Invité des notables des cinq provinces du Kasaï : le président Tshisekedi prêche l’amour du Congo et du travail bien fait

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Ils étaient une centaine environ, les notables des cinq provinces composant l’espace kasaïen (Kasai, Kasai Central, Kasai Oriental, Lomami et Sankuru), à s’être rendus samedi soir à la Cité de l’Union Africaine pour célébrer l’avènement à la magistrature suprême de Son  Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Le geste valait son pesant de diamants car il ne s’agissait pas seulement d’apporter le soutien des Congolais du centre du pays au nouveau Chef de l’Etat, mais surtout de tracer le sillon de l’action que chacun attend de son mandat, en posant un diagnostic sans complaisance de l’état de la nation.

Le patriarche Yezu Kitenge, maître de cérémonie pour la circonstance, a jeté un regard perçant sur les visages des convives pour y découvrir une joie non feinte, qui exprimait leur détermination d’accompagner le nouveau Président dans sa quête du bien-être collectif et du développement intégral d’un pays appelé à être le moteur du continent. Il s’est souvenu de la longue marche entreprise pour parvenir à ce résultat et demandé à l’assistance de se lever pour rendre un hommage mérité au géant capitaine qui enclencha le combat de la démocratisation de notre pays, l’inoubliable Etienne Tshisekedi wa Mulumba, d’heureuse mémoire. A son endroit, il a eu ces mots significatifs : « Nous souffrons de votre absence. Mais nous avons retenu de vous une grande leçon : dans l’obscurité, une étincelle pourrait être ta lumière ». Et c’est à la vue de cette lumière qu’un engagement peut être pris. Yezu Kitenge ne s’y est pas dérobé et il l’a dit en des mots bien sentis : « Sachez, comme je vous l’avais promis il y a deux ans, que nous sommes tous désormais autour de Félix. Ne craignez donc rien. Nous tenons et nous maintiendrons notre promesse ».

Le message ne s’est pas adressé qu’au père dont l’ombre plane sur l’action du fils. Dans notre société, là où il y a un père, il y a aussi une mère. Et à l’intention de cette dernière, l’orateur a souligné l’importance de la démarche unitaire entreprise samedi soir : « les enfants d’une même famille se ressemblent comme des jeunes bananiers, et il est impossible de distinguer la banane plantin de la banane pomme. Unis, nous réussirons. Unis, nous construirons un pays plus beau qu’avant».

S’adressant au nouveau Chef de l’Etat, Yezu Kitenge a rappelé cette vérité de toujours : « Monsieur le Président de la République, avant, vous aviez votre base, vos militants.  Aujourd’hui, vous avez tout un pays, toute une nation dont le Grand Kasai qui célèbre ce soir votre succès, mais aussi une réussite collective. Nous vous savons à l’écoute des autres car un chef écoute même les avis d’un imbécile. Vous êtes celui qui ne court pas derrière la chance, mais qui l’appelle. Votre sort ne doit pas être entre vos mains, mais dans votre cœur, afin qu’il ne passe d’une main à l’autre. Restez sur le terrain de la droiture parce que la droiture nous transporte et nous transforme. Restez aussi déterminé parce qu’un homme déterminé flaire continuellement le parfum de victoire et nous y voici ! ».

Un discours frénétiquement applaudi, et qui a aussitôt été complété par Mme Catherine Nzuzi wa Mbombo, qui s’est appesantie sur les défis qui attendent le nouveau Président.

Le nationalisme congolais

Mais avant de passer en revue les problèmes multiples qui minent le développement de la RDCongo, Catherine Nzuzi wa Mbombo a tenu à souligner la symbolique que représente l’élection de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo à la magistrature suprême : « C’est la continuation de l’œuvre de l’esprit des pères fondateurs du Congo indépendant. Ils croyaient au potentiel qu’offre la diversité des groupes ethniques qui composent notre pays pour assurer la direction de l’avenir politique de la République Démocratique du Congo. C’est ainsi que successivement le pouvoir est passé des Ne Kongo aux Bangala, ensuite aux Ba Swahili, aujourd’hui aux Kasaïens et demain, avec confiance, nous pensons qu’il reviendra à une autre composante de notre population. Cela est au centre de notre volonté de vouloir vivre ensemble qui est la racine de notre nationalisme tellement mis au défi ces deux dernières décennies ».

