Journée d’échanges entre le CSAC et les « journaux émergents »

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CsacTBLe Conseil Supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a échangé hier lundi 4 mai 2015 avec les éditeurs des « journaux émergents » sur les problèmes liés à l’exercice du métier de journaliste. Prenant le premier la parole, le président du CSAC, Tito Ndombi, a fait savoir qu’il préférait le terme de « journaux émergents » pour désigner ses hôtes et que ces échanges interviennent dans la foulée de la commémoration de la journée mondiale de la liberté de la presse.

Usant constamment d’anecdotes, il a eu ces mots : « Vous avez aussi le pouvoir de faire bouger les choses  car vous avez beaucoup d’entrées… Néanmoins, vous avez l’obligation de faire preuve d’honnêteté et du sens de responsabilité. Le journaliste est comptable de ses écrits ».

Il a souligné que la société juge sévèrement les délits de presse. Deux mots doivent guider les journalistes, à savoir, l’exactitude et la vérité. « Je vous exhorte à éviter le journalisme venimeux ».

Il a invité par la même occasion la cinquantaine d’éditeurs présents à ces échanges au respect du Code d’éthique et de déontologie des journalistes congolais.

            Revenant sur le rôle et les attributions du CSAC, il a précisé qu’il agit souvent sur recommandation de son centre de monitoring ou en cas de plainte. Pour ce faire, il transmet en priorité les dossiers à l’OMEC ou à l’UNPC. Si ces deux instances d’autorégulation ne réagissent pas après sept jours, le CSAC se saisit du dossier.

Il a recommandé aux responsables des journaux  de prendre soin de présenter leurs moyens de défense en cas d’invitation » à comparaître au CSAC, qui privilégie l’approche pédagogique.

Le rapporteur du CSAC, Chantal Kanyimbo, a focalisé ses propos sur les textes qui régissent les médias, expliquant de manière globale la  loi de juin 1996 sur l’exercice de la liberté de presse, l’ordonnance-loi de 1981 sur le statut du journaliste, le Code d’éthique et de déontologie adopté en 2004, la loi organique sur le CSAC.

 En sa qualité de numéro un du secrétariat d’instruction, Me Bossamba a attiré l’attention des éditeurs sur l’impératif de répondre aux « invitations ». Le fait d’être appelé au CSAC ne veut pas dire qu’il y a à priori présomption de culpabilité, a-t-il indiqué.

Fournir ses moyens de défense est un acte constitutionnel. Si on se dérobe de cette obligation, on tombe dans la violation des textes.

Pourquoi le CSAC  s’acharne-t-il  sur les « journaux émergents » ? Où en est-on avec la dépénalisation des délits de presse ? Est-il normal que le créateur d’un organe de presse dépense au moins 700 dollars alors qu’on parle du guichet unique ?

Répondant à ces questions,  Tito Ndombi et Chantal Kanyimbo ont fait savoir que le journaliste de la RTNC qui s’est illustré par des fautes répétitives a fini par être suspendu. Selon eux, l’alerte est donnée en amont par le centre de monitoring ou par une plainte avant que l’Assemblée plénière ne se saisisse du dossier.

Le combat pour la dépénalisation des délits de presse concerne le CSAC et l’ensemble de la corporation. Cela va aboutir, si les journalistes coupables des délits de presse sont « pris » réellement en charge par le CSAC et si les médias font réellement preuve de professionnalisme dans l’exercice de leur métier. Quant aux entraves à l’accès aux sources d’information, Kanyimbo a noté que la loi sur le « Droit d’accès à l’information » va régler ce problème une fois promulguée.

Jean- Pierre Nkutu