Kabila – Guterres : 3me rendez- vous manqué !

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United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR) Antonio Guterres attends a press conference following the UNHCRs annual Executive Committee meeting on October 3, 2014 at the United Nations Office at Geneva. AFP PHOTO / FABRICE COFFRINI (Photo credit should read FABRICE COFFRINI/AFP/Getty Images)
United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR) Antonio Guterres attends a press conference following the UNHCRs annual Executive Committee meeting on October 3, 2014 at the United Nations Office at Geneva. AFP PHOTO / FABRICE COFFRINI (Photo credit should read FABRICE COFFRINI/AFP/Getty Images)

Avril, juin et juillet 2018 : cela exactement trois rendez-vous
manqués entre le président congolais, Joseph Kabila, et le Secrétaire
général des Nations Unies, Antonio Guterres qui, à chaque fois, devait
se faire accompagner de Moussa Faki, président de la Commission de
l’Union Africaine. En ce qui concerne le dernier, celui de ce mois de
juillet, qui prévoyait un tête-à-tête entre les deux personnalités le
mardi 10 juillet à Kinshasa, pour un séjour qui devait durer au total
trois jours (lundi, mardi, mercredi), tout semblait au point.
On laisse entendre que l’équipe d’avance du numéro de l’ONU était
déjà pré-positionnée à Kinshasa, en vue de régler les détails de la
visite, à travers trois séances de travail tenues sans problème. C’est
au tout dernier moment, indique-t-on, que les autorités congolaises
ont fait savoir à la délégation conjointe ONU/UA que l’agenda de
Joseph Kabila ne lui permettait pas de recevoir Antonio Guterres et
Moussa Faki à la date du mardi 10 juillet. Par conséquent, de nouveaux
contacts devraient être engagés entre les deux parties pour un nouveau
compromis.
La rumeur fait état d’une rencontre qui pourrait enfin avoir lieu en
juillet, compte tenu de l’empressement de la communauté internationale
de voir le processus électoral congolais amorcer, de manière claire et
irréversible, le dernier virage vers la tenue d’élections réellement
libres, démocratiques, transparentes et apaisées.

Un agenda caché
à Kinshasa ?
Kinshasa entretiendrait-il un agenda caché au sujet du calendrier
électoral ? Du côté du New York ainsi que dans plusieurs missions
diplomatiques occidentales et africaines établies en RDC, on est tenté
d’y croire. On pense, dans les milieux diplomatiques, que les hommes
au pouvoir à Kinshasa ne veulent pas veulent se faire répéter, de vive
voix, un discours qui les irrite.
Il s’agit notamment de celui en rapport avec la controverse qui
entoure encore l’option ou non du Chef de l’Etat congolais de briguer
un troisième mandat ; le respect de l’Accord de la Saint Sylvestre
dans toutes ses articulations ; l’organisation d’élections
véritablement libres, transparentes et crédibles ; le respecter des
libertés d’expression et de manifestation ; le rejet de la machine à
voter ; le respect de la date du 23 décembre 2018 pour la tenue des
élections présidentielle, législatives nationales et provinciales,
etc.
Au moment où le flou reste intégral au sujet du dauphin de Joseph
Kabila pour la présidentielle et où une forte pré-campagne électorale
est battue autour de sa personne, comme s’il était son propre dauphin,
la présence à Kinshasa d’Antonio Guterres et de Moussa Faki ne serait
pas la bonne nouvelle attendue par la Majorité présidentielle.
On rappelle que dans le même créneau, les présidents angolais Joao
Lourenço, et rwandais Paul Kagame, qui avaient entrepris dernièrement
des croisades diplomatiques à Paris et Bruxelles, dans le but de voir
la crise congolaise connaître une issue pacifique à travers un
atterrissage apaisé du processus électoral, avaient vu leur projet de
rencontre avec Joseph Kabila à Luanda, début juin, renvoyé sine die.
C’est le lieu de rappeler qu’à Kinshasa, on ne cesse d’insister sur la
non ingérence des Etats ou organisations internationales dans les
affaires internes congolaises et la capacité des Congolais à laver
leurs linges sales en famille. Cela explique certainement le faux bond
fait à Antonio Guterres et Moussa Faki, que l’on voit venir en
donneurs de leçon de démocratie là où personne n’en a exprimé le
besoin.
Kimp