Kamina : des éléments indisciplinés sèment la désolation

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Ville paisible où jadis, il faisait bon vivre, en dépit de la présence d’une base militaire dans les environs, Kamina vient de basculer dans la terreur depuis la semaine passée. La population de la contrée vit en effet, dans la psychose de la peur. Un véritable enfer en miniature. Extorsions, viols des femmes et des filles mineures et exactions sur des civils, se multiplient chaque jour qui passe. L’insécurité y est devenue grandissante.

            La sonnette d’alarme a été tirée la semaine passée, précisément le vendredi 9 mai 2014, par la société civile du Katanga qui craint que cette insécurité se généralise avec les anciens miliciens de groupes armés incorporés dans les rangs des Fardc, toujours tentés de reconstituer leurs anciens mouvements, pour rééditer leurs sinistres exploits. A en croire d’autres acteurs de la société civile, à la base, ce sont des incursions des éléments indisciplinés des Fardc qui s’échappent de leur cantonnement pour aller s’attaquer à la paisible population.

            Pour la petite histoire, au terme des opérations de démobilisation et de  désarmement, les anciens miliciens de groupes armés et quelques civils ont fait leur intégration dans les rangs de nos forces armées. Au Centre d’instruction de la base de Kamina, une formation militaire de base leur a été dispensée. C’est à l’issue de cet enseignement centré sur des exercices militaires, les notions sur l’organisation de l’armée, le respect de la hiérarchie, la discipline et le règlement militaire, ainsi que le maniement d’armes de guerre, que ces recrues devront être transférées dans les différentes unités de l’armée.

            Malheureusement pour ces militaires,  l’attente est longue pour leur essaimage.  Pour tuer l’oisiveté et se constituer quelques butins, quelques   éléments indisciplinés profitent de la tombée de la nuit, pour agresser des paisibles citoyens.

            Un activiste de Droits de l’homme abordé le week-end dernier par Le Phare, a exprimé ses inquiétudes à la suite de cette insécurité qui a fait de nombreuses victimes dans les rangs de la population civile. Pour ce défenseur des droits de l’homme, en attendant la solution de l’affectation des militaires dans les différentes unités, priorité doit être accordée à l’organisation des enquêtes sur les nombreux cas d’extorsions, de viols et de violences sur des femmes et des filles. Dans le cadre d’une opération «  tolérance zéro », les autorités provinciales du Katanga et militaires doivent dépêcher sur le lieu, une unité de la police spécialisée dans les enquêtes sur les violences sexuelles aux fins d’entendre les victimes et d’identifier les auteurs. Le parquet militaire devrait pour sa part, traquer les éléments indisciplinés qui en dépit de leur formation, considèrent les civils comme « leur gibier » et qui se sont rendus coupables des cas d’extorsions.

            Des poursuites judiciaires appuyées par des plaintes des victimes, des témoignages et autres pièces à conviction, permettront non seulement d’organiser des procès qui ne se termineraient pas par des acquittements, comme cela a été le cas à Minova, mais aboutiraient à des condamnations en règle contre les brebis galeuses de notre armée et à l’indemnisation des victimes des viols et des violences sexuelles. C’est par une action pénale sévère que l’on pourrait donc lutter efficacement contre l’impunité qui a élu domicile dans notre pays et qui a tissé sa mauvaise réputation de «  terreau des violeurs ». Et imposer la rigueur de la loi, afin de décourager les récidivistes éventuels dissimulés dans les rangs des Fardc.

            Cette affaire ne devrait donc pas se terminer comme une peau de chagrin par de simples condamnations verbales, sans distribuer des sanctions pénales aux auteurs. Car, il faut rassurer la population sur l’autorité de l’Etat et tenter par la suite, de rétablir la confiance entre le citoyen et le militaire, et entre la population et son armée.           JRT

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