Kampala : feuille de route contraignante pour les Congolais

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Annoncée lors du dernier Sommet extraordinaire de l’Union Africaine par le président ougandais, Yoweri Museveni, la réunion des pays membres de la Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs (CIRGL) ouvre ses portes à Kampala ce mardi 08 août 2012. Selon le médiateur, les participants devraient discuter des modalités pratiques de mise en place de la « Force neutre internationale » à positionner prochainement le long de la frontière congolo-rwandaise, conformément à une résolution arrêtée à Addis-Abéba, avec l’aval des présidents congolais et rwandais.

 L’opinion intérieure congolaise pense que la délégation congolaise est cette fois prisonnière d’une feuille de route on ne peut plus claire. Car, celle-ci comprend les révélations du panel d’experts de l’Onu sur l’implication du Rwanda dans l’appui aux rebelles du M.23, les condamnations et sanctions internationales contre le pays de Kagame, les pétitions des églises congolaises ainsi que le mémo des députés du Nord-Kivu contre l’agression rwandaise, les manifestations populaires sans nombre contre la balkanisation du Congo.
 Le ras le bol des Congolais devraient interdire aux délégués de la République Démocratique du Congo à Kampala d’hypothéquer la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale par la conclusion d’un nouvel acte de trahison. Il ne serait pas normal que des actions de rue, couplées avec les protestations des chefs religieux, ces concitoyens réputés apolitique mais qui sont sortis cette fois de leur réserve, soient trahies par une conduite propre à celle de moutons en route pour l’abattoir.
Les preuves du double jeu de Kigali dans les menaces d’implosion de notre pays à partir de la guerre de l’Est sont si nombreuses et irréfutables que Kinshasa devrait parler d’une voix forte et suffisamment ferme à Kampala. Des millions de Congolaises et Congolais voudraient que le fond du problème – à savoir l’agression gratuite du Rwanda contre la mère patrie – soit clairement et sérieusement abordé, avant de donner corps à la fameuse « Force neutre internationale ».


Une éventuelle attitude de faiblesse dans les pourparlers serait la confirmation de la diplomatie de la contradiction en RDCongo, celle qui consiste à en appeler à une mobilisation générale en interne et à souscrire à la compromission en externe. Le souvenir amer des alliances militaires contre-nature avec le Rwanda et l’Ouganda ainsi que celui de l’accord assassin du 23 mars 2009 avec le CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple) sont si présents dans les esprits de nos compatriotes risquent de ne jamais se remettre d’un nouveau coup fourré. Le vœu des Congolais est que Kampala ne se transforme pas en une nouvelle illusion de retour à la paix, alors que les bruits de bottes se font  entendre depuis 18 ans au Nord-Kivu. Les représentants de notre pays au pays de Museveni devraient tenir compte du sentiment de révolte des Congolais d’ici et d’ailleurs dans leurs débats avec les Rwandais.

Attention au lobbying de Kigali


 Après avoir été sérieusement secoué par les preuves accablantes de jeu malsain de déstabilisation de la RDC en sponsorisant la rébellion du M23, le régime de Kigali tente de se tirer d’affaires en versant dans les dénégations des faits mis à sa charge par des experts onusiens. La rhétorique rwandaise est connue : nier les évidences.
 Face à des interlocuteurs qui n’ont jamais reconnu leur responsabilité dans l’insécurité récurrente qu’ils entretiennent à l’Est de la RDC depuis 1994, la délégation congolaise ne devrait rien concéder. Elle devrait, s’il le faut, suivre le Rwanda dans le dialogue des sourds que ce pays cherche manifestement à nous imposer. A cet effet, les Congolais devraient se méfier aussi bien des Rwandais que de leurs alliés naturels Ougandais, de même que des médiateurs Olusegun Obasanjo et Benjamin Mkapa, dont l’agenda caché avait entraîné, en mars 2009, tout un peuple dans la signature d’un faux accord de paix avec le CNDP. Si Kampala se révèle comme le forum de la consolidation de la thèse de la crise congolo-congolaise au Nord-Kivu, on devrait dire «niet».


Kimp

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