ISTA : des policiers à la gâchette facile

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istaL’Institut Supérieur des Techniques Appliquées (ISTA) a connu une journée extrêmement troublée le vendredi 27 mai 2016. Des échauffourées ont été enregistrées entre des éléments de la police et des étudiants de cet établissement de l’enseignement supérieur. A cette occasion, la police a tiré à balles réelles et lâché des gaz lacrymogènes en quantité industrielles.
Le tout est parti des manifestations estudiantines, dans la matinée de vendredi, devant l’entrée principale de  cet institut, dans la commune de Barumbu. Selon les témoignages recueillis à cet effet, les étudiants exigeaient la libération d’un des leurs camarades, interpelé et arrêté dans la journée du mercredi 25 mai 2016 par la police universitaire, au motif qu’il distribuait des tracts à ses condisciples, les appelant à la marche des opposants du jeudi 26 mai.
D’après toujours les même sources, pendant qu’il donnait ce message, il leur aurait demandé non seulement de participer massivement à cette marche mais également de s’en prendre aux biens des sujets indiens. Selon la version de l’incriminé, il sensibilisait ses camarades à prendre part à une manifestation officiellement autorisée, ce qui ôtait le caractère de tracts aux documents qu’il distribuait.
            Dans le but d’obtenir sa libération sans condition, les étudiants ont décidé de faire un sit-in devant leur établissement universitaire. C’est ainsi que le nombre des manifestants postés à cet endroit, de plus en plus grandissant, a fini par bloquer et paralyser la circulation routière.
Pendant ce temps, la police nationale déjà présente, tentait de contenir la masse revendicatrice mais sans succès. Après plusieurs heures de protestation toujours à l’extérieur de l’Institut, explique un témoin, l’on a aperçu une marée d’étudiants qui venaient de l’arrêt Phoenix et se dirigeaient vers l’aérodrome de Ndolo, scandant des chants de joie et transportant en tipoy leur camarade, qui venait d’être relaxé par la police.
            Alors que l’on croyait que le feuilleton de la grogne estudiantine allait s’arrêter là, il y a eu malheureusement des dérapages. La foule a envahi la cour de l’ISTA et s’est mise à caillasser les installations. C’est dans cette foulée que le Directeur général, qui voulaient calmer les manifestants, s’est trouvé encerclé par ces derniers, qui l’ont obligé à leur demander pardon à la suite  de l’arrestation de leur copain. Après s’être exécuté, il est remonté dans son bureau dans cette ambiance d’insécurité. Alertée certainement par des sources anonymes, la police qui patrouillait dans le secteur, a lancé une chasse aux étudiants, avec tirs et gaz lacrymogènes à l’appui, provoquant une débandade générale.
            D’après plusieurs sources, des policiers ont pourchassé les étudiants jusque dans leurs chambres, où ils ont pillé leurs biens (téléphones, ordinateurs).
            Selon un témoin, voulant intervenir une fois de plus pour calmer la situation, le DG s’est dirigé vers la police pour demander un cessez- le-feu. Contrairement à ses attentes, un ordre venu de nulle part s’est traduit par son arrestation. Conduit au commissariat de police de Barumbu, un de ses gardes a soufflé à l’OPJ qui s’apprêtait à le verbaliser qu’il s’agissait du DG de l’Institut. D’où, il a été aussitôt relâché. Après plusieurs heures de confusion, l’ordre est finalement revenu et les étudiants, enseignants et personnels de l’institut, jusque-là bloqués à l’intérieur de leurs installations ont finalement été évacués avec l’aide de la Police Militaire (PM).
Signalons que les étudiants victimes des pillages de la part des policiers, ont organisé une manifestation contre ces actes inciviques le samedi 28 mai. Mais, la situation n’a pas dégénéré.
            Aux dernières nouvelles, on apprend que cette chasse à l’homme aurait fait 5 blessés selon des sources officielles et plus d’une trentaine selon les médias périphériques.
Myriam Iragi