Justice : un député MSR victime de la guerre de l’Est

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president_MSR_gomaC’est ce matin sous le coup de 10 heures qu’ l’opinion sera fixée sur le sort réservé au député national élu sur la liste du MSR (Mouvement Social pour le Renouveau) pour la circonscription de la ville de Goma dans le Nord-Kivu, Muhindo Nzangi Butondo.

A vrai dire, c’est hier lundi 12 août que le sort de ce député de la majorité présidentielle, jugé en procédure de flagrance, devrait être scellé, n’eut été l’apparition de ses avocats pendant la suspension de la séance par la Cour pour concertation de ses membres en vue de prononcer le verdict.

De retour dans la salle, les juges ont constaté la présence des avocats du prévenu Muhindo, qui tenaient à prendre la parole afin de plaider pour leur client.

 Face à la situation et pour leur laisser le temps de préparer leur défense, le procès a été reporté à ce mardi 13 août, à 10 heures.

Muhindo est placé en résidence surveillée en lieu et place de la détention prévention en attendant le verdict. La Cour en a ainsi décidé en tenant compte de son statut malgré le procès en flagrance.

En effet, l’élu de Goma est poursuivi pour trois griefs, à savoir outrage au chef de l’Etat, atteinte à la sécurité interne et externe de l’Etat, et incitation de la population à la révolte.

Muhindo surpris par les infractions à sa charge !

 Invité à s’expliquer sur les griefs retenus à sa charge, parce qu’il était encore tout seul devant la barre sans le conseil de ses avocats, le prévenu a laissé entendre qu’il les apprenait séance tenante, comme tout le monde.

Quant à l’absence des avocats pouvant plaider pour lui, l’élu de Goma a fait savoir qu’il n’a pas eu le temps matériel de constituer son conseil d’avocats.

Car, relate-t-il, il a été pris manu militari après son intervention à la radio «Kivu One», de Goma à Kinshasa où il a été conduit de l’aéroport de Ndjili immédiatement à l’ANR (Agence Nationale de Renseignements), sans qu’on lui ait signifié quelque chose sur le motif de son arrestation. Tout m’a été arraché y compris les téléphones, à telle enseigne que je n’ai pas eu le temps de téléphoner même à mon épouse, a-t-il fait remarquer à la cour.

Selon le récit, lors de son intervention sur les antennes de la radio «Kivu One», le député Muhindo s’était montré très préoccupé par le sort de ses compatriotes du Nord-Kivu victimes de l’insécurité qui a élu domicile à l’Est du pays.

En fustigeant cette question de la guerre, il aurait interpellé personnellement le chef de l’Etat de prendre ses responsabilités en engageant effectivement l’armée dans la bataille afin de bouter dehors l’ennemi. Sans quoi, a lancé le député, la population prendrait ses responsabilités à l’instar de celles d’autres pays africains.

C’est cette phrase, soutiennent ses proches, qui lui aurait causé tous les ennuis qui ont fait qu’il soit traîné devant la barre.

Une fois qu’il a quitté le studio de la radio, c’est comme si on l’attendait affirment ses proches. Le député Muhindo a été accueilli à l’instar d’un malfrat manu militari puis conduit à l’aéroport de Goma pour être embarqué à destination de Kinshasa.

A Kinshasa, il sera emmené immédiatement à l’ANR où il a passé la nuit. Le lendemain, c’est-à-dire hier lundi, il a été conduit d’abord au bureau du Procureur Général de la République, avant d’être jugé en flagrance à la haute Cour Suprême.

A ce sujet, Le Phare a appris de ses sources à Goma que la transmission était déjà coupée pendant que le député parlait. Donc, une bonne partie de son intervention n’était plus suivie par les auditeurs de la station «Kivu One».

Comme on le voit, le député de Goma voit l’épée de Damoclès suspendue sur sa tête par le fait que la plupart des infractions retenues contre lui, notamment l’atteinte à la sécurité interne et externe de l’Etat et l’incitation de la population à la révolte, conduisent à la peine de mort.

Dom, Perside Diawaku & Myriam Iragi

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