Kagame menace… de prendre Goma !

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kagameProfitant de la situation de confusion dans laquelle baignent les puissances occidentales en Syrie, le maître de Kigali menace de prendre la ville de Goma. Il a convoqué avant-hier tous les attachés militaires et diplomates de ces puissances accrédités à Kigali pour les informer qu’il va lancer l’assaut sur le chef-lieu du Nord-Kivu. Cela, pour mettre fin aux bombardements provenant de cette ville, causant des victimes au sein des populations rwandaises. Pour ce faire, Paul KAGAME a saisi le Conseil de Sécurité de l’ONU pour exiger une réunion d’urgence devant examiner cette question avant qu’il n’ordonne à ses forces militaires d’entrer dans le chef-lieu de la province du Nord Kivu.

Paul KAGAME  aux abois

Cette menace est à prendre au sérieux car venant d’un homme qui est acculé par de nombreux rapports des ONG de défense des droit humains, telles Human Right Watch et International Crisis Group ainsi que ceux des experts de la MONUSCO en plus des reportages des correspondants des médias occidentaux opérant dans les territoires de l’Est du Congo. Le maître de Kigali cherche par tous les moyens à sortir la tête de l’eau en exploitant n’importe quel prétexte pour toucher la corde sensible de la communauté internationale. C’est pour cela que Paul KAGAME a poussé son cynisme en recourant au prétexte de l’imminence des conflits inter ethniques qui n’existe que dans son imagination en vue de faire accréditer sa thèse de la menace d’extermination des Tutsi en RDC. L’homme fort du FPR est acculé par les multiples revers que les éléments de son armée régulière cachés dans les rangs du M23 sont en train de subir sur le terrain des opérations militaires au front. Comme un noyé, il s’accroche à n’importe quel roseau pour tenter de sauver sa peau face aux multiples condamnations des chancelleries occidentales dénonçant les dégâts énormes en termes des vies humaines au sein des populations civiles de Goma et ses environs causés par les tirs des obus lancés à partir du Rwanda et des positions tenues par ce mouvement politico-militaire créé et financé par lui-même.

Pourquoi Paul KAGAME menace-t-il uniquement la ville de Goma ? C’est dans cette ville que l’ONU a installé le siège de la Brigade Spéciale d’Intervention en vue de neutraliser toutes les forces négatives dont particulièrement le M23. Les médias internationaux ont fait état de quartiers de la ville de Goma pilonnés depuis quatre jours par des obus tirés par les éléments du M23 à partir de leurs positions sur le front. On a dénombré des nombreuses victimes humaines dont un élément de la Brigade Spéciale d’Intervention de l’ONU. Du côté rwandais, rien de grave, a-t-on signalé. Le Rwanda est-il suffisamment motivé aussi bien sur le plan politique, militaire que diplomatique pour attaquer la force onusienne et probablement l’humilier sans s’attirer les foudres des puissances occidentales qui s’accrochent à une solution politique ? Ce pays peut-il se donner le luxe de continuer à violer indéfiniment l’accord-cadre d’Addis Abeba et la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité qui préconisent la solution politique et les concertations nationales en RDC sans s’attirer la foudre de Washington, Paris, Londres, Berlin, Tokyo et autres puissances occidentales même s’il siège pour cette année en qualité de membre non permenant du Conseil de Sécurité de l’ONU ?

De nombreux observateurs sont d’avis que la sortie du président rwandais ne résiste pas à la moindre critique car il pourrait prendre une autre ville tout aussi importante qu’est Bukavu, le chef-lieu de la province du Sud Kivu. Cela lui épargnerait des affrontements sanglants entre son armée et la Brigade Spéciale d’Intervention de l’ONU chargée de l’exécution de l’Accord Cadre d’Addis Abeba et de la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité.

