Ituri : un drame humanitaire négligé !

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deplacesLes accrochages en cours entre l’armée nationale(FARDC) et le Front de résistance  patriotique de l’Ituri (FRPI) auraient déjà affecté plus de 100.000 civils dont 60.000 personnes déplacées dans le sud du Territoire d’Irumu, en Ituri (Province Orientale). Cette information livrée, hier mercredi 11 septembre 2013 par le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations-Unis en RDC (Ocha/RDC), rapportent que des déplacements de population sont enregistrés chaque jour, mettant ces milliers de personnes dans de situations de vulnérabilité extrême.

En effet, entre le 1er et 6 septembre 2013, des accrochages sporadiques ont eu lieu dans certaines localités situées au sud du territoire d’Irumu, notamment Sorodo et Kagaba. A en croire le lieutenant-colonel Félix Prosper Basse, face à cette situation, la Force de la Monusco a mis en alerte maximale toutes ses bases opérationnelles déployées dans ce secteur, dans le but de dissuader toute exaction contre les populations civiles et assurer leur protection.

MSF au front

Plusieurs dizaines de milliers de personnes déplacées vivent depuis deux semaines dans des conditions précaires, dans le territoire d’Irumu, au Nord-Est de la République Démocratique du Congo. Depuis le 22 août, elles ont fui les affrontements entre les forces armées congolaises et la milice de la Force de Résistance Patriotique de l’Ituri (FRPI) pour le contrôle de cette zone située dans le sud du district de l’Ituri, en Province Orientale. Médecins Sans Frontières (MSF) renforce depuis fin août ses activités médicales à Geti pour venir en aide aux populations déplacées.

Les équipes médicales, présentes à Geti pendant les récents affrontements, ont vu le nombre de consultations tripler depuis l’arrivée des déplacés. MSF a ouvert deux postes de santé supplémentaires près des sites de regroupement. Plus de 500 personnes y reçoivent des consultations chaque jour. A Geti, soulignent les humanitaires, le recensement effectué par les chefs de communauté indique que la population a été multipliée par cinq en quelques jours. Les équipes mettent tout en œuvre pour répondre aux besoins quotidiens en eau potable de 20 000 personnes déplacées.

«De grandes concentrations de déplacés vivent dans des conditions souvent précaires», explique Marc Poncin, coordinateur de l’intervention d’urgence de MSF. L’organisation, qui évalue la situation sanitaire de la zone, prévoit de construire au plus vite 800 latrines sur les sites et d’effectuer une première distribution de kits contenant bâches, couvertures, moustiquaires et savons pour 10 000 personnes dans les environs de Geti

«La situation humanitaire en Ituri est très inquiétante. La région n’a pas connu une aussi grande vague de déplacés depuis la crise de 2008», poursuit-il. « Dans un contexte de conflit, répondre aux besoins urgents des populations est un véritable défi. MSF, seule organisation humanitaire actuellement présente sur la zone, ne sera pas en mesure de répondre à l’intégralité des besoins notamment en termes d’abris, de nourriture et de biens de première nécessité».

Pour rappel, MSF était intervenue pour la première fois à Geti en 2006, pour venir en aide aux populations ayant fui les combats entre militaires et miliciens. L’organisation est présente de manière continue depuis 2008, à travers son soutien au centre de santé et à l’Hôpital Général de Référence de Geti.

Tshieke Bukasa

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