Kabila – Tshitshi : une leçon de tolérance

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Une grande éclaircie est apparue hier lundi 14 novembre 2011 au firmament de la campagne électorale à la présidentielle. Le hasard du calendrier a voulu en effet que les deux poids lourds de cette compétition électorale se présentent le même jour dans une même ville et s’adressent à leurs sympathisants dans des sites situés à un jet de pierres l’un de l’autre. A l’annonce de l’arrivée simultanée de Joseph Kabila et d’Etienne Tshisekedi à Goma, les spéculations sont allées bon train autour des dérapages que n’allait pas manquer de susciter deux événements qu’on aurait souhaités décalés et délocalisés.

La peur était d’autant justifiée qu’il y a une semaine, cette ville était passée à un doigt d’une émeute à la suite de l’enlèvement et du passage à tabac d’un artiste-musicien fiché comme le chantre d’un candidat à la magistrature suprême.
Une interrogation revenait sur toutes les lèvres : pourquoi le Chef de l’Etat et le président national de l’UDPS ont-ils choisi de laisser croiser leurs chemins au chef-lieu du Nord-Kivu ? L’on ne cessait de se demander si l’un et l’autre n’avaient-ils pas délibérément souscrit à la logique de la confrontation.

Mais, contrairement aux craintes des Congolais et des observateurs étrangers déjà présents sur le territoire congolais, Kabila et Tshisekedi ont donné à la classe politique congolaise une mémorable leçon de tolérance politique. Qui aurait pu croire que les combattants de l’UDPS et les militants de la MP (Majorité Présidentielle) et partis alliés pouvaient « cohabiter » pacifiquement dans les installations de l’aéroport de Goma ? Qui aurait pu parier sur une randonnée sans heurts de l’un et l’autre à travers les artères de cette ville ? Surtout, qui aurait pu jurer que deux meetings organisés dans des sites voisins pouvaient se dérouler et se terminer dans le calme ?

Kabila et Tshisekedi, au-delà de leur rivalité politique, méritent d’être salués pour avoir battu campagne, au même moment, dans une même ville sans énerver la Loi Electorale, la Directive du CSAC et le Code de bonne conduite pour des élections démocratiques, transparentes et apaisées dans notre pays. Certes, chacun d’eux a défendu son projet de société, exhorté l’électorat à voter massivement le 03 pour le premier et le 11 pour le second. Oui, Kabila a réitéré sa volonté de rendre plus visibles les « œuvres » réalisées pendant son mandat tandis que, de son coté, Tshisekedi s’est employé à réaffirmer sa volonté de construire un nouveau Congo.
C’est le soulagement dans les milieux politiques de Goma, de Kinshasa et d’autres coins de la République, au vu de l’absence de dégâts dans le face à face à distance entre les deux candidats les plus en vue de la présidentielle du 28 novembre 2011. Cette leçon de tolérance politique exige d’être sérieusement décortiquée par ceux qui s’activent à faire flamber la « maison commune ».

Policiers et « Pomba » : des éléments suspects

On croit savoir que la double présence de Kabila et Tshisekedi à Goma n’a pas mis en péril le processus électoral en raison notamment de la non participation d’éléments perturbateurs à l’aéroport de Goma, sur les parcours empruntés par les deux candidats ainsi que les lieux de leurs meetings. D’où, d’aucuns sont tentés de croire que les dérapages électoraux sont le fait d’éléments de la police et des « Pomba » instrumentalisés par les ennemis de la démocratie congolaise.
On peut ainsi penser qu’aucune consigne de basse besogne n’a été donnée aux policiers et aux marginaux du chef-lieu du Nord-Kivu. La sérénité qui a marqué les sorties politiques de Kabila et Tshisekedi à Goma a battu en brèche, une nouvelle fois, l’image de barbares et de hors-la-loi que certaines officines politiques tentent de coller aux cadres et combattants de l’UDPS.

Ceux-ci ont, à l’occasion, fait la démonstration de leur attachement à la non-violence et à la tolérance politique, comme ils avaient eu à le démontrer lors des rassemblements populaires d’Etienne Tshisekedi tant à Kinshasa, Lubumbashi, Kasumbalesa, Kipushi, Kolwezi, Likasi, Kisangani, Buta, Isiro et Bunia. Qui a dit que Tshisekedi avait abandonné le créneau de la non violence pour celui de la violence, de la désobéissance civile, de l’anarchie, de la prise du pouvoir par la force ?

Les commanditaires de la culture de la machette, du couteau, du gourdin, du tournevis, des tessons de bouteille, de la baïonnette, de la pyromanie, du viol, du vol…devraient savoir que Goma a permis de lever un pan de voile sur leur jeu malsain de torpillage volontaire de la campagne électorale. Notre peuple sait désormais de quel côté chercher les coupables en cas de nouvelles dérives électorales. Les observateurs de la Cour Pénale Internationale seraient bien inspirés s’ils pouvaient confronter les images de Goma avec celles des violences préélectorales et électorales enregistrées à Kinshasa, à Masimanimba, à Kikwit, à Mbuji-Mayi, à Kananga, à Lubumbashi et à Mbandaka.

Kimp

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