« Jamais Kolonga » : le héros de l’ombre de l’African Jazz

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Confident de feu Joseph Kabasele, manager de l’African Jazz, attaché de presse du Premier Ministre Lumumba, «Jamais Kolonga», de son vrai nom Jean Lema, a tiré sa révérence il y a quelques jours. La dépouille mortelle du disparu est à la morgue de la Clinique Ngaliema. C’est demain samedi 21 février 2015 que la famille, les proches et amis du disparu vont se pointer à l’hôpital pour la levée du corps de la morgue. Le corps sera exposé à Assanef, à Lingwala  et l’inhumation aura lieu  le dimanche 22 février 2015 à la  « Nécropole entre Ciel et Terre » à Nsele.
Pour la petite histoire, Jean Lema s’était permis d’inviter une Belge à  danser avec lui lors d’une  fête qui avait eu lieu à Luluabourg, aujourd’hui Kananga, peu avant l’indépendance. Les Congolais présents à cette fête, n’en revenaient pas. Kallé Jeef, ébahi à son tour, donna à son ami le nom de « Jamais Kolonga ». Homme à plusieurs facettes, Jean Lema était journaliste  à Radio Belgo Congolaise, l’ancêtre de la RTNC.  Il se raconte qu’il fut la première personne  à utiliser le générique «Indépendance Cha Cha» dans ses émissions à la radio. Passionné de musique et de politique, on ne sait pas si son amitié pour Kallé Jeef, lui aussi proche de Lumumba, a contribué à sa présence dans le cabinet du «Premier Ministre»  comme attaché de presse.  Comme bon nombre des amis des stars, Jamais Kolonga a été immortalisé dans une chanson à succès de Kabasele.
Le disparu  est quelque peu le prototype de Tshita Tshima « Jean Jean », Mukala, Losikiya Maneno, Pecho wa Pecho, Sonnerie….. très proches  respectivement de Luambo, Tabu Pascal, Lita Bembo, Shungu Wembadio…et qui étaient les hommes à tout faire des stars de la chanson.
Doté  d’une forte personnalité, « Jamais Kolonga » était également  un col blanc.  De passage à une chaîne de télévision quelques années avant sa mort, il  avait parlé abondamment de l’African Jazz et des raisons de la fronde de Pascal Tabu, Nicolas Kassanda, Déchaud Muamba…  et leurs départs massifs en 1963.
Ou encore comment  sur ordre de son ami, il se pointait parfois aux lieux des concerts pour percevoir la recette du jour au grand dam de  Déchaud Muamba, Nicolas Kassanda et consorts.
C’est en 1983 que le  « maestro » Kallé Jeef   a quitté la terre des hommes.  «Jamais Kolonga», Me Kalala, lui aussi féru de la musique de Kallé Jeef, Matthieu Kouka, sociétaire de l’African Jazz après les départs de Bombenga, Casino…, ont mis sur pied le groupe Afric’Ambiance pour perpétuer à leur manière sa mémoire.  Me Kalala a réussi à attirer vers lui d’autres artistes musiciens, entre autres Valentin Sangana.
Ce groupe d’interprétation a longtemps fait le bonheur des mélomanes.
Les médias ont relayé dernièrement les appels à l’aide  de Jamais Kolonga à  Augustin Matata, Aubin Minaku et André Kimbuta. Affaibli par l’âge et rongé par la maladie, Lema a sollicité  une assistance financière pour se faire soigner.
Jean- Pierre Nkutu