Investissements en RDC : les entreprises françaises hésitent : voici les raisons

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Plus de deux ans depuis la visite du président Nicolas Sarkozy en RD Congo, les engagements français d’investir en masse en RD Congo piétinent, alors que plusieurs accords ont été signés en mars 2009 entre l’Hexagone et la RDC notamment dans les mines, les transports et la francophonie. Un aide-mémoire sur le renforcement des relations économiques et bilatérales a été même signé par le Premier ministre congolais, Adolphe Muzito, et Christine Lagarde, ministre française de l’Economie, des Finances et de l’Emploi.

Dans le domaine des mines par exemple, un «accord de coopération entre le ministère des Mines et le groupe nucléaire français Areva» prévoyant un partenariat entre la Gécamines et Areva pour «l’exploration uranifère sur l’ensemble du territoire congolais» a été signé par Mme Lauvergeon, présidente d’Areva et le ministre des Mines, Martin Kabwelulu Labilo.

A l’occasion d’une rencontre, la dernière assurément, avec les médias locaux hier jeudi 2 juin 2011, l’ambassadeur français en RDC, Pierre Jacquemot, a fait le point de cette question afin de fixer l’opinion congolaise de plus en plus dubitative sur la volonté des entreprises françaises de s’installer dans notre pays. « Il est vrai que les entreprises françaises sont encore hésitantes. Le climat des affaires est un vrai sujet, pas encore satisfaisant. Plusieurs autres projets d’entreprises françaises, à l’instar de France Telecom, ont été présentés lors de la visite du président Sarkozy et le gouvernement congolais s’était engagé à créer les conditions favorables pour leur implantation » a rappelé le diplomate. Ajoutant même que l’ouverture à plusieurs autres opérateurs français a été mise en avant : Lafarge (ciment), Alstom pour la réhabilitation des turbines de la centrale hydro-électrique d’Inga II, Suez et Veolia pour l’eau et l’électricité. 

Cependant, a-t-il reconnu, les choses avancent « polé polé » (lentement) car il est très difficile de travailler dans un tel contexte. Pour Pierre Jacquemot, il n’y a pas de désertion des entreprises françaises mais simplement un attentisme parce qu’au fur et  à mesure que le climat des affaires s’améliorera, elles viendront.
Concernant particulièrement la coopération minière entre Areva et la RDC, l’ambassadeur de France a exprimé son étonnement face à une campagne visiblement fausse menée par l’Asadho Katanga qui se plaint de la pollution provoquée par la société minière de son pays. « Nous ne sommes pas là ! Au Niger et en Centrafrique, oui… », a-t-il précisé.

 

Aux préoccupations des journalistes concernant, entre autres, la Francophonie et le secteur éducatif ; la coopération militaire ; l’appui aux prochaines élections ; etc. l’ambassadeur a émis des réponses claires. Ainsi, il a rappelé de prime abord la convention de financement de 5 millions d’euros qui a été signée par le ministre de la Coopération internationale et régionale, Raymond Tshibanda, et le secrétaire d’Etat à la Coopération et la Francophonie, Alain Joyandet, pour développer le réseau des alliances françaises. Celui-ci compte à ce jour 16 antennes à travers le pays, sans compter les autres dispositifs culturels tels la Halle de la Gombe, la Halle de l’Etoile à Lubumbashi et bientôt une autre à Kisangani.

Engagée aussi dans la formation professionnelle, à l’instar de la Belgique et du Japon, la France va appuyer essentiellement le Centre des Pères salésiens.
Chargée par ses pairs européens de mettre en œuvre le projet d’appui aux médias, financé à la hauteur de 18 millions USD par les partenaires, la France dispose tout de même d’un bras financier propre dénommé « Agence Française de Développement »
Ayant officiellement pris ses fonctions le mercredi 17 septembre 2008, Pierre Jacquemot n’a plus que quelques jours avant son départ définitif de la RDC et à retraite.

Tshieke Bukasa

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