JED lance une pétition pour la réouverture en RD Congo du signal FM de RFI

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Conformément à l’article 27 de la constitution de la RD Congo qui reconnaît à chaque citoyen le droit d’adresser individuellement ou collectivement une pétition à l’autorité publique qui y répond dans les trois mois, Journaliste en danger (JED), organisation indépendante et non partisane de défense et de promotion de la liberté de la presse, a lancé, mardi 23 février 2010, une pétition pour la réouverture en RD Congo du signal FM de Radio France lnternationale (RFl) intitulée  « Libérez l’info, ouvrez RFI ».

Des citoyens de tous âges et de toutes conditions sociales sont invités à apposer leurs signatures pour manifester leur besoin légitime de suivre à nouveau les programmes de RFI en Modulation de fréquence. Cette pétition signée sera envoyée à M. Joseph Kabila, président de la république qui a prêté serment, en 2006, pour garantir les libertés publiques et individuelles.

Toute personne qui estime, comme JED, que la mesure de suspension qui frappe RFI viole le droit du public à l’information est invitée à signer la pétition sur la page d’accueil du site lnternet de JED au www.ied-afrique.org ou sur la version papier mise en circulation ce jour à travers le pays et également disponible au secrétariat de JED.

Sur décisions du gouvernement de la RD Congo prises successivement en mai, juin et juillet 2009,le signal de diffusion en FM de RFl, première radio suivie en RDC selonplusieurs sondages, a été interrompu sur l’ensemble du territoire national. Dans une conférence de presse tenue le 4 mai 2009, le ministre de la communication et des médias, M. Lambert Mende Omalanga avait justifié cette décision pour « des raisons de sécurité nationale ». « Nous reprochons essentiellement à RFI des tentatives de provoquer des mutineries au sein des FARDC (Forces armées de la RD Congo) dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu et dans la province orientale. Aussi de créer des conflits interethniques là où nous sommes laborieusement entrain de pacifier le pays, avait-il déclaré en substance.

Dans une autre conférence de presse tenue le 28 juillet 2009 au Grand Hôtel Kinshasa, le ministre de la communication et des médias avait accusé RFl, citant particulièrement la journaliste Ghislaine Dupont, de participer à une campagne de démoralisation des FARDC avant d’ajouter que «la RD Congo n’a pas de problème avec la France. Nous n’avons pas de problème avec RFI mais avec une employée de RFI.»

Face à ces récriminations qui frisent des rancoeurs personnelles, JED estime, qu’au nom du droit du public à l’information garanti par l’article24 de la constitution, et dans une démocratie digne de ce nom, priver le public d’accès à un média important comme RFI pendant neuf mois, constitue une grave violation de la constitution et cache mal une volonté de faire taire toutes les voix discordantes. Au décompte, cette décision est improductive et frappe davantage le grand public de la RD Congo qui lui n’a pas les moyens de se payer le bouquet satellitaire ou lnternet.

 

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