JL Bussa formel : il faut repenser l’Etat

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bussa-jlEn démocratie, le rôle de l’opposition ne se limite pas seulement à critiquer le pouvoir en place. Il consiste également à formuler des propositions concrètes pour accélérer la marche de l’Etat vers l’émergence.
            C’est dans cette approche que le président du « CDER », Jean-Lucien Bussa, vient de couler sa vision politique sous forme d’un livre de 95 pages intitulé « Un grand peuple pour une grande nation ». Dans cet ouvrage présenté hier jeudi 22 octobre à l’hôtel Memling, en présence des députés, sénateurs, diplomates, intellectuels, cadres et militants de son parti, ce technocrate et détenteur d’un diplôme approfondi en Economie de l’Université de Kinshasa résume le mal congolais, la conception actuelle de l’Etat ainsi que la logique tournée vers la défense des intérêts égoïstes.
            Depuis l’accession du pays à l’indépendance, on ne s’est pas démarqué de la logique d’exploitation en faveur de la métropole, sous l’empire de la colonisation.
            Pour y remédier, Jean-Lucien Bussa propose de repenser l’Etat, dans sa logique, dans son rôle et dans sa pratique, pour en faire la base sans laquelle aucun progrès ne peut être envisagé.
            Dans son exposé, qui a pris les allures d’une leçon magistrale, Jean-Lucien Bussa a dénoncé le fait que la logique du gain personnel, la démission de l’Etat devant sa mission de régulation ont affaibli, voire laminé le pays.
Il a fait observer, avec regret, que l’Etat, agent économique constructeur d’infrastructures et producteur d’externalités positives, est devenu complice des intérêts privés et a perdu toute son orientation, son contenu et sa légitimité.
 « Son efficacité en tant que producteur de grands services publics n’a pas été remarquable au vu de l’insuffisance de l’offre desdits services », a souligné le président du CDER, avant de fustiger la faiblesse et l’impuissance de l’Etat  face aux forces du capital financier souvent sans lien avec l’objectif du développement et du mieux-être de la population.
Il a fait remarquer que l’Etat n’a pas joué son rôle basique en tant qu’investisseur public, en dépit du contexte mondial de plus en plus favorable à lui reconnaitre une place de choix dans la sphère socio-économique.
            Jean-Lucien Bussa a déploré le fait que la fracture sociale, de plus en plus grandissante, a remis en question son rôle de distributeur.
Cet acteur de l’opposition a épinglé le déficit des politiques publiques et l’accroissement des inégalités entre citoyens et entre les provinces de la RDC, comme la cause de la faillite de cet Etat redistributeur et, partant, confirmé son illégitimité.
            Convaincu que la conception de l’Etat au service du peuple et de l’intérêt général reste le choix unique à opérer et que son rôle grandissant dans la sphère socio-économique demeure compatible avec les défis que le pays se doit de relever, le CDER, son parti, a opté pour un Etat stratège, qu’il estime capable  d’améliorer et de maîtriser l’échelle de sa régulation, de manière à permettre une grande compétition et un regard pertinent sur les objectifs de développement économique et social.
            Pour soutenir sa thèse sur la faillite de l’Etat , l’élu de Budjala n’a pas raté l’occasion de rebondir sur le débat actuel à l’Assemblée nationale concernant la reddition des comptes de l’exercice 2014, qui révèle plus d’un milliard de dollars de dépenses non budgétisées et 917 projets financés hors budget.
Il faut noter que  deux députés de l’opposition ont commenté publiquement l’œuvre de Jean- Lucien Bussa, à savoir Rémy Massamba et Martin Fayulu.
ERIC WEMBA