Journée internationale de la presse

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Le vade-mecum sur la sécurité des journalistes est là

L’adoption du vade mecum pour la sécurité des professionnels des médias s’est faite hier lundi 3 mai au Cepas. C’était à l’occasion de la clôture de l’atelier de l’Omec portant sur «Tolérance zéro et sécurité des journalistes : défis et perspectives». Date retenue pour la célébration de la Journée internationale de la presse.
Etaient présents à la tribune  Dieu Merci Mutombo, le directeur de cabinet du ministre de la Communication et Médias, la secrétaire générale au ministère des Communications et Médias, Philomène Nkoy, la représentante a i de l’Unesco en RDC, Rafael Martinez, le président de l’Omec Polydor Muboyayi, la présidente de l’Unpc Chantal Kanyimbo, le président de JED Donat Mbaya.

L’Observatoire des Médias Congolais a organisé un atelier ( du 27 au 29 avril 2010) sur la sécurité des journalistes. Un draft reprenant les grandes lignes du vade mecum en question avait été remis aux participants pour enrichissement. C’est ce texte légèrement retouché et assorti des recommandations qui a été lu au Cepas.
Dans le chapitre des recommandations, il est demandé aux professionnels des médias de s’approprier ce vade mecum.  L’organisation d’un atelier à l’intention des avocats et magistrats et relatif à la loi sur la presse a été recommandée.

 

      Une fête célébrée dans la douleur

 Polydor Muboyayi  est revenu dans son allocution sur le double challenge qui attend les journalistes.  Appelés à être des professionnels otages des règles du métier, ils doivent proposer à l’opinion des « mets exquis ». Mais comment accomplir cette tâche avec brio les hommes « d’en haut » ne veulent pas réellement rendre compte de la gestion de la res publica ? Et si encore l’environnement ne se prête pas à la critique, a-t-il ajouté.
 Le président de l’Omec a enfin émis le vœu de voir les autorités du pays accorder leur clémence aux professionnels des médias fautifs.
Une consoeur de la Rtnc a rappelé à l’assistance  la disparition tragique du journaliste camerounais Bibi Ngota.
Les autorités camerounaises ont l’obligation morale de faire toute la lumière sur la mort de ce journaliste, décédé le mois en prison.
L’adresse de la présidente de l’Unpc était axée sur l’attribution des prix aux journalistes ayant fait preuve d’un professionnalisme avéré dans leurs écrits, interview, reportages.    Pour cette année, le prix de la presse sera décerné le 22 juillet 2010. Pour les éditions 2011 et autres, ce sera le 3 mai 2010.  Il y aura cinq catégories de prix à attribuer aux journalistes de la presse écrite et audiovisuelle.

         Droit de savoir

 Pour sa part, la représentante a i de l’Unesco en RDC a lu à l’intention des professionnels des médias le message d’Irina Bokova, la directrice générale de l’institution onusienne.
Cette journée mondiale de la liberté de la presse  qui a pour thème : «La liberté d’information, le droit de savoir» vient nous rappeler l’importance de notre droit de savoir, a-t-on entendu. Les obstacles à ce droit légitime prennent des formes diverses qui peuvent aller du manque des ressources, à celui d’infrastructures appropriées.
Harcèlements, intimidations, agressions physiques… sont le lot quotidien de bon nombre des journalistes.
77 journalistes ont été assassinés l’année passée.
En définitive, la directrice générale de l’Unesco appelle les gouvernements, la société civile, les médias …à se mobiliser  aux côtés de l’Unesco pour promouvoir la liberté d’information dans le monde entier.
 Dans son mot de clôture, le représentant du ministre de la Communication et Médias a réitéré le souci du gouvernement de garantir la liberté et presse et la sécurité des journalistes, mais aussi de voir ceux-ci respecter les lois de la République ainsi que leur éthique et leur déontologie.
                                     Jean- Pierre Nkutu

