Joseph Kabila doit assumer le bilan de la campagne électorale calamiteuse du FCC

0
766
031106-D-2987S-019 President Joseph Kabila of the Democratic Republic of the Congo meets with Deputy Secretary of Defense Paul Wolfowitz at the Pentagon on Nov. 6, 2003. The two leaders are meeting to discuss defense issues of mutual interest. DoD photograph by Helene C. Stikkel. (Released)

La vérité est têtue: il est plus facile d’en vouloir à quelqu’un d’autre de ses déboires que de faire l’effort de se réformer soi-même. Les politiciens chevronnés qui gravitent autour du président Kabila et les services spécialisés qui servent  son pouvoir décadent lui avaient
fait croire qu’il suffisait de…pour remettre son pouvoir sur orbite.

Il suffisait de créer une énorme plate-forme électorale pour faire peur à l’opposition et mettre en place une irrésistible machine électorale.

Il suffisait de débaucher à la pelle des opposants de pacotille et des opposants fatigués de vivre dans la disette pour rendre l’opposition exsangue et diviser son électorat.
Il suffisait de recruter, sans lésiner sur les moyens, des universitaires de renom et des professeurs en mal de positionnement et de gains économiques, pour rendre le projet politique de la kabilie crédible et opposable à tous.
Il suffisait de choisir comme dauphin un homme venu de l’est du pays,
pour conserver cet électorat qui avait placé Kabila en tête aussi bien
en 2006 qu’en 2011, même si ce leadership lui avait été contesté au
Sud- Kivu en 2011, par Vital Kamerhe.

Il suffisait…Il suffisait…

J’avais écrit, ici même, que le FCC était un omnibus pour estropiés
politiques. Que l’addition des courants contraires ne rend pas
nécessairement plus fort et plus cohérent un projet politique. Qu’en
fondant sa stratégie sur la prédation et sur le mimétisme
d’acquiescement, on ne construisait pas nécessairement un grand
projet.
L’opposition n’avait aucune raison d’avoir peur du FCC. C’était mon
intime conviction.
À l’heure de la campagne électorale, le FCC s’est révélé pour ce
qu’il est: une machine électorale inefficace, qui s’est effondré comme
un château des cartes.
C’était prévisible. Le FCC n’a pas su enrayer la descente aux enfers
d’un pouvoir qui a déçu, et qui n’a plus rien à offrir aux Congolais.
Il n’a fait qu’aggraver le sentiment de rejet que le peuple congolais
éprouve à l’égard des hommes et des équipes qui organisent,  chaque
jour qui passe, son malheur.
Ce peuple médusé a vu un candidat rejeté de toutes parts, accepter
d’être humilié en public par la première dame qui lui a donné
l’onction en plein meeting, et qui débite depuis, des platitudes qui
révèlent- oh! combien – le silence est roi.
Le peuple a choisi son camp. Il a besoin de vivre. Il a besoin d’une
renaissance.
Cette renaissance a son ticket gagnant.

Il est dans l’opposition.

Qu’il vente ou qu’il neige;

Que ses champions soient interdits de meeting;

Que le matériel de la CENI soit détruit pour organiser la fraude;
Que les élections soient reportées pour donner au candidat du pouvoir
la possibilité de repasser aux mêmes endroits pour redistiller un
message qui ne passe pas,

Ils tiendront.  Ils tiendront bon.
Jusqu’à la victoire finale.

Bonsoir chez vous.
Priez  pour le ticket gagnant.

Dr Hubert Kabasele Muboyayi Kalonji
-0-
Rubrique : Actualité
En cas de nouveau report des élections : la CLC propose un
gouvernement provisoire
1. A 72 heures de la journée électorale du 23 décembre 2018, date
inscrite au calendrier électoral depuis le 5 novembre 2017, la CENI
vient d’annoncer un report d’une semaine. La centrale électorale,
longtemps en quête d’un bouc-émissaire, pour endosser la
responsabilité de ce report et dissimuler ses propres déficiences, en
a trouvé un : c’est l’incendie de ses entrepôts de la Gombe. Ainsi,
tout l’argumentaire sur le report porte sur cet incident-bouc
émissaire. Il s’agit d’un incendie domestique qui a consumé exactement
8 000 machines, sans laisser des traces. Aucune enquête n’est permise,
puisque le pouvoir est lui-même le premier suspect. Quant à la
nouvelle date, le 30 décembre, elle a été choisie pour ressembler à la
précédente. Il s’agit de la veille du Nouvel An, à défaut de la veille
de Noël, pour s’efforcer de distraire ce peuple qui aime la fête, de
cette échéance majeure qui engage pourtant son avenir pour plusieurs
années.

