Jacquemain Shabani toujours dans le flou

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JacquemainShabaniInterpellé par la DGM (Direction Générale de Migration) puis mis aux arrêts par l’ANR (Agence Nationale des Renseignements) le 07 février 2012, Me Jacquemain Shabani, ancien Secrétaire général de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social) n’avait pu se rendre en Allemagne dans le cadre de sa mission d’information en direction du Parlement de ce pays. Après une brève escale au niveau des services spéciaux, où il était accusé d’être porteur d’un passeport trafiqué et d’avoir consigné dans son ordinateur des informations compromettantes, son dossier avait finalement été transféré au Parquet Général près la Cour d’Appel de Gombe.

Dans cette juridiction, Jacquemain Shabani n’avait répondu qu’à une invitation lui adressée en mars 2012. Il lui avait été signifié, à l’occasion, qu’il devait rester à la disposition de la justice, en attendant que le magistrat instructeur puisse réunir les données nécessaires à la fixation de son dossier. En dépit de deux lettres de rappel de ses avocats et de ses multiples visites au Parquet général près la Cour d’Appel de Gombe, son dossier semblait figé à l’étape de la réquisition d’information.

Après une année et demie, des rumeurs en circulation au Palais de Justice de Gombe font état de la mutation de son dossier de R.I. (Réquisition d’Information) en RMP 5432. On laisse entendre que le magistrat instructeur aurait finalement retenu à sa charge deux infractions principales, le faux et usage de faux ainsi que l’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat. En principe, il aurait dû déjà recevoir son assignation en vue de présenter ses moyens de défense devant son juge naturel.

Curieusement, il n’est toujours pas saisi à ce sujet. Ce qui l’inquiète, c’est le fait que les nouvelles en provenance du Palais du Peuple, où venaient d’être clôturées les Concertations nationales, font état de la fin imminente de la chasse aux membres de l’Opposition, dans le cadre de la recherche de la cohésion nationale, de l’ouverture politique et de la réconciliation nationale. Un tel discours lui parait lourd de sous-entendus car pour son cas, il continue d’être privé de sa liberté de mouvement à cause de la confiscation de son passeport. Par ailleurs, il n’a toujours pas de suite au sujet de ses effets personnels confisqués, dont son ordinateur portable, une banque de données stratégique pour son travail d’avocat et ses activités politiques.

Le flou entretenu autour de son dossier judiciaire fait craindre à Shabani un coup fourré de la part du pouvoir en place.

                           Kimp

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