Kabila décidé à mâter toute rébellion

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Après la rencontre de vérité du mercredi 26 mai 2010 dans sa ferme de Kingankati, dans la banlieue Est de Kinshasa, Joseph Kabila, «autorité morale » de l’Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP) a encore réuni les membres de cette plate-forme politique le vendredi 28 ainsi que le samedi 29 mai 2010 au même site. L’ordre du jour n’a pas changé. La question du CLP (Centre Libéral et Patriotique), un regroupement politique lancé par Olivier Kamitatu, José Endundo, Antipas Mbusa et Modeste Bahati, était au centre de ses préoccupations.

Comme lors de la séance de mercredi, la rencontre s’ets déroulée dans une atmosphère chargée d’orages. Joseph Kabila, selon les confidences faites au Phare, était  de très mauvaise humeur. Et il l’a fait sentir à ses interlocuteurs qui ont reçu un savon historique. Rien ne leur a été épargné, y compris le rappel de l’ingratitude de plusieurs d’entre eux. L’attaque était tellement rude, tellement frontale que la plupart ne savaient plus bouger sur leurs chaises. Ils venaient de constater combien ils étaient tout petits.

On retiendra principalement de la rencontre de samedi que le Président de la République est déterminé à mâter toute rébellion. En filigrane, on comprend désormais que le mouvement initié par les ministres frondeurs est assimilée à une rébellion dès lors que la lecture qu’on en fait présenterait des similitudes avec ce qui a été vécu à Madagascar. C’est en tout cas ce point de vue qui a été communiqué au Phare. Une perception  qui justifierait l’option attribuée au Président de la République de se passer des chefs des partis dans la gestion de sa plate-forme.

Certaines sources prêtent à ce sujet à Joseph Kabila l’intention   de traiter directement avec les parlementaires régis par son label politique.

Naturellement l’option ainsi levée ou en instance de l’être suscite un tas des questions. Il y a entre autres celle de savoir par quels mécanismes pourrait fonctionner l’AMP amputée des chefs des partis politiques. Des observateurs estiment qu’ignorer les partis, c’est se mettre en porte à faux avec l’architecture institutionnelle mise en place en 2006, avec une majorité parlementaire composée des partis et cartels politiques et non pas des individualités.

Dans ce cas, s’acheminerait-on vers un nouveau système politique?

En tout cas, des interrogations continuent d’être soulevées au sein du microcosme politique congolais depuis le dernier week-end. La RDC serait-elle à la croisée des chemins par rapport aux alliances politiques de 2006 ?                                  

Jacques Kimpozo

 

 

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