Kabila – Samba : les défis sécuritaires

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images-catherine_samba_panza_709547945La présidente de Transition en République Centrafricaine, Catherine Samba, séjourne à Kinshasa depuis le samedi 1er mars 2014. Lors de sa première rencontre avec son homologue congolais, Joseph Kabila, elle a tenu à le remercier pour les efforts qu’il déploie, avec ses collègues d’autres pays d’Afrique, en vue du rétablissement de la paix dans son pays. Elle a particulièrement salué la présence du contingent militaire congolais (850 hommes) à Bangui, dans le cadre de la lutte contre les milices qui sèment encore l’insécurité dans cette ville. La présidente centrafricaine a également loué l’hospitalité congolaise, notamment envers des centaines des familles centrafricaines qui ont traversé le fleuve Oubangui pour se réfugier à Zongo et d’autres localités frontalières.

            Les observateurs pensent que la RDCongo, bien qu’ayant déjà neutralisé les rebelles du M23, a encore d’immenses défis sécuritaires à relever. Si la RCA est confrontée aux miliciens Séléka et Anti-Balaka, le gouvernement congolais n’est pas pour autant sorti de l’auberge, car des forces négatives, nationales comme étrangères, continuent de troubler encore la paix en Province Orientale, au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et au Nord-Katanga. Géographiquement parlant, les poches d’insécurité sont aussi larges que celles de la RCA voisine.

            Comme au pays de Catherine Samba, où campent plusieurs armées étrangères depuis plusieurs mois en vue d’éviter l’implosion de ce pays voisin de la RDC, celle-ci héberge également plusieurs armées étrangères à travers la Monusco et la Brigade Internationale des Nations Unies. Bref, pendant que des soldats congolais participent au difficile processus de pacification de l’Etat centrafricain, les défis sécuritaires de l’Etat congolais attendent encore des réponses définitives.

Surveiller le front de l’Equateur

            Pour avoir banalisé l’invasion de l’Est du pays par des réfugiés rwandais en 1994, en ouvrant toutes grandes les portes du pays aussi bien à des civils non armés et qu’à des miliciens génocidaires lourdement armés, la RDC paie, depuis maintenant, un lourd tribut à l’insécurité, à travers des pertes en vies et les pillages de ses ressources naturelles. Les feuilletons récurrents des rébellions et groupes armés, internes et externes, et des invasions du territoire national par des armées de l’Ouganda, du Rwanda et du Burundi ont sérieusement fragilisé le système de défense nationale.

            Tout en se réjouissant de la participation de l’armée congolaise à la lutte contre l’insécurité à Bangui, les Congolais ne cessent de s’inquiéter de la ruée continue des réfugiés centrafricains vers le territoire congolais. S’il est vrai que les membres des familles centrafricaines recueillis dans les sites aménagés par le HCR (Haut Commissariat des Nations Unies aux Réfugiés) sont clairement identifiés, de manière à éviter la présence d’éléments armés, il n’est pas certain que les immigrés qui traversent une frontière longue de plus de 1000 kilomètres le soient.

            D’où la crainte du syndrome de 1994. D’aucuns pensent que Kinshasa a intérêt à renforcer sa présence militaire sur le front de l’Equateur, de manière à prévenir des situations ingérables du genre de celles créées depuis 20 ans par les rebelles ougandais de l’ADF-Nalu et rwandais des FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda). La maîtrise des réfugiés civils et des éléments incontrôlés qui n’ont pas manqué de les accompagner dans leur fuite en terres congolaises, s’avère cruciale pour prévenir toute velléité de transformation de l’Equateur en nouveau Nord-Kivu.

            Tant que Bangui et l’ensemble du territoire centrafricain n’auront pas retrouvé la paix, l’armée congolaise devrait rester sur le pied de guerre à Zongo, Mobayi, Yakoma, Gbadolite et ailleurs. La proximité de cette province avec Kinshasa interdit aux décideurs politiques et militaires congolais la moindre distraction. Les leçons des erreurs commises au Nord-Kivu devraient inciter le grand Congo à rester sur le qui-vive face à ce qui se passe des deux côtés des rives du fleuve Oubangui.

                                               Kimp

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