« La Tolérance Zéro et la Sécurité des Journalistes : Défis et Perspectives »
DISCOURS DE CLOTURE DE POLYDOR MUBOYAYI, PRESIDENT DE L’OBSERVATOIRE DES MEDIAS CONGOLAIS (OMEC)
 L’Unesco a choisi, pour célébrer la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse édition 2010, un thème à tous points de vue interpellateur : « La liberté d’information : le droit de savoir ». Une phrase, quatre mots clés : liberté, information, droit et savoir.
 La liberté n’est pas seulement ce mot magique qui nous permet de rêver, de penser, d’agir, de croire. Elle est surtout une réalité qui nous humanise, qui donne un contenu aux systèmes politiques dans lesquels nous évoluons. Et lorsqu’on ajoute à ce mot celui de la presse ou d’information, on touche naturellement à un élément essentiel du fonctionnement des systèmes démocratiques qui reposent sur la liberté d’opinion, la liberté mentale et d’expression.
 En choisissant le thème « La liberté d’information : le droit de savoir », l’Unesco a ainsi voulu à la fois rappeler à tous la pertinence de l’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme et souligner la particularité de la mission du journaliste qui est de chercher l’information partout où elle se trouve, de la traiter conformément aux règles fondatrices du métier d’informer,  et de la porter à la connaissance de la multitude. Il y a donc, dans ce thème, deux éléments majeurs : le droit du journaliste d’informer, en toute indépendance et en toute liberté,  et  le droit du public d’être informé, la liberté d’information étant considérée ici comme partie intégrante de la liberté d’expression dont chacun connaît la contribution à la gouvernance démocratique. 
 L’insistance faite autour du « droit de savoir » procède par ailleurs de la nécessité non seulement de promouvoir l’autonomisation des citoyens, mais aussi d’assurer la transparence, la responsabilisation de la vie publique et la lutte contre la corruption.
 C’est ce « devoir d’informer » et ce « droit du public de savoir » que nous venons de traiter au cours de l’Atelier consacré au thème : « La Tolérance zéro et la Sécurité des Journalistes : défis et perspectives » qui se clôture ce jour.
 Pendant plusieurs jours, les professionnels des médias réunis en ces lieux et au siège de l’Observatoire des Médias Congolais ont réfléchi sur les moyens d’investiguer et de contribuer, sans entraves,  à la politique de « Tolérance Zéro ». Le challenge est double. Au niveau des journalistes d’abord qui doivent, en tout temps et en tout lieu, se montrer à la hauteur des attentes du public c’est-à-dire :
-être des professionnels, otages des règles d’éthique et de déontologie dont ils assurent à tout instant le respect par la diffusion des informations qui éclairent et expriment la vérité. Le challenge se situe ensuite au niveau des gestionnaires de la Cité qui doivent éviter la privatisation des charges publiques par l’intériorisation du principe de « rendre compte ». C’est en prenant conscience qu’ils gèrent au nom du public qu’ils réaliseront la nécessité de laisser les journalistes faire librement leur travail.
 La Tolérance zéro, c’est ici le lieu de le souligner,  est un hymne à la reconstruction de la République Démocratique du Congo. Mais comment reconstruire ensemble si l’environnement ne se prête pas à la critique ? Comment faire évoluer la charrette du développement  si les uns ont tout à dire et les autres,  rien à dire ? Comment améliorer les méthodes de gestion de la Cité si ses habitants sont maintenus dans l’ignorance de ce qui se passe autour d’eux et qui les concerne pourtant au premier chef ? Et comment faire bouger les lignes de fracture existentielle si les journalistes ne jouissent pas de la possibilité de travailler sans redouter, à tout  instant, des réactions conduisant souvent aux arrestations arbitraires voire à la mort ?
 C’est de tout cela que nous avons traité tout au long de l’Atelier que nous clôturons ce jour, en ayant constamment à l’esprit que le développement du pays passe par une gestion responsable et par une presse responsable.
 Pour terminer, permettez-moi, en cette journée où le monde entier célèbre la liberté de la presse, de formuler au nom de l’Observatoire des Médias Congolais, une demande en direction de l’autorité publique, celle d’envisager la clémence à l’endroit des médias sanctionnés. Cela, moyennant engagement écrit de leurs responsables de respecter désormais le Code de déontologie. La demande concerne également les journalistes emprisonnés pour faits liés effectivement à l’exercice du métier d’informer.
J’ai dit,  je vous remercie.

Communiqué de Presse
Prix de la Liberté de Presse
 L’Observatoire des Médias Congolais (OMEC) et l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC) portent à la connaissance de l’opinion et des professionnels des médias qu’il est institué à partir de ce 03 mai 2010 le « Prix de la Liberté de presse», qui bénéficiera de l’appui des bailleurs.
 Eclaté en plusieurs catégories, le prix vise à récompenser le goût du risque, la rigueur, l’objectivité, l’indépendance d’esprit, la responsabilité, bref, le professionnalisme sous toutes ses formes dans la collecte, le traitement et la diffusion de l’information. 
 La cérémonie officielle de remise des prix interviendra à titre exceptionnel, le 22 juillet 2010, à Kinshasa, Journée Nationale de la Presse en République Démocratique du Congo. Les autres éditions seront célébrées le 03 mai de chaque année, Journée traditionnellement consacrée à la liberté de la presse dans le monde entier.

Cinq prix sont retenus :
1) Prix du meilleur débat public (Radio/Télévision) ;
2) Prix de la meilleure caricature (Presse écrite) ;
3) Prix de la meilleure enquête (Tous médias) ;
4) Prix pour les autres formats (Meilleur éditorial, meilleur reportage, meilleur commentaire ou meilleure interview) ;
5) Prix du meilleur jeune journaliste (tous médias).

 Un communiqué détaillé sera publié dans les plus brefs délais pour éclairer les professionnels des médias sur les conditions de participation, les critères de sélection et la composition du jury qui sera, de toute évidence, neutre et indépendant.
 

Fait à Kinshasa, le 03 Mai 2010

Pour l’OMEC 
Polydor MUBOYAYI      
Président                                        
Pour l’UNPC 
Chantal KANYIMBO 
Présidente

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