2. La première question qui s’impose est de savoir si la CENI pourrait
garantir la tenue des élections, à la date du 30 décembre ? Qui peut
garantir que les jours qui viennent seront à l’abri d’autres incidents
similaires? L’attente de l’arrivée du dernier lot des bulletins de
vote constituerait-elle le seul handicap à la tenue des élections ?
Qu’en est-il du déploiement et de l’acheminement de l’ensemble du
matériel dans les différents bureaux de vote à travers le territoire
national ? Tout le monde sait que cela n’est pas encore effectif.
3. Il nr’est pas superflu de rappeler que c’est pour des raisons
techniques que les élections prévues en 2016 avaient été reportées au
31 décembre 2017. C’est à nouveau pour des raisons techniques qu’elles
ont été ramenées au 23 décembre 2018. C’est encore pour des raisons
techniques qu’elles sont repoussées au 30 décembre 2018. En réalité,
ce dernier report est simplement une prime accordée au cynisme du
régime finissant qui continue à refuser toute aide logistique,
technique et financière pour sauvegarder ses intérêts économiques et
financiers.
4. L’opinion est suffisamment informée que le vrai problème est lié .à
la dynamique électorale. La vigilance de la société civile,
particulièrement des Eglises catholiques et protestantes pour détecter
et dénoncer des cas de fraude éventuelle, crée une conjoncture qui ne
garantit nullement la victoire programmée par la CENI du candidat de
la majorité présidentielle. Toute observation impartiale de la
campagne électorale serait portée à conclure que l’éventualité de la
victoire de ce candidat du FCC sera la preuve la plus flagrante et la
plus visible de l’absence de crédibilité de ce processus.
5. En effet, les stratégies d’identification des cas de fraude sont
également en place. Il s’agit notamment de l’armada des observateurs
nationaux déjà alignés et de la surveillance citoyenne décrétée par le
CLC et ses partenaires. De plus, l’opinion nationale, toujours
vigilante, suit attentivement au sein de la CENI les faits et gestes
d’un certain sujet libanais et son équipe d’experts pakistanais, seuls
habilités curieusement au sein de cette institution, à accéder à un
certain serveur spécial dont on devine la finalité. De même,
l’activisme qui se déploierait dans les caves d’un certain immeuble «
Hypnose» à Lubumbashi, toujours au compte de la Centrale électorale,
ne serait pas sans suspicion aux yeux des observateurs avertis.
6. La forte militarisation des principales villes du pays suscite des
inquiétudes quant à l’issue pacifique des élections en cours.
7. Que faire ? Le CLC demande à la population de prendre acte de la
date du 30 décembre 2018 imposée par la Centrale électorale. En
revanche, le CLC invite, toutes affaires cessantes, les forces
politiques et sociales acquises au changement à se mettre ensemble
pour arrêter une stratégie commune de sauvetage de la Nation afin d’en
finir avec ce processus de chosification d’un si grand peuple. La
semaine de répit doit être mise à profit pour réussir cette démarche
urgente.
8.      Le CLC  considère que si les élections n’ont pas lieu à cette date,
l’ensemble de notre peuple devra prendre acte de la fin définitive de
toutes ces institutions moribondes qui sont sous le pilotage d’un
président hors mandat depuis deux ans.

Comme il l’a déjà préconisé à l’attention de Monsieur le Secrétaire
Général des Nations Unies, le CLC préconise, dans cette hypothèse,
qu’un Exécutif provisoire soit constitué pour assurer, avec la
collaboration des Secrétaires Généraux des Ministères, la gestion des
affaires courantes de la République et qu’une nouvelle direction de la
CENI, entièrement issue de la Société Civile, soit chargée de
finaliser la gestion des dossiers électoraux avec le concours des
experts internationaux.
En cas de ce constat, le CLC appelle notre peuple au calme et lui
demande de résister à l’appât de la violence qui lui sera certainement
tendu par les Forces de l’ordre et de Sécurité.
Que Dieu protège la République Démocratique du Congo et son peuple!

Fait à Kinshasa, le 21 décembre 2018.
POUR LE COMITE LAIC DE COORDINATION

Jonas Tshiombela
Julien Lukengu
Prof. Isidore Ndaywel
Prof. Justin Okana
Gertrude Ekombe
Franklin Mbokolo

  • 53
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •