Kasaï : les charniers passent de 42 à 80

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Selon les résultats d’une enquête mixte menée la semaine dernière à travers le Grand Kasaï par des experts du Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme et des magistrats militaires congolais, 38 nouvelles fosses communes ont été découvertes dans cet espace géographique en proie aux violences de toutes sortes depuis le mois d’août 2017. Ces investigations ont été conduites les 04 et 07 juillet dans les localités de Sumbula (7 fosses) et Diboko (31 fosses), dans le territoire de Kamonia. Ajoutées aux 42 découvertes entre mars et mai 2016, cela donne un bilan provisoire de 80 charniers.

Cela apporte de l’eau au moulin des sources indépendantes qui soutiennent que le nombre de fosses communes devrait dépasser la centaine, compte tenu de la probabilité de nouvelles découvertes, s’il était permis aux enquêteurs indépendants de fouiller davantage les forêts et la brousse à travers le Grand Kasaï. L’autre constat provisoire à tirer de l’identification de nouveaux charniers est que la thèse du génocide semble se préciser, étant donné que les violences ont pris, ces derniers mois, une coloration tribalo- ethnique.
Les observateurs estiment, au vu du nombre fort élevé des charniers connus et de ceux que l’on ne connaîtra jamais, le bilan de plus de 3.000 morts livré par l’Eglise catholique du Congo et le député national Delly Sesanga est visiblement en-déca du nombre réel des
personnes tuées et disparues.

C’est le lieu de rappeler qu’en marge de  7998 me session du Conseil
de Sécurité des Nations Unies, le Secrétaire général adjoint de l’ONU
chargé des opération de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, a
fait état d’une situation sécuritaire et humanitaire très grave dans
le Grand Kasaï, où se poursuivent des exécutions sommaires et des
viols, y compris des civils par les forces de sécurité et l’existence
de plusieurs dizaines de fosses communes. Il a demandé que le maximum
d’éclairage soit donné sur les tueries à grande échelle qui touchent
le Grand Kasaï, que les auteurs soient poursuivis en justice et que
des sanctions ciblées soient envisagées contre les commanditaires.
D’où, d’aucuns pensent que le Kasaï garde encore les mystères de ses
morts, de nombreux disparus et des fosses communes et autres victimes
des viols, tortures et exactions diverses. Selon le tableau de plus
sombre qui s’offre aux yeux de tous, il y a nécessité d’une enquête
internationale pour élaguer toutes les zones d’ombres qui couvrent une
spirale des violences qui semble planifiée à partir d’officines
politiques.             Kimp