Kabila-LUCHA à Goma : le Chef de l’Etat a encore promis la tenue des élections

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lucha« Nous lui avons présenté qui nous sommes et lui avons clairement dit que longtemps, ses ministres nous ont traités de terroristes et que c’est une occasion qu’il sache ce que nous sommes… », s’est confié au journal Le Phare un membre du mouvement citoyen « Lutte pour le Changement », à l’issue d’un entretien avec le Chef de l’Etat, Joseph Kabila, hier jeudi 18 août 2016 à Goma.

Durant deux heures, en effet, Joseph Kabila et 47 jeunes du mouvement « Lutte pour le Changement » (LUCHA), ont échangé, au bureau du gouverneur de la province du Nord-Kivu. Au menu, a-t-on appris, des sujets d’actualité notamment les élections, les massacres à répétition dans le territoire de Beni, l’ouverture de l’espace politique, la libération des prisonniers, etc.

D’après l’activiste, la Lucha a clairement dit au Chef de l’Etat qu’il faut organiser des élections cette année, car « c’est lui qui a promulgué la Constitution et qu’il doit la respecter». « Nous lui avons démontré que nous sommes fatigués des massacres à Beni et qu’on fasse vite pour en finir et restaurer la sécurité sur l’étendue du territoire national et enfin, avons demandé l’ouverture d’un espace politique de liberté d’expression et la libération urgente de nos militants incarcérés à Kinshasa », a-t-elle rapporté.

Prenant la parole, poursuit-elle, le président de la République nous a rappelés à être une jeunesse responsable et qu’il ne nous reconnait pas comme des terroristes, mais comme des citoyens congolais conscients de leurs droits. « Si vous étiez des terroristes, je ne
devrais pas vous recevoir car je ne discute pas avec les terroristes », a-t-il appuyé.
Au sujet des élections, le président Kabila a relaté aux jeunes-gens l’historique des élections depuis 2006. Quant à celles de 2016, il a déclaré que la volonté de les organiser est belle et bien là, car la CENI a plusieurs fois publié le calendrier mais rejeté par l’Opposition. Et à partir de cela, il a compris, il y a une année, que le problème était un « manque de consensus ». D’où la convocation du Dialogue pour discuter, entre autres, du calendrier consensuel ; le financement de ces élections, la CENI ayant réclamé plus de 1,200 milliard USD ; la sécurisation des élections avant, pendant et après les scrutins.

Aussi, Joseph Kabila a expliqué aux militants de Lucha les contraintes du fichier électoral et de l’enrôlement de nouveaux majeurs qui existent. « Nous lui avons parlé des élections. Nous lui avons dit que c’était encore possible d’organiser les élections cette année et qu’il pouvait éviter que le pays sombre dans le chaos. Il nous a dit qu’il y aura élections, mais il n’a pas donné de précision sur une quelconque date. Il nous a dit qu’il ne faut pas organiser les élections pour les organiser,» a dit Trésor Akili, membre de la LUCHA.

Le Président de la République a notamment promis la libération très prochaine des membres de la LUCHA emprisonnés à Kinshasa. « Je vous donne ma parole d’officier, » a-t-il dit devant 47 jeunes dont trois filles de ce mouvement citoyen.

Evoquant la question de Beni, «Le président nous a dit que le
gouvernement et l’armée font tout ce qui est possible pour sécuriser
la population. Il nous a parlé d’une guerre asymétrique imposée aux
FARDC par les ADF (…) Nous avons répété au Chef de l’Etat toutes nos
revendications », a ajouté Trésor Akili.

Notons que la LUCHA a également présenté le Prix Ambassadeur de la
Conscience 2016 d’Amnesty International à Joseph Kabila. Obtenu
concomitamment avec Angélique Kidjo, musicienne de renommée
internationale, et deux autres mouvements de jeunes militants
africains présentant un caractère mobilisateur (Y’en a marre et le
Balai citoyen), ce prestigieux prix récompense des personnalités ayant
fait preuve d’un courage exceptionnel pour combattre l’injustice.
Rappelons que c’est depuis le 15 mars 2015, que Fred Bauma, activiste
des militants pour les droits humains et la démocratie et chef de file
de Lucha, a été arrêté lors d’une manifestation pacifique, avec son
compagnon de lutte Yves Makwambala.

Tshieke Bukasa