Kasaï : la FIDH dénonce des crimes contre l’humanité au service d’un chaos organisé

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« Massacres au Kasaï : des crimes contre l’humanité au service d’un chaos organisé en République démocratique du Congo » est le titre d’un rapport d’enquête réalisée par la Fédération Internationale de Droits de l’Homme (FIDH) et ses organisations membres dont l’ASADHO (Association africaine de défense des droits de l’homme), la Ligue des Electeurs (L.E) et le Groupe Lotus. Une enquête qui a fait l’objet d’une conférence-débat organisée hier jeudi, 12 avril 2018, par l’ASADHO dans la salle Père Boka, au Centre CEPAS dans la commune de la Gombe. La présentation du Rapport la été faite par Me Patrice Ntambwe Ngoyi, secrétaire exécutif de la L.E., tandis que la modération était assurée par Me Jean Claude Katende, secrétaire exécutif de l’ASADHO. Par ailleurs deux victimes – à savoir le
journaliste Joël Kadet et le député Médard Mulangala – ont témoigné sur l’extrême cruauté de ces horreurs et demandé seulement que justice soit faite ; car ils ont même suivi, pas à pas, l’exécution de plusieurs membres de leurs familles.

Pour mobiliser toutes les personnes, physiques ou morales, à s’engager dans la lutte contre l’impunité et pour le triomphe de la justice afin que les véritables responsables soient poursuivis et sanctionnés conformément à la loi, les organisateurs ont invités toute
personne physiques ou morales, touchée par cette tragédie, à venir signer – séance tenante et même après – la Déclaration de soutien au rapport «Massacres au Kasaï : des crimes contre l’humanité au service d’un chaos organisé », réalisé par la FIDH et ses organisations membres en RDC et qui était lue à la fin de cette cérémonie par Rostin Manketa, secrétaire exécutif de la Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV).

Des atrocités qu’on ne peut oublier au risque de les voir se reproduire

Dans un résumé introductif, les auteurs du rapport signalent que dans le  Grand Kasaï, en RDC, les populations civiles ont été les cibles des crimes d’une ampleur et d’une gravité sans précédent. En juillet 2017, une mission d’enquête de FIDH s’est rendue dans le nord de l’Angola pour y récolter des témoignages des réfugiés ayant fui les violences perpétrées sur le territoire de Kamonia, au sud de la province du Kasaï. Et le présent récit revient sur les témoignages de 64 réfugié(e)s, rescapé(e)s des massacres de plusieurs villages dont
ceux de Kamako, Sumbula, Djiboko, Mvula, Milenge et Cinq. Ces récits témoignent de l’horreur subie par des populations qui ont  fait l’objet, entre mars et juillet 2017, d’exécutions sommaires, d’actes de torture, de mutilations, de violences sexuelles, pillages et destructions des biens, d’arrestations et détentions arbitraires et de transfert forcé.

Ces crimes, signalent le rapport, attribués principalement aux éléments des Forces Armées et de sécurité de la RDC et à leurs supplétifs, mais aussi aux éléments de la milice Kamuina Nsapu, sont des crimes internationaux, et pourraient constituer des crimes contre l’Humanité. Le rapport démontre comment des éléments de la milice Kamuina Nsapu se sont rendus responsables d’exécutions sommaires souvent sous la forme de décapitations, de menaces et autres formes d’intimidation ou d’extorsion. Après plusieurs jours d’affrontements intermittents avec les Kamuina Nsapu dans plusieurs villages, les
Forces de défense et de sécurité congolaises ont déclenché des actes
de représailles disproportionnés et ne visant pas uniquement la
milice. C’est ainsi, signale le rapport, qu’il y a eu des exécutions
sommaires des civils, mêmes placées hors des zones de combat.
Pour terminer, Me Jean Claude Katende a assuré que la liste des noms
des commanditaires de ces crimes existe et sera transmise à toutes
institutions sérieuses et soucieuse d’une justice équitable. Ce
rapport – distribué à tous les invités – a été rédigé pour que les
preuves ne se perdent pas pour la justice et la réparation des
préjudices.
SAKAZ