Journée internationale de la Santé : les punaises, tiques, puces et chiques menacent les humains

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OMS Aujourd’hui 7 avril 2014, le monde entier célèbre la Journée mondiale de la santé avec comme thème central : «  Prévention des maladies vectorielles ». Dans chaque pays, c’est l’occasion de faire une sorte d’état de lieux de principaux problèmes de santé publique, qui continuent à menacer la communauté humaine. C’est le lieu pour les gouvernants de dresser le bilan des actions menées sur divers fronts des maladies et épidémies. Et de livrer les perspectives d’avenir dans le domaine de la santé publique.

 Si en RDC, on peut se jeter des fleurs pour quelques infrastructures sanitaires réfectionnées et quelques hôpitaux nouvellement construits, tous les territoires n’ont pas été privilégiés dans ce programme de réhabilitation sanitaire, au point que certains villages enclavés sont déconnectés de leurs zones de santé distantes de plusieurs jours ou semaines de marche. Et les malades qui ne peuvent franchir ces longues distances, sont livrés aux ravages des maladies, s’ils ne recourent pas aux plantes médicinales et consultent le féticheur de la case voisine. Surtout qu’on n’a pas prévu de postes de secours médical ou des dispensaires.

  Sur le plan de l’hygiène publique, beaucoup reste à faire. Quand on se replonge dans le passé colonial, on retrouve dans un monde où l’hygiène publique était réellement une préoccupation de l’autorité coloniale. Tenez ! Chaque mardi, les agents du service d’hygiène faisaient le contrôle des parcelles résidentielles : visite des installations sanitaires, contrôle des poubelles, gestion des ordures ménagères. Mardi, ce sont les caniveaux et autres rigoles qui étaient inspectés et  désinfectés pour éviter la création des nids de moustiques. Jeudi et vendredi, les hélicoptères ou des petits porteurs volant à rase-motte assuraient l’épandage d’insecticides. Le samedi, des équipes d’agents sanitaires sillonnaient maison après maison dans le cadre de l’opération de désinsectisation et dératisation. Cette opération était si régulière que les insectes tels que les punaises, puces, tiques, cancrelats et moustiques, avaient du mal à proliférer dans les villes. Et d’ailleurs, la moindre violation des règles d’hygiène exposait les contrevenants aux amendes transactionnelles, au point que les propriétaires des parcelles et des locataires s’y conformaient scrupuleusement.

            Plusieurs décennies plus tard, nous sommes dans un autre univers où les insectes rampants et volants ont retrouvé leur droit de cité. L’hygiène publique est laissée aux humeurs des familles qui assurent elles-mêmes leur programme de désinsectisation et de désinfection. La dératisation renvoyée aux calendres grecques, les égouts mal entretenus sont devenus des refuges pour rats. Faute d’une campagne menée dans les quartiers, ces rongeurs rivalisent de taille avec les petits chats, ce qui fait dire aux vendeurs ambulants d’insecticides que les rats se reproduisent plus que les hommes.

            On pourra toutefois rappeler, quelques actions timides entreprises par quelques ONG, et des campagnes de désinfection initiées par certains bourgmestres pour se refaire une santé financière, sans grand impact sanitaire.

            A l’occasion de la Journée mondiale de la santé, pourquoi ne pas revenir aux campagnes de sensibilisation de la population sur les règles d’hygiène, les devoirs des pouvoirs publics de garantir la bonne santé des populations dans toutes les communes urbaines et rurales. Faut-il faire appel aux organisations internationales ou aux partenaires extérieurs pour relancer ce programme d’hygiène publique ?

                                    J.R.T.

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