Journée mondiale de la liberté de presse : Prix Lucien Tshimpumpu: c’est parti !

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Polydor Muboyayi Mubanga, président de l’Observatoire des Médias Congolais (Omec) et Boucar Kasonga Tshilunde, Secrétaire Général de l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC), ont procédé hier jeudi 03 mai 2012, au siège de l’Omec, sis avenue Comité Urbain n°33, dans la commune de la Gombe, au lancement du « Prix Lucien Tshimpumpu ». Ce challenge, qui en est à sa première édition, vise à récompenser l’excellence et l’exercice responsable du métier d’informer en République Démocratique du Congo. Ce concours concerne les grands genres journalistiques (Reportage, enquête, interview, commentaire, éditorial, débat) et sera piloté par un jury indépendant placé sous la présidence du professeur Jean-Chrétien Ekambo de l’Ifasic (Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication).

En marge de la Journée Mondiale de la Liberté de Presse, Polydor Muboyayi a convié ses confrères et consoeurs à se remémorer le sombre passé de la presse congolaise, marqué par des interpellations, des arrestations, des agressions physiques et des assassinats des journalistes, sans oublier des cas de suspension à répétition des médias et d’incendies des maisons de presse.

Le bilan des journalistes congolais assassinés ces dernières années à cause de leur travail est si lourd (Franck Ngyke, Louis Bapuwa Mwamba, Serge Maheshe, Didace Namujimbo, etc) que le Président de l’Omec a exhorté les professionnels des médias de la RDC à se battre sans relâche afin que s’arrête ce cycle maléfique et que cessent les atteintes sans nombre à la liberté d’expression. Ce n’est pas par hasard, a-t-il rappelé, que l’Unesco et les Nations ont choisi de célébrer cette année la Journée Mondiale de la Liberté de presse sous le thème « De nouvelles voix : la liberté des médias aide à transformer les sociétés ».

A cet effet, Polydor Muboyayi a relevé que c’est grâce au journalisme citoyen que des peuples de certains pays de l’Afrique du Nord (Tunisie et Egypte) ont réussi à faire tomber des dictatures millénaires. Il a particulièrement insisté sur le rôle moteur joué par les réseaux sociaux dans le déracinement de ces régimes autocratiques.
Le président de l’Omec est revenu par ailleurs sur son dada traditionnel, à savoir l’impératif, pour les journalistes congolais et assimilés, de pratiquer un journalisme responsable, dans le respect strict des règles d’éthique et de déontologie. Dans ce créneau, a-t-il fait savoir, l’Omec reste présent au front. Pas plus tard qu’il y a un mois, a-t-il indiqué, l’instance d’autorégulation des médias en RDC a relancé la campagne de distribution gratuite de deux outils pédagogiques (Code de Déontologie des Journalistes en RDC et Guide Pratique du Journaliste en Période Electorale) aux professionnels des médias à Kinshasa comme dans toutes les provinces de la République. C’était en marge de l’atelier organisé par l’Omec le 09 mars 2012 au Centre d’Accueil Protestant de la Gombe et consacré à l’état des lieux en ce qui concerne l’application des règles d’éthique et de déontologie depuis la création de l’Omec en 2004.

Répondant à une question d’une consoeur liée à la situation actuelle des médias en République Démocratique du Congo, le président de l’Omec a fait savoir que la presse congolaise a payé un lourd tribut à la démocratie, surtout en période électorale. Polydor Muboyayi a rappelé le calvaire des professionnels des médias en 2011 : journalistes menacés, interpellés, arrêtés, battus, blessés, hospitalisés de suite de leurs blessures, jetés en prison… médias censurés, suspendus, fermés, incendiés, saccagés… matériels de reportages saisis ou détruits, etc.
S’agissant toujours de la période électorale, le président de l’Omec s’est insurgé contre la présence, sur les plateaux de certaines télévisions et dans les studios de certaines radios, des personnes étrangères à la corporation, qui passaient leur temps à distiller des messages de haine, à calomnier et insulter des tiers en se faisant passer pour des journalistes. Ces « francs tireurs » ont causé beaucoup de tort à la pratique journalistique.

Il a souligné que la presse congolaise vit cette situation de harcèlement depuis pratiquement les années ’90. Pour rafraîchir la mémoire de tous, il a signalé que le premier journaliste assassiné au début du processus de démocratisation de l’ex-Zaïre fut Kavula, l’Editeur de l’hebdomadaire Nsemo. Quant à Belmonde Magloire Missinhoun, un confrère béninois Editeur du journal Le Point Zaïre, il est tout simplement porté disparu depuis 1997 et partant supposé mort.
Polydor Muboyayi a estimé que ceux qui gouvernent la « cité » devraient comprendre l’importance capitale des médias, un des piliers de la démocratie. Les décideurs politique, les hommes d’affaires, les responsables et agents des services spéciaux….congolais ont intérêt à laisser les journalistes, qui sont les porte-parole des « sans voix », faire librement leur travail consistant à rendre compte des aspirations profondes des populations. Car si un beau matin, les Congolais se retrouvaient devant des écrans noirs, des postes de radios muets et des places publiques sans journaux, ce serait la panique générale.

Interrogé à son tour par un journaliste au sujet de l’exclusion de l’UNPC de la FIJ (Fédération Internationale des Journalistes), Boucar Kasonga (Secrétaire Générale) a révélé que cette mesure était liée au non paiement des cotisations en 2010 et 2011, soit 3.840 Euros. Toutefois, elle pourrait être levée au Congrès du mois de juin prévu à Dublin, si la dette était payée. Il a imputé la grande responsabilité de cette situation aux journalistes membres de l’UNPC qui ne paient pas régulièrement leurs cotisations.
Il a profité de la circonstance pour annoncer la mise en circulation de la Carte de presse 2012-2013.

Interpellés à propos du cas de Canal Futur TV, réduit au silence depuis six mois, les deux intervenants ont indiqué que les pressions continuent sur les décideurs. Après la mevée de la mesure de suspension RLTV, il faut garder l’espoir de voir Canal Futur TV reprendre son signal.

 

Kimp

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