partis et familles politiques.

Sourds aux « révolutions » du Nord et de l’Ouest ?

De 2006 à 2011, des millions de Congolaises et Congolais sont restés avec le sentiment d’avoir été roulés dans la farine par les hommes et les femmes ayant sollicité leurs suffrages avec la promesse de bâtir un Congo nouveau, assis sur des provinces riches, unies, pacifiées.
Cinq ans après, le bilan n’est pas flatteur.

Or, la misère, combinée à l’absence d’avenir et de liberté, est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase en Tunisie, en Egypte et en Libye. Cause du vote-sanction opéré par les Ivoiriens contre l’ancien président Laurent Gbagbo, la pauvreté est en train d’embraser le Burkina Faso.
Comme s’ils étaient sourds aux « révolutions » du Nord et de l’Ouest de l’Afrique, les gestionnaires des affaires publiques en République Démocratique du Congo donnent l’impression de ne pas vouloir tirer les leçons des mécontentements populaires qui sont en train d’emporter les gouvernants. Pourtant, la dynamique des changements politiques enregistrés en Tunisie, en Egypte et en Côte d’Ivoire indique que les différents peuples du continent sont en train de prendre conscience du fait que s’ils ne peuvent pas impulser l’alternance politique à partir des urnes, il ne leur resterait qu’une alternative : les pressions de la rue.

Jacques Kimpozo

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