Si Kabila se porte candidat, le CLC décrète août «mois d’actions»

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Le Comité Laïc de Coordination (CLC) pourrait rompre la trêve qu’elle
a décrétée depuis mars 2018 si et seulement si le Chef de l’Etat en
exercice, qui a déjà épuisé ses deux mandats, se représente pour un
troisième bail. Dans un communiqué daté du 7 juillet 2018, son staff
fait savoir  que dans ce cas, le mois d’août serait proclamé «mois
d’actions». Ce serait pour protester, de concert avec les masses,
contre la violation délibérée de la Constitution.
A ce sujet, une attention particulière va être portée sur la période
allant du 25 juillet au 08 août, échéance fixée par la CENI
(Commission Electorale Nationale Indépendant), pour le dépôt des
candidatures à la présidentielle de décembre 2018.
1.Puisque le processus électoral en cours ne conduira pas à la paix et
à la stabilité du pays et de la région; le travail de la Commission
Electorale Nationale Indépendante, dix-huit mois•après la date
constitutionnelle des élections, n’ayant abouti qu’à des résultats
plus que décevants:
-un fichier électoral non fiable avec plus de six millions d’inscrits
sans empreintes  digitales et quelques milliers de cartes d’électeurs
vierges disparues;
-des listes contestées et piégées des partis et regroupements
politiques admis à la compétition électorale ;
-l’exclusion plus que suspecte de la présence des experts internationaux ;
-l’imposition au souverain primaire d’une « machine à voter » non
consensuelle et non prévue par la loi comme mode électoral
incontournable.
2. Puisque cette période préélectorale dont l’environnement aurait dû
être assaini, comme l’exigeaient l’Accord de la Saint-Sylvestre et les
résolutions pertinentes des Nations-Unies, continue à être envenimée
par:
-l’instrumentalisation de I’appareil judiciaire, la police et les
services de sécurité à des fins partisanes ;
– un climat politique tendu du fait du maintien des opposants et
acteurs de la société civile en exil ainsi que de l’incarcération dans
la durée des prisonniers politiques et d’opinion parmi lesquels des
jeunes des mouvements citoyens;
– l’exclusion des Congolais de !l’étranger de leurs droits civiques;
– la recrudescence des violences et violations des droits de l’homme
et la persistance d’une misère intolérable dans certaines régions du
pays, comme au Kasaï, en Ituri et au Nord-Kivu ;
-le bradage systématique et généralisé du patrimoine national et des
ressources naturelles du sol et du sous-sol du pays considéré comme
totalement privatisé.
3. Puisque le Président Kabila, au pouvoir depuis 2001, élu en 2006,
réélu en 2011, en fin de mandat depuis 2016, semble se préparer
activement à poser sa candidature pour un troisième ou quatrième
mandat en 2018 compte tenu de son silence sur les déclarations et
affiches de ses partisans, le CLC prévient l’opinion que, si cet acte
est posé de manière effective, le président Kabila aura violé et trahi
publiquement son serment constitutionnel.
En conséquence, à dater de ce jour du dépôt de sa candidature, le CLC
se verra automatiquement dans l’obligation:
-d’inviter le peuple congolais à ne plus le reconnaître comme Chef de
l’Etat légitime et à la communauté internationale de ne plus le
considérer comme le représentant légal et légitime de ses intérêts;
– de décréter le mois d’août, mois d’actions combinées de marches
pacifiques, de sit-in, de villes mortes, de grèves généralisées et
d’actions de désobéissance civile, sur toute l’étendue de la
République, en vue d’obtenir la démission du président Joseph Kabila
et de son gouvernement, devenus de véritables obstacles aux élections
crédibles, transparentes et apaisées.
– de convier à la plus grande prudence les investisseurs tant
nationaux qu’internationaux qui seraient tentés de conclure, avec ces
autorités illégitimes, des contrats ou conventions quelconques portant
sur les ressources naturelles ou le patrimoine national du pays, de
surcroît sur base d’un code minier promulgué dans des conditions
suspectes.
5. Le CLC considère qu’il est encore temps de sauver ce qui peut
l’être encore de ce processus: par le non dépôt de la candidature du
Président Joseph Kabila pour un nouveau mandat et le retrait total et
immédiat de la machine à voter; la mise en oeuvre des recommandations
de l’OIF relatives au fichier électoral; l’implication par la CENI des
experts internationaux dans l’accompagnement technique du processus
électoral; la fin de l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire,
de la police et des services de sécurité et l’application stricte des
mesures de décrispation politique préconisées par l’Accord de la
Saint-Sylvestre.
6. L’heure étant grave, la paix et la stabilité du pays ainsi que de
la sous-région étant menacée, le 9 août 2018 le CLC lancera ‘:ln appel
à la mobilisation générale de toutes les forces vives de la Nation,
pour ses premières grandes actions qui se tiendront le 12, le 13 et le
14 août 2018, sur toute l’étendue de la République, afin de sauver la
démocratie en péril.
A l’ensemble de notre peuple, le CLC demande de demeurer vigilant,
mobilisé et solidaire, chrétiens, croyants et hommes de bonne volonté.
Pour sauver la Nation en péril : prêtres, pasteurs et imams;
travailleurs, fonctionnaires, commerçants, étudiants, chômeurs,
chauffeurs de taxi ou de bus; associations des femmes, des jeunes et
des sportifs, mouvements citoyens; femmes et hommes politiques et de
la société civile; Congolais du pays et de la diaspora, plus que
jamais, prenons notre destin en mains pour créer des conditions de
paix véritable dans notre pays et libérer l’avenir pour le bonheur de
tous.
Car l’heure de la vérité a plus que sonné!

Fait à Kinshasa, le 7 juillet 2018

Pour le Comité Laïc
de Coordination
Prof. Isidore Ndaywel
Prof. Justin Okana
Jonas Tshiombela
Julien Lukengu
Gertrude Ekombe
Franklin Mbokolo

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