P.KAGAME cherche à saboter les concertations nationales

Le Rwanda, par la voix de son président, n’ignore pas que toutes les organisations internationales préconisent depuis quelque temps le recours à une solution politique, notamment le retour à la table des négociations de Kampala et les concertations nationales inclusives en RDC. Paul KAGAME voudrait peut-être saboter les concertations nationales en RDC dès lors qu’il est convaincu que les thèses de ses poulains du M23 seront totalement démolies car irréalistes et ne résistant pas à la moindre critique à tous les niveaux des débats entre Congolais. Il en est de même des négociations de Kampala qui se trouvent au point mort du fait que toutes les prétentions du M23 ont été balayées par les délégués de Kinshasa qui avaient démontré en présence du médiateur ougandais qu’elles avaient été accomplies depuis la mise en place de l’accord intervenu entre Kinshasa et le CNDP au lendemain de la Conférence « AMANI LEO » sur la paix et la sécurité au Nord et Sud Kivu  tenue à Goma en 2009.

La communauté  internationale pour une  solution politique

            Par ailleurs, de nombreuses personnalités du système des Nations Unies, notamment le Secrétaire Général Ban Ki Moon et l’acteur patron de la MONUSCO, l’allemand Martin KOBLER préconisent une solution politique. Ce dernier vient de déclarer devant la presse nationale : «L’action militaire n’est pas une solution magique. Il n’y a pas une solution militaire à ce conflit. Il doit y avoir une solution politique ».   Il en est de même  de M. Graham LINDSEY, représentant du groupe des sénateurs en visite en RDC la semaine dernière qui a indiqué : « la présence des Nations Unies ici est très important, mais la solution ne viendra pas des Nations Unies, il doit y avoir une solution politique. Les Nations Unies ont maintenant un nouveau leadership. Nous allons solliciter plus de supports pour lui, mais il doit y avoir une solution entre le peuple de cette région et du Congo entier ».

La RDC : pays d’exploitation et de peuplement

            Avec l’invasion des localités du territoire de Mahagi par les éléments de l’armée régulière ougandaise et ces menaces de la prise de la ville de Goma par le Rwanda, tout démontre que le plan de la Balkanisation de la RDC par les deux Etats voisins de l’Est n’est pas une pure fiction ou une vue d’esprit. Ces deux Etats qui sont visiblement impliqués dans la tragédie au Congo tiennent à réoccuper militairement cette partie pour y installer leurs propres populations en vue d’y exploiter les matières précieuses et naturelles. Par voie de conséquence, les populations congolaises locales seront chassées de leurs terres au profit de nouvelles vagues des Rwandais et Ougandais en plus de celles qui y vivent déjà depuis le déclenchement de la guerre de l’AFDL. Kampala et Kigali recourent pour ce faire à des soit disant accords secrets conclus dès le déclenchement de cette guerre dite de libération en 1996.

Non à la distraction !

            Attaquée au Nord par l’Ouganda et à l’Est par le Rwanda, la patrie est réellement en danger. Elle l’est d’autant plus que les deux pays préciéts, accusés de parrainer le M23, sont en train d’ôter leurs masques et d’opérer à visages découverts. La menace de Kagame doit être prise très au sérieux car chaque fois que le maître de Kigali décide d’engager une action militaire en RDC, il ne recule devant rien.

            Les décideurs politiques congolais, qui semblent obnubilésd par la tenue des concertations nationales, risquent de se réveiller trop tard. C’est maintenant et pas demain qu’il nous faut organiser la riposte, en vue de ne pas laisser l’ennemi allonger la liste des territoires occupés. La priorité des priorités doit être non pas la tenue d’un dialogue convoqué et planifié sur fond d’exclusion, mais une réelle mobilisation des forces vives de la patrie dans une nouvelle   campagne de «libération» des frères et soeurs du Nord et de l’Est. Avant de passer aux «Concertations nationales», il est impérieux que le pays recouvre son intégrité territoriale et sa souveraineté, afin que ses citoyens cessent de vivre comme un peuple «colonisé» par des Etats voisins. La «cohésion nationale» est impossible avec des compatriotes sans paix et sans liberté d’une part et d’autre part plongés dans la misère, interdits de parole, exclus de la gestion ou du contrôle des affaires nationales.

F.M.

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