Kasaï : 400.000 enfants en danger de mort !

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Si rien n’est fait pour venir en aide aux populations victimes des conflits qu’a connus la région du Kasaï, il y a risque d’enregistrer d’ici peu un bilan macabre des décès dans cette partie centrale du pays. Plusieurs centaines d’enfants âgés de moins de cinq ans sont
actuellement exposés à la mort à cause de la malnutrition aiguë sévère, note le rapport d’une étude menée dernièrement par l’agence des Nations unies spécialisée en la matière, en l’occurrence l’Unicef.

« Au Kasaï, région du Sud de la République Démocratique du Congo, la situation des enfants est alarmante. Au moins 400.000 enfants d’entre eux, âgés de moins de cinq ans, souffrent de malnutrition aiguë sévère. Ils risquent la mort si des soins sanitaires et nutritionnels ne sont pas administrés rapidement ». Ce cri d’alarme de l’agence
onusienne qui devrait tout logiquement susciter une réaction musclée
des autorités congolaises en vue de sauver les viens humaines, semble
malheureusement être tombée dans les oreilles des sourds. Car, le
gouvernement donne l’impression de ne pas être préoccupé par la crise
qui sévit dans les cinq provinces issues du démembrement du Grand
Kasaï à cause du phénomène KamuinaNsapu. La conférence sur la paix et
le développement n’aurait servi
qu’aux acteurs politiques de faire leur show, au grand dam de la
population, qui connaît la misère la plus noire de son histoire.
On indique que les choses se sont empirées avec le retour des
populations qui avaient fui les hostilités pour se mettre à l’abri
dans leurs milieux de vie, notamment dans les zones où la sécurité
s’est améliorée. Plusieurs familles retournées broient du noir : pas
de nourriture, soins de santé, habits, et parfois même d’habitation.
Certaines familles passent la nuit à la belle étoile, abandonnées à
leur triste sort.
On rappelle qu’à cause des conflits armés qu’a connus la région, de
nombreuses zones de santé ont été détruites. C’est le cas de Mikalayi,
localité située à 35 kilomètres de Kananga, où les conflits ont été
particulièrement violents. Au moins 5 centres de santé ont été
détruits et 16.000 personnes jetées sur le chemin de l’exil vers des
terres plus tranquilles. La situation est pareille à travers toutes
les provinces issues du Grand Kasaï.
Comme il fallait s’y attendre, les conflits qui avaient contraint les
populations de quitter leurs milieux de vie, sont à la base de
nombreuses conséquences. Hormis la déscolarisation des enfants, on
déplore la famine provoquée par le fait que les gens ont raté la
saison culturale.
N’ayant pas semé en septembre et octobre, ils sont désormais à la
merci de la famille.
Ce qui étonne le plus c’est l’indifférence qu’affiche le gouvernement
face à ce drame qui semble curieusement préoccuper plus les
organisations humanitaires internationales et quelques fondations
privées des rares compatriotes qui expriment de la commisération à
l’endroit des populations en détresse, que l’Etat congolais lui-même.
Car, jusqu’ici, on ne voit pas le gouvernement s’activer dans le sens
non seulement d’assister ceux qui regagnent leurs villages, mais
également les accompagner dans leur réinsertion.
Parmi les rares compatriotes qui posent des gestes de solidarité
envers ceux qui retournent, il y a la Fondation André Kadima, patron
de Béatrice Hôtel, qui se démène tant bien que mal pour assister les
retournés en biens de première nécessité : nourriture, médicaments de
base, habits, etc. Et cela dans au moins quatre des cinq provinces du
Grand Kasaï, à savoir : Kasaï, Kasaï Central, Kasaï Oriental, et
Lomami. Or, nul n’ignore que malgré sa bonne volonté, en tant que
privé, il ne saura pas venir en aide à tout le monde. Tâche dévolue à
l’Etat qui malheureusement semble ne pas prendre en considération la
question.

Forum de Kananga : une conférence inutile !

Au regard de l’évolution de la situation sur le terrain avec à
l’affiche le retour des personnes qui avaient fui les conflits, on est
en droit de s’interroger sur la finalité de la conférence sur la paix,
la réconciliation et le développement dont les assises s’étaient
déroulées il y a quelques mois à Kananga, chef-lieu du Kasaï Central.
Que sont devenues ses résolutions ? Quelles mesures avait-on arrêté
pour gérer le retour de ceux qui avaient fui leurs milieux ? Quel
travail font les nombreux ministres concernés par la question ?
Pire encore, on ne voit pas ces membres du gouvernement descendre sur
le terrain pour ne fut-ce que réconforter ceux qui ont répondu à
l’appel leur lancé pour regagner leurs ménages. Il n’y a que les
organisations humanitaires internationales qui sont visibles sur le
terrain, pour assister les nécessiteux.
A cette allure, comment matérialiser de programmes pompeux du
développement que le gouvernement ne cesse de brandir aussi longtemps
on ne sait pas résoudre des problèmes primaires de survie de la
population.
A Kinshasa, les décideurs sont plus préoccupés par le dédoublement
des partis que la gestion de la cité.
Dom
Jean-Pierre Nkutu