Intouchable hier… vulnérable aujourd’hui !

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 Hosni Moubarak, l’ex-Raïs d’Egypte, ressemble aujourd’hui à un animal en cage. « Relégué » sur les bords de la Mer Rouge, l’homme qui a dirigé le pays des Pharaons d’une main de fer pendant plus de 31 ans et qui enfilait les mandats à sa guise, vit un exil intérieur que personne ne pouvait imaginer il y a 18 jours. Celui qui commandait au doigt et à l’œil officiers supérieurs de l’armée et de la police, responsables des services de sécurité, ministres, députés, sénateurs, et qui passait pour la soupape de sécurité du Moyen-Orient, n’est plus que l’ombre de lui-même.
Ravalé au rang du commun des citoyens, il est pratiquement candidat, avec son épouse, ses enfants et les épouses de ses fils, à un séjour inévitable en prison, un de ces quatre matins. En effet, comme cela arrive souvent aux dictateurs doublés de la tare de prédateurs, Hosni Moubarak se retrouve dans le collimateur de la justice, qui vient de lui interdire, ainsi que les membres de sa famille, toute possibilité de sortie du pays.
 Après un long règne sans partage, le moment est venu, pour Moubarak, de rendre compte de sa gestion à son peuple. Celui qui est présenté comme pesant entre 40 et 70 milliards de dollars a désormais ses comptes bancaires gelés, dans son pays comme à l’étranger. A quoi lui aura alors servi d’avoir pillé, pendant plusieurs décennies, le patrimoine communautaire, affamé son peuple, hypothéqué l’avenir des jeunes ?
Une gestion responsable de la « Res Publica », dans un environnement de liberté de parole et d’association, de respect des droits fondamentaux de ses concitoyens, de compétition électorale saine et transparente aurait certainement fait de Moubarak un éternel héros national, à l’image d’un Nasser ou d’un Sadate. Si l’ex-Raïs n’avait pas commis l’erreur de vouloir se faire remplacer par l’un de ses fils à la fin de son mandat et surtout, s’il avait accepté de se retirer du pouvoir dès l’éclatement des premières manifestations d’hostilité à son régime, il aurait certainement rendu le tablier avec tous les honneurs.
 Comment cet ancien officier supérieur émérite, ce politicien formé à l’école de Nasser et de Sadate, cet homme d’Etat apprécié par les plus grands de ce monde, cet apôtre de la paix retrouvée entre Israël et son pays, ce médiateur respecté à travers le monde arabe, n’a-t-il pu lire correctement les signes du temps ? Que s’est-il passé dans sa tête pour qu’il soit incapable de tirer de la chute lamentable de son ex-homologue tunisien, Ben Ali, les enseignements indispensables à la gestion de la bombe sociale qui a fini par éclater dans son pays ?
 Qu’ils sont drôles, les dictateurs d’Afrique, toujours sourds aux conseils et imbus de leur superpuissance ! Hier, c’était la descente aux enfers pour Bokassa, Idi Amine, Mobutu, Mamadou Tanja, Ben Ali… Aujourd’hui, c’est la grande tourmente pour Moubarak. Demain, à qui le prochain tour ? Kadhafi ? Les paris restent ouverts.
       Kimp

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