Kamonia : les «mining» en guerre contre les clandestins

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Dans la zone minière de Tshikapa et ses environs, la carence de nouveaux investissements à laquelle s’est ajoutée l’absence des sociétés, a aggravé depuis des années, le chômage et la pauvreté de populations locales. Et ce sont les jeunes qui représentent la tranche d’âge la plus touchée par la pauvreté. A Kamonia, faute de poursuivre les études, la majorité de jeunes ont opté pour l’exploitation minière artisanale comme activité principale. C’est la ruée vers le diamant qui a détourné la jeunesse du chemin de l’école. Dans ce domaine-refuge, rares sont ceux qui réussissent, surtout que les cours mondiaux du diamant ont chuté depuis des années.

 Mais là où le bât blesse, c’est qu’ils ne découvrent pas seuls des sites regorgeant des diamants. Tout creuseur qui ramasse quelques grains de diamant dans un coin de la brousse, ou dans le cours d’une rivière, crie « Eureka ! ». Aussitôt l’alerte donnée à ses copains, vite, il court vers un comptoir de diamants soumettre pour vente, son colis à l’expertise de trieurs. Le bourgeois d’un jour croit avoir trouvé le métier qui allait bâtir et sécuriser son avenir.

Des jours d’exploitation intense passés, le filon s’épuise et le puits est abandonné. Il faut alors chercher ailleurs. La crise aidant, les creuseurs se rabattent bien malgré eux sur les graviers jetés par les exploitants industriels hors de leurs concessions. Il y en a qui franchissent à leurs risques et périls, la clôture du site minier, foulant ainsi aux pieds les mesures de sécurité. A leur arrestation, les malheureux creuseurs sont tabassés et violentés par les vigiles et les travailleurs, avant d’être déposés au poste de police proche où ils seront auditionnés sur procès-verbal. Les plus infortunés sont abattus dans le pire des cas, alors que les rescapés des séances de tortures s’en sortent avec des blessures graves et autres fractures.

            La semaine dernière, tout Kamonia a appris que dans un site minier privé, deux jeunes garçons ont été surpris en train de rechercher les petits grains de diamants. Vendredi 17 juillet 2015, pendant qu’il s’affairait sur un tas de graviers, un certain Kabongo a attrapé un caillou à l’œil tiré à l’aide d’une lance-pierre par une des vigiles. Avec son œil abîmé, le creuseur a été appréhendé et acheminé à l’hôpital général de cette commune. C’est là où il a rejoint un autre creuseur dont les coups de planche lui administrés sur les cicatrices de l’intervention chirurgicale, ont entraîné son internement pour des soins médicaux appropriés.

Aux dernières nouvelles, on a appris que les vigiles, auteurs de ces coups et blessures volontaires, ont fait l’objet de poursuites judiciaires pour s’être rendu justice.

Il est surprenant qu’au parquet de Kamonia, le magistrat instructeur qui l’a entendu sur P.V., n’a pas jugé utile de le mettre en détention. Et dès sa sortie de l’interrogatoire au parquet, l’homme a pavané à travers les rues, montrant ainsi que la justice était entre ses mains.

Aujourd’hui, les familles de ses victimes et les jeunes creuseurs jurent de porter l’affaire plus loin, afin que ce « tortionnaire » puisse payer le prix de sa cruauté.

Affaire à suivre !

J.R.T.