Kasaï : la CENI a déjà planté le décor du « glissement »

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Lancées avec tambours et trompettes il y a un mois, les opérations d’enrôlement des électeurs dans les provinces du Kasaï, du Kasaï Central et du Lomami (territoires de Kamiji et Luilu) piétinent. Selon les statistiques fournies par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) elle-même, à la date du 02 octobre 2017, seulement 172 centres étaient ouverts sur les 1.736 prévus pour l’enregistrement des citoyens congolais en âge de voter. On note, à cet effet, que le Kasaï central se retrouve avec 128 centres d’identification opérationnels
sur 914 tandis que le Kasaï ne compte que 44 centres en activité sur un total de 822.
De manière globale, la CENI n’a enrôlé, jusque-là, que 42.224
électeurs sur 1.563.988 attendus au Kasaï et 81.091 contre 1.554.634
au Kasaï Central, soit seulement 10 % de l’électoral potentiel de ces
deux provinces. Environ 90 % de demandeurs de la carte d’électeur ne
sont pas encore servis. Avec un taux moyen d’enrôlement qui tourne,
pour le moment, autour de 10 % le mois, il est clair que les
opérations de délivrance de la carte d’électeurs aux concitoyens en
âge de voter et aux nouveaux majeurs ne pourraient pas être bouclées,
techniquement, à la fin du mois de janvier 2018 comme annoncé.
En considérant tous les « ingrédients » de freinage des opérations
d’enrôlement, à savoir le nombre anormalement réduit des centres
d’enregistrement des électeurs et leur éloignement de ceux-ci,
l’insuffisance des kits d’inscription et de capture, le déficit de
groupes électrogènes et de carburant, les pannes des kits, le non
paiement des agents de la CENI, le monnayage des cartes d’électeurs…il
appert que l’enrôlement dans les deux provinces du Kasaï pourrait
aller au-delà de juin 2018.
Selon la méthodologie de travail de cette institution d’appui à la
démocratie, les Congolais de l’étranger ne pourraient être enrôlés
tant que les opérations d’enregistrement des électeurs ne seraient pas
bouclées dans l’espace kasaien.
Bref, rien qu’avec les provinces du Kasaï et du Kasaï Central, le «
glissement » technique du calendrier électoral est largement garanti.
Tout ce qui resterait à faire, c’est de parachever le travail de
rallonge du délai de nettoyage du fichier électoral avec les Congolais
de la diaspora, que la CENI prétend pouvoir enrôler en l’espace de
trois mois. Mais en réalité, en tirant une fois de plus les choses en
longueur, elle n’aura pas fini d’enrôler la diaspora congolaise à
l’horizon 2018.
Au regard de la rengaine du moment, à savoir qu’il faut à la CENI 504
jours après la clôture définitive de toutes les opérations
d’enrôlement avant d’envisager le démarrage des opérations électorales
(convocation du corps électoral, formation du personnel, répartition
des sièges, commande, transport et déploiement des kits électoraux,
enregistrement des candidatures), l’organisation effective des
élections présidentielle, législatives nationales et provinciales ne
pourrait intervenir, au mieux, que vers la fin de l’année 2020. Encore
faudra-il, de la part du pouvoir en place, une réelle volonté
politique de laisser la CENI, qui lui est totalement inféodée,
conduire enfin le peuple congolais aux urnes.
Kimp