Kamerhe interdit de parole à Goma

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Qu’est-ce qui s’est passé hier à Goma lors de l’arrivée de la délégation de l’Union pour la Nation Congolaise ? Partie de Kinshasa au lendemain de la sortie officielle de ce parti au complexe commercial GB avec comme point d’orgue le discours bombe de Vital KAMERHE, la dite délégation devait faire une escale dans le chef-lieu de la province du Nord Kivu avant de se diriger vers Bukavu pour un séjour de deux jours.
 
 Selon notre correspondant sur place relayé par la Radio Okapi et l’Agence France Presse, des incidents ont éclaté hier à Goma. Le premier a eu lieu juste au moment où le cortège du président national de l’UNC prenait la direction du centre-ville, un camion de transport en commun s’est renversé causant de nombreux blessés dont l’un des passagers qui s’est cassé la jambe en tombant sur le sol. Le second incident s’est produit  au niveau d’une barrière érigée par les forces de l’ordre pour empêcher les partisans de Vital KAMERHE de se diriger vers le célèbre rond-point dit « signers » où était prévu un meeting populaire. Lorsque les combattants de  ce nouveau parti politique de l’opposition ont résisté, des coups de feu ont été tirés en l’air par les agents de la Police pour les disperser et ce fut la débandade. Claudel-André LUBAYA, député  et l’un des fondateurs de l’Union pour la Nation Congolaise a indiqué à l’AFP « qu’une rixe a éclaté entre deux groupes des jeunes motards dressés par la Maire de la Ville. Ils ont brûlé trois pneus et la police est intervenue pour les disperser en tirant des coups de feu en l’air pour empêcher le rassemblement à la grande place de Goma ». Avant de s’étonner que jusqu’hier le meeting était autorisé mais ce matin, M. Roger RACHIDI, maire de la Ville l’a annulé et proposé qu’il ne se tienne plus à l’endroit prévu. Avant de déclarer en substance : «  je n’interdit pas les réunions politiques, les conférences de presse, mais je ne peux pas donner une autorisation de meeting à chaque parti qui vient ici, car il y en a plus de 400 en RDC ».
            Toujours selon le correspondant de l’AFP, le leader de l’Union pour la nation Congolaise a également été empêché plus tard par la Police et la garde Républicaine de se rendre au Gouvernorat où il souhaitait présenter ses civilités au Gouverneur Julien PALUKU du Nord Kivu. On rapporte que des agents de la police étaient visibles hier dans l’après-midi sur les principaux carrefours et autres places importantes du centre-ville, probablement pour disperser d’autres manifestants. Le calme semble revenu dans le chef-lieu de la province du Nord Kivu.
            On espère que ces incidents n’ont pas provoqué mort d’homme et que l la tournée de Vital KAMERHE se poursuivra dans la paix et la sécurité pour lui-même et sa délégation qui sont attendus ce vendredi à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud Kivu où il avait été élu en 2006 par un score dépassant les 150.000 voix. Selon certains de ses proches, le leader de l’UNC compte s’entretenir avec les chefs coutumiers de cette contrée, les plus hauts responsables des confessions religieuses traditionnelles et ceux des forces vives de cette province martyre. Bien entendu, il ne manquera pas de s’adresser à ses partisans.
            Pour autant, ces incidents ayant causé des blessés suivis de l’interdiction de tenir un rassemblement populaire constituent un signal fâcheux pour la démocratie en ce moment où toutes les forces politiques fourbissent leurs armes en prévision des échéances électorales. On note cependant que des partis proches du pouvoir se permettent de tenir de meetings populaires sur de grandes avenues de la capitale sans que des incidents n’éclatent et que les forces de l’ordre n’interviennent pour les disperser. Deux poids deux mesures.       
                                       F.M.

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