Nationalisme ! Le mot est lâché. Nzuzi wa Mbombo qui sait de quoi elle parle rappelle que dans la droite ligne de ceux qui ont combattu pour l’accession du Congo à la souveraineté internationale, nous continuons à croire que la première charge de Félix Antoine Tshisekedi demeure l’unité nationale, laquelle trouve sa source dans la communauté des sentiments civiques et patriotiques, tous orientés vers la promotion matérielle et morale du peuple congolais.

«Dans cette perspective, nous disons que le Congo demeure UN, car dans sa projection historique, il n’y a pas de nord, pas de sud, pas d’est, pas d’ouest et, naturellement, pas de centre. Il y a une seule nation constituée de multiples groupes ethniques qui vivent dans ses espaces et qui sont tous mis à contribution pour relever le défi du développement de notre nation ».

Aussi, se faisant l’écho d’une sagesse bien de chez nous, Catherine Nzuzi wa Mbombo a rappelé ces slogans bien connus des ex-Zaïrois :

– Tribus OUI, mais tribalisme NON !

– Clans OUI, mais clanisme NON !

– Régions OUI, mais régionalisme NON !

A ces trois slogans, l’oratrice ajoutera quatre autres plus loin pour marquer l’attachement des Congolais à leur indépendance politique et économique :

– NON à l’ingérence étrangère !

– NON à la balkanisation de la RDC !

– NON à l’occupation par quelque force étrangère que ce soit !

– NON à la confiscation de notre potentiel économique !

Tous ces slogans méritent d’être intériorisés, à commencer par le premier Citoyen du pays qui, en sa qualité  de garant de la paix, du travail, de la prospérité, de la sécurité, de la justice et de l’indépendance de la RDCongo, est désormais le mari de la République, le père des citoyennes et citoyens de ce pays et le frère des citoyens de ce monde épris de paix et de justice.

Dans cette perspective, la tâche qui incombe à Félix Antoine Tshisekedi est lourde et difficile. Il y a près de 4 millions de réfugiés internes, des déplacés qui ont fui l’insécurité au sein de leur mère patrie. Il y a aussi des millions de Congolais réfugiés à l’étranger. Il y a des victimes des sévices sexuels provoquées par une pseudo insurrection entretenue avec la complicité de certains concitoyens. Il y a enfin les six à dix millions de victimes directes et indirectes des conflits qui ne tirent pas leur origine dans notre pays. « Tous ces Congolais sont victimes d’une main noire cupide et métastasée, qui s’emploie depuis trop longtemps à asservir économiquement notre pays, quel qu’en soit le prix humain».

Le Peuple d’abord.

Pour mieux fixer l’esprit de son intervention, Catherine Nzuzi wa Mbombo a rappelé le célèbre slogan d’Etienne Tshisekedi devenu la devise de son parti Udps : « Le Peuple d’abord ». Une mission à accomplir grâce à un choix lucide des hommes et des femmes qui seront le bras armé de la politique du nouveau Chef de l’Etat. Un choix basé sur la compétence et qui devra prendre en compte aussi le combat des femmes qui veulent contribuer à l’édification de leur pays.

Pour conclure son propos, Nzuzi wa Mbombo a rappelé que la force d’une nation passe par la richesse des nationaux.   Les Congolais ne doivent pas être spectateurs de l’essor économique de leur nation qui ne profiterait qu’aux étrangers. A titre prioritaire, elle a sollicité le règlement de la dette intérieure des nationaux afin de libérer l’entreprenariat national des difficultés qu’il rencontre.

Après Mme Nzuzi, Tshimbombo Mukuna, She Okitundu et les professeurs Mabi, Lumanu et Boshab sont intervenus pour donner des pistes d’intervention susceptibles d’engager le pays et les différentes provinces sur la voie de la renaissance.

Les Congolais doivent avoir l’amour de leur patrie

Très attentif aux  différentes interventions, le Président de la République a pris la parole pour souligner la nécessité pour tous de se mettre résolument au travail car ce qui est en jeu, c’est la vie de tous les Congolais et l’avenir de notre pays.

Pendant la campagne électorale, on s’en souvient, Félix Tshisekedi n’avait eu de cesse de prêcher l’amour entre Congolais. Le moment est venu de passer aux actes, en conjurant la haine et en cultivant cet amour sans lequel aucun développement n’est possible.   Privilégions le bonheur collectif, marchons la main dans la main pour bâtir  un Congo meilleur.  Les défis sont énormes et ils sont connus. Les pistes de solutions aussi. Il faut maintenant se mettre au travail.                

 LP

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