Kamerhe pour le repentir généralisé

0
48

C’est probablement pour jouir de son droit de réponse face aux propos tenus par Etienne TSHISEKEDI et Lambert MENDE que le président national de l’UNC s’est fait inviter hier par notre confrère Christophe BOISBOUVIER de la RFI. Au cours de cette émission, Vital KAMERHE a rencontré presque toutes les observations formulées à son endroit par ses deux frères aînés et plus particulièrement celles concernant son appartenance à l’opposition politique appelée à en découdre avec son ancienne  famille politique qu’il vient de quitter au mois de décembre dernier.

D’une manière générale, tout en vantant l’ancien président du Brésil LULA Da Silva qui est son modèle politique et parlant du président de la CENI, le pasteur Daniel NGOY Mulunda comme co-fondateur du PPRD, le président de l’UNC appelle tout le monde à se repentir de son passé.  Il a ainsi indiqué que le leader de l’UDPS avait rompu avec son ami Mobutu lorsqu’il s’était rendu compte que ce dernier ne regardait pas dans la même direction que lui. En outre, pour Vital Kamerhe, l’histoire retiendra que le président de l’UDPS avait effectué le déplacement de Kisangani au lendemain des accrochages meurtriers dans cette ville entre les armées rwandaises et ougandaises.

Pour la vérité historique, il sied de rappeler que la rupture entre TSHISEKEDI et MOBUTU était intervenue en 1980 à la suite de la publication de la lettre de 52 pages par 13 parlementaires qui critiquaient la mauvaise gouvernance de l’Etat par le MPR-Parti Etat. Parmi les signataires figuraient un certain Gabriel KYUNGU Wa Kumwanza et d’autres encore en vie, comme Paul KAPITA, Edmond NGOYI Mukendi, François LUSANGA Ngiele, BIRINGANINE, LUMBU Maloba, MBOMBO Londa, Charles DIA Onken. Il s’agissait d’une rupture volontaire opérée par un groupe de patriotes qui, décidés d’aller jusqu’au bout de leur logique, allaient créer deux ans après et en captivité le parti politique dénommé Union pour la Démocratie et le Progrès Social. Ils connurent des brimades, des tortures physiques et psychologiques, des relégations, des emprisonnements et des traitements dégradants et infrahumains. Ils étaient tous âgés de moins de cinquante ans et présentaient des parcours politiques enviables.

Pour la vérité historique, il sied aussi de rappeler certains faits vérifiés et vérifiables au sujet de la création de l’A.S.D. ou Alliance pour la Sauvegarde du Dialogue Inter congolais. Celle-ci, on le sait, avait été créée le 25 avril 2002 à Johannesburg par l’UDPS, ses Alliés et le RCD au lendemain de l’échec des négociations politiques inter congolaises de Sun City intervenu le 19 du même mois. Un échec dû au fait que le gouvernement de Kinshasa et le MLC ainsi que leurs alliés avaient conclu nuitamment un accord de règlement politique de la crise armée à l’Hôtel CASCADES de la cité de Sun City et cela à l’insu du médiateur, des partenaires extérieurs et surtout des autres partis politiques ainsi que des forces de la société civile. Cet accord prévoyait la formation d’un gouvernement co-présidé par Joseph KABILA comme chef de l’Etat et Jean-Pierre BEMBA comme Premier ministre.

Etienne TSHISEKEDI avait alors effectué au milieu du mois de juin 2002 le déplacement de l’Est pour procéder à l’installation du siège national de l’ASD à Kisangani, avec une escale à Goma, siège politique du RCD. Les cérémonies officielles de l’installation du siège national de l’ASD se déroulèrent le 30 juin suivies d’un défilé militaire au Stade Patrice Emery LUMUMBA. Le déplacement de Bukavu n’a jamais été à l’ordre du jour au regard du programme chargé du leader de l’UDPS alors désigné président de l’ASD depuis la réunion du 25 avril 2002 à Jobourg. Le but de cette alliance était de s’opposer par tous les moyens à cet accord mort né de l’hôtel CASCADES qui risquait de provoquer la partition du pays. D’ailleurs ledit gouvernement ne verra jamais le jour, JP.Bemba ayant exprimé des exigences qui furent rejetées par Kabila.

Les accrochages sanglants auxquels a fait mention Vital KAMERHE avaient eu lieu entre les éléments de l’armée régulière rwandaise et ceux de l’armée ougandaise et à l’arme lourde dans la ville de Kisangani pendant six jours en 2000, soit du lundi 5 au 10 juin 2000,  à l’époque de Mzee L.D. KABILA. Donc trois ans avant le dialogue inter congolais et la création de l’ASD.       T.B.

LEAVE A REPLY

*