JC Masangu très attaché au projet de la Banque centrale africaine

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C’est le cœur gros et la tête bouillonnant aussi bien d’initiatives que des recommandations que le président sortant de l’Association des banques centrales africaines, Jean-Claude Masangu, gouverneur de la Banque centrale du Congo, a passé le témoin à son successeur Philippe-Henri Dacoury-Tabley, gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, qui aura à présider aux destinées de l’association pour l’exercice 2010-2011. 

            Lors de la 34 ème réunion du conseil des gouverneurs de l’ABCA, tenue à Dakar, du 19 au 20 août 2010, Jean-Claude Masangu, gouverneur de la Banque centrale du Congo, s’est félicité pour l’étape franchie par le bureau sous son mandat. Il a évoqué le Programme de coopération monétaire en Afrique qui prévoit la création, à l’horizon 2021, d’une monnaie unique et d’une banque centrale commune pour toute l’Afrique, projet qui le tient à cœur et qui ne peut se réaliser qu’à l’issue d’un processus de convergence macroéconomique réussi. Pour ce faire, a-t-il fait savoir, le respect de quatre critères de convergence de premier rang par au moins 51 % des pays membres de l’Association est la condition nécessaire à la concrétisation de leur projet commun.

            Pour lui, la revue à intervalles réguliers des performances que les pays africains réalisent dans la mise en œuvre du programme leur permet chaque fois de comprendre les défis à relever et de mesurer le chemin qui reste à parcourir pour atteindre l’objectif visé.

            Jean-Claude Masangu a noté d’une part, que les performances des pays membres qui ressortent du rapport d’évaluation de la mise en œuvre du PCMA en 2009, contrastent fortement avec celles des années précédentes, caractérisées par une amélioration régulière des indicateurs de convergence. En effet, par rapport aux quatre critères de convergence de 1er rang, la performance de nos pays affiche une détérioration significative.

            Cette rupture de tendance, a-t-il fait observer, est pour l’essentiel, due à l’adversité de la conjoncture économique internationale, laquelle a induit le ralentissement du rythme de croissance des économies africaines et a révélé la forte vulnérabilité aux chocs exogènes des économies africaines.

            Le président sortant de l’ABCA a souligné d’autre pârt, que l’année 2009 a constitué une année charnière ayant servi de passage à la 3 ème étape du PCMA, avec des critères de convergence plus contraignants qu’auparavant. Cela, à ses yeux, a mis certains pays membres dans une mauvaise posture face à la réalisation desdits critères.

            En outre, il a parlé de l’état d’avancement des travaux de la commission conjointe de l’ABCA et de la Commission de l’Union africaine pour l’élaboration d’une étude sur la stratégie de création de la Banque centrale africaine, un des points importants largement débattus à la 34 ème réunion ordinaire de l’ABCA.

A ce sujet, il a tenu à signaler que la Banque centrale européenne avait été sélectionnée pour son expertise, pour mener cette étude. Pour diverses raisons, a-t-il déploré, après une perte de temps considérable, les gouverneurs avaient finalement décidé de confier l’étude à un comité de pilotage composé des représentants de la CUA et de l’ABCA où chaque sous-région devait désigner ses experts. Ces désignations sont toujours pendantes et un délai supplémentaire pour ce faire, s’avère nécessaire. Cela retarde davantage le conseil des gouverneurs, a-t- fait remarquer. Ultime recommandation, il faut redoubler d’effort et éviter que cette pesanteur soit considérée comme un facteur de blocage à la création de la Banque centrale africaine. 

Un symposium aux sous-thèmes qui cadrent avec la situation financière en Afrique 

            Signalons que les travaux du symposium de cette association avaient pour thème principal, « Le rôle des banques centrales africaines dans la régulation et la stabilité du système financier » et trois sous-thèmes.

            Il s’agit de « la stabilité des prix et stabilité financière ou l’exigence de coopération entre, d’une part, les banques centrales africaines et les autres autorités de régulation et de supervision du système financier », « les marchés des capitaux et stabilité financière en Afrique, soit quelles stratégies pour atténuer les effets des chocs exogènes en vue du renforcement de la stabilité financière en Afrique », et « les mutations de l’environnement financier, l’inclusion financière et leur impact sur la régulation par les banques centrales ».

            Le thème choisi avait toute sa pertinence à l’heure de la sortie de la plus grande crise financière après celle de 1929, dont les effets se sont propagés aux systèmes bancaire, financier et économique mondiaux. Pour lui, il faut identifier les actions qui auraient dû être menées et qui devraient l’être à l’avenir aussi bien par les banques centrales africaines que par les régulateurs financiers pour prévenir d’éventuelles crises futures ou en minimiser les effets dévastateurs sur nos économies.

            Les raisons qui à ses yeux, ont milité au choix du thème sont liées au besoin pressant qu’éprouvent les banques centrales africaines de mettre en place, d’une part, des dispositifs efficaces de régulation des systèmes financiers, de surveillance et de détection des facteurs de vulnérabilité et de promouvoir, d’autre part, des pratiques saines de gestion des risques.

Le processus d’intégration monétaire en Afrique commande la mise en œuvre des mécanismes de stabilisation qui assurent au système financier, un fonctionnement et un développement harmonieux. Or, prévient-il, les aléas de la crise ont mis en relief l’incidence négative de l’instabilité financière sur la croissance de l’activité, sur la stabilité monétaire et le processus de convergence macro-économique des pays africains qui se trouve être la première étape d’intégration régionale.

            De même, cette crise financière internationale a placé dans un dilemme certaines banques centrales, car prises dans un arbitrage difficile entre la mission traditionnelle de garant de la stabilité monétaire et celle de promoteur de la stabilité financière. En effet, pour restaurer cette dernière et sortir de la crise et de la récession qui s’en est suivie, le président sortant de l’ABCA n’a qu’une explication. Certaines banques centrales ont été obligées d’apporter un soutien massif au secteur financier à travers d’importants apports de liquidités. Elles se sont ainsi retrouvées à l’avant-garde dans la lutte contre la crise financière. Et de préciser que les missions précitées étant complémentaires, de ce fait, le rôle des banques centrales ne devrait plus se limiter à veiller à la stabilité monétaire, mais aussi à garantir dans une certaine mesure, la stabilité du système financier.

            Signalons que le nouveau bureau de l’ABCA présidé par Philippe-Henri Dacoury-Tabley, est constitué du gouverneur de la Reserve Bank of Malawi, vice-président, du gouverneur de la Bank of Nigeria, président du comité sous-régional de l’Afrique de l’Ouest, du gouverneur de la Central Bank of Libya, président du comité sous-régional pour l’Afrique du Nord, du gouverneur de la Banque centrale de Sao Tomé e Principe, président du comité sous-régional pour l’Afrique centrale, du gouverneur de la Central Bank of Uganda, président du comité sous-régional pour l’Afrique de l’Est. La sous-région de l’Afrique australe tiendra sa réunion en octobre 2010 pour désigner le président de son comité.

Notons que la 35 ème réunion de l’ABCA se tiendra au mois d’août 2011 au Malawi.

 J.R.T.

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