IRDH : DE LA RESPONSABILITE SOCIALE DES UNIVERSITAIRES DE LA RD CONGO

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Plus de quarante professeurs des universités de la RDC dont NGOIE TSHIBAMBE Germain et KAMPETENGA LUSENGU Norbert de l’IRDH, ont participé à la conférence sur « la Nation congolaise en péril : Responsabilité Sociale des Universitaires ». Avec pour objectif «
l’analyse de la responsabilité de l’universitaire dans une société congolaise en perdition», l’assise fut organisée par l’Institut pour la Démocratie, la Gouvernance, la Paix et le Développement en Afrique (IDGPA), du 28 au 29 Août 2017, au Centre d’Etudes pour l’Action Sociale (CEPAS) de Kinshasa.

Voir le texte ci-dessous ou sur www.irdh.co.za

Cordialement,
Tshiswaka Masoka Hubert

L’IRDH soutient et félicite l’initiative de l’IDGPA, car, le respect
des droits et libertés fondamentaux s’imposent à toute personne
(art.60 Constitution RDC). En plus, il est essentiel que les droits de
l’Homme soient respectés par un régime de droit, pour que le congolais
ne soit contraint à recourir à la révolte contre la tyrannie et
l’oppression (préambule de la DUDH).
La conférence a connu dix-huit communications des professeurs des
universités de la RDC. Le Prof. Dr. MUKWEGE Denis était le premier à
dégager le contenu et les implications de la responsabilité sociale
attendue de l’universitaire du Congo. Le constat était sans appel : la
démission de l’universitaire est générale dans une société en dérive,
sur un fond de silence et d’indifférence collective, devant la
précarité socio-économique de la population. En appeler à la
responsabilité sociale des universitaires est la voie de la recherche
de la transformation de la société congolaise. Cette voie repose sur
la quête des valeurs, des principes et de l’idéologie en vue d’un
autre avenir porteur d’espérance pour chacun et tous.
Les autres communications s’étaient articulées autour des trois axes
ci-dessous:
(i)   L’analyse du fait d’être un intellectuel et universitaire.
Reposant sur un fond philosophique, historique et sociologique, cet
exercice a relevé qu’un universitaire ne doit pas qu’enseigner ou ne
faire que de la recherche. Il doit être un éclaireur de la conscience
de la société, en étant engagé dans la conquête permanente de la
liberté de pensée, par des actions exemplaires, sans compromission,
sur le plan de l’éthique et de la consistance des idées.

(ii) De l’agir de l’universitaire congolais. La dérive de la nation
est l’expression des contradictions dérivées d’une trahison plus
qu’évidente de l’universitaire congolais. Cet état des choses
s’exprime par « la divagation politique », le « débauchage », des
pratiques des anti-valeurs généralisées se jouant contre la
méritocratie. La trahison de soi et de l’autre devient le mode
opératoire de l’existence de l’Universitaire qui veut vivre dans une
relation d’asservissement vis-à-vis du pouvoir et ce, contre la
société.
L’Universitaire congolais brille dans la construction de
l’autoritarisme, ainsi que toutes les dérives de l’exercice du pouvoir
politique, au lieu d’être la lumière qui guide le chemin de la
société, référence faite au rôle éclairant que les intellectuels ont
joué dans la propagation des idées sur la démocratie, la
transformation sociale et politique en Europe, au cours du siècle des
Lumières.

Les énoncés discursifs de toutes sortes, des jeux des mots  et des
tournures conceptuelles de tout genre (comme « l’inanition de la
nation ») qui entendent justifier des décisions sur des questions
capitales du vouloir-vivre ensemble, constituent l’œuvre de
l’imagination de la pensée des universitaires congolais.
La situation décrite ci-dessus explique le fait que l’Universitaire
ait failli dans sa mission de formateur et l’Université ne soit plus
ce bosquet auprès duquel on va se réfugier pour acquérir le savoir, le
vrai qui transmet la volonté du bien connaître pour faire le bien. Le
déficit d’une formation citoyenne explique l’inutilité de l’école et
l’impasse dans laquelle se trouve l’université de la RDC.

(iii)   De la voie de sortie à la crise : L’engagement des
Universitaires face au péril de la nation.
L’Universitaire congolais doit être au front de ce combat de la
réémergence de ce que l’on appelle le Nouveau Type Congolais (NTC).
Car, il y a une nécessité pour une quête de la reprise des valeurs, de
la rationalité et du sens en tant qu’instance de légitimation de la
renaissance anthropologique de l’Homme congolais. Et d’ailleurs, le
pays dispose d’un riche répertoire d’appels à la remise en question de
l’universitaire.
A la fin, la conférence sur la Responsabilité Sociale des
Universitaires (RSU) a débouché sur deux résolutions importantes :
(i)       L’adoption de la Déclaration de Kinshasa qui examine la
situation du pays et engage les universitaires à réclamer la mise en
œuvre effective des mesures protégeant les milieux académiques et
universitaires de la RDC, afin que ces institutions autonomes
bénéficient de plus de liberté.

(ii)     Les universitaires, en leur qualité de membres de la société
civile, ont brisé l’indifférence, en prenant acte du Manifeste du
Citoyen congolais: Esili, du 18 août 2017, exigeant la restauration
pacifique de l’ordre constitutionnel, par l’organisation des
élections, avant le 31 décembre 2017.

VISION: « Une société dont les membres sont éduqués et contribuent au
respect ainsi qu’à la promotion de leurs droits fondamentaux, afin
qu’ils bénéficient du développement intégral».

MISSION: « La recherche et la formation de l’expertise en matière des
droits humains».
OBJECTIF: «Produire des cadres et des matières qui contribuent au
respect et à la promotion des droits humains».