Journée internationale de la démocratie : tractions et attractions démocratiques

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A l’occasion de la journée internationale de la démocratie, la MONUSCO appelle à un cycle électoral ouvert, transparent et apaisé.

Ce lundi 15 septembre nous célébrons la journée internationale de la démocratie. Heureuse coïncidence, en ce lundi 15 septembre nous assistons également à l’ouverture d’une nouvelle session parlementaire en République démocratique du Congo. Cette conjonction de l’idée démocratique et de son principe actif soulignent la nécessité, pour les peuples, de protéger et de nourrir leur propre système politique, économique, social et culturel, en exprimant librement leur volonté. Les institutions législatives, exécutives et judiciaires sont au cœur du processus et de la gouvernance démocratiques. La démocratie c’est la victoire des institutions et des valeurs émanant de la volonté populaire.

Les élections sont la clef de voûte du processus démocratique. Le cycle électoral en République démocratique du Congo dans lequel nous entrons, est le chaudron dans lequel les matières bouillonnantes que sont les espoirs, les dissensions et les passions fusionnent pour forger l’avenir du pays : solide, stable et unifié. Il n’est pas de nation, il n’est pas d’individu qui ne souhaite participer à la construction de son avenir et de celui des siens. Ce choix ne saurait être ni évident ni unanime, faisant ainsi naitre tractions et attractions.

L’attraction démocratique

Les valeurs démocratiques sont universelles, elles ne sont pas un acquis culturel. La démocratie est avant tout la volonté incessible pour un peuple de décider souverainement de son destin. C’est la victoire de la quête du bien être de chacun ; la gouvernance par la majorité ne saurait être légitime et juste que dans le respect des besoins et des attentes des minorités. C’est aussi l’art de rassembler autour de valeurs communes les filles et fils de la nation. En ce sens je salue les concertations nationales de l’automne dernier qui ont montré l’importance du dialogue dans les sociétés démocratiques ainsi que la décision du chef de l’Etat de mettre en place un gouvernement d’union nationale.

L’exercice électoral peut entrainer une polarisation du paysage politique, mais la polarisation politique ne doit pas se transformer en crispation populaire. Les partis de l’opposition et de la majorité doivent agir avec mesure, retenue et avec un sens élevé des responsabilités. Il est crucial de mettre en place, dès aujourd’hui, tous les outils légaux, administratifs, logistiques, communicationnels et politiques pour assurer un cycle électoral au cours duquel sont préservés les libertés et la sécurité de tous les candidats, ainsi que des observateurs et témoins, des journalistes, des défenseurs des droits de l’homme et des acteurs de la société civile. Malgré leur tendance à scinder la société, les élections doivent être un facteur de stabilité pour la République démocratique du Congo. C’est le lieu de privilégier la force des arguments plutôt que l’argument de la force.

Le cycle électoral que nous entamons mettra en lumière, s’il est ouvert et transparent, une démocratie dans laquelle les opinions, les valeurs, et les intérêts des minorités sont défendus avec conviction par les institutions et leurs représentants. Le 8 février dernier, de nombreux partis politiques et candidats ont signé le Code de bonne conduite initié par la Commission nationale indépendante (CENI). Ce code de bonne conduite est essentiel à la tenue d’un débat politique libre et constructif dans le respect mutuel. Je saisis cette opportunité pour rappeler la nécessité d’avoir un climat politique serein en vue d’organiser des élections libres, justes, crédibles, régulières, transparentes, pacifiques et conformes au calendrier.

La traction démocratique

Le moment électoral c’est aussi celui où l’on se projette, où l’on regarde loin devant soi, où l’avenir du pays se décide. Nous l’avons vu lors des élections de 2006 et de 2011 : il y a un puissant désir de démocratie en RDC. Pour que ce désir s’exprime, pour que cette traction pleine d’espoir porte ses fruits, il est essentiel que les libertés fondamentales et un accès équitable aux médias, soient respectés. S’exprimer, se déplacer librement, manifester, se réunir, avoir sa sécurité garantie, pourvu qu’ils se fassent conformément à la loi, sont autant de standards que nous ne saurions accepter de voir bafoués. Aucun citoyen ne peut être interpellé, poursuivi, recherché, détenu ou jugé en raison de ses opinions politiques exprimées dans le respect de la Constitution et des lois en vigueur.

La démocratie tire avec elle les attentes du peuple ; elles sont grandes et pressantes. Les organes judiciaires appropriés doivent être mis en place afin de traiter de manière rapide et transparente les éventuels contentieux électoraux. Nous espérons également que la feuille de route et le budget de l’ensemble du cycle électoral seront adoptés lors de cette session parlementaire.

La famille de l’ONU en RDC, et plus particulièrement le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en RDC (MONUSCO), se tiennent prêts à fournir un soutien logistique, et à engager les bailleurs de fond, pour le financement et la bonne tenue d’un processus électoral dans la mesure où celui-ci demeure inclusif, transparent et crédible.

(Par Martin Köbler, Représentant Spécial du Secrétaire Général  des Nations Unies en RDC)

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