Instrumentalisation des Kuluna : les politiciens indexés

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KulunaJPGAttaques par-ci, agressions par-là, les bandes des Kuluna continuent à arroser la terreur dans certains quartiers ou des communes entières, obligeant certaines familles à s’interdire des sorties nocturnes.  Les ouvriers qui terminent tard leur journée de travail, sont contraints de passer la nuit dans leurs sociétés. Il en est de même des invités à certaines soirées dansantes de mariage, obligés de veiller dans des salles de fêtes. Pour leur sécurité, les Kinois ont adopté d’autres modes de vie. Si quelques-uns sont devenus casaniers, à la satisfaction de leurs épouses, les indécrottables viveurs ne ratent jamais l’occasion d’aller assister aux concerts des orchestres de la capitale.

A la lumière de nombreux cas enregistrés ces temps derniers, des plaintes fusent de partout. Tout le monde se plaint. Les victimes en premier lieu. Les responsables de la sécurité de la ville, en second lieu, s’arrachent les cheveux. Et les politiciens se posent autant des questions et envisagent d’interpeller les membres du gouvernement. Les citadins qui ne savent plus à quel saint se vouer, sont désemparés et traumatisés à chaque récit d’agression des Kuluna.

Devant ce regain d’insécurité, des questions majeures brûlent sur toutes les lèvres. Pourquoi ce phénomène que l’on pouvait éradiquer l’espace d’un matin, a-t-il pris de l’ampleur à Kinshasa ? Comment mettre fin à ce climat de terreur qui règne dans certains coins de la ville ?

A l’origine, de petits marginaux surgissaient des maisons inhabitées, proliféraient la nuit, au bord des rivières, le long de la voie ferrée, et dans des marchés. L’histoire renseigne que lors des campagnes électorales de 2006 et de 2011, des politiciens mal inspirés et mal cotés au sein de l’opinion, avaient instrumentalisé les Kuluna, les dressant contre leurs adversaires politiques, pour empêcher l’organisation des manifestations politiques pacifiques, ou la tenue des meetings des partis adverses.

Au plus fort de cette crise politique, on a enregistré des morts d’hommes, des saccages et incendies des sièges des partis politiques, des chaînes de télévision et des domiciles de certains leaders politiques. Des journalistes violentés ont vu leur matériel de travail arraché et détruit. L’ambiance était rendue explosive, au point qu’on n’a pas enregistré des scrutins apaisés comme souhaité.

On a même vu des Kuluna afficher les couleurs de certains partis et se prévaloir de leur appartenance à ces formations politiques.

         Certains ténors de ces bandes se sont même improvisés dans le système de sécurité de la ville, oeuvrant aux côtés des policiers et posant des actes de brutalité contre de paisibles citoyens. Une sorte de sécurité parallèle a vu le jour.

         Après la proclamation des résultats des élections, ces marginaux qui n’ont pas pu être incorporés au sein de la police, ont été ignorés. Abandonnés à leur triste sort, ils ont renoué avec leurs activités criminelles, violant des filles, arrachant des biens aux citoyens et brutalisant tant d’autres. Une façon de se faire payer.

         Ce qu’on ne dit pas aujourd’hui, est qu’on avait armé les Kuluna à une certaine époque. Mais on avait oublié de les désarmer. Gardant leurs armes, ils s’en sont servis plus tard, jusqu’au moment du lancement des opérations Likofi I et II.

         Au lieu de se limiter aux jérémiades, les politiciens doivent reconnaître leur responsabilité dans l’instrumentalisation à grande échelle des Kuluna dans la capitale et à l’intérieur du pays. A la suite de ce « chèque à blanc » et certains privilèges, on a conféré une certaine respectabilité à ces marginaux. Ils étaient devenus de nouvelles «Excellences chargées de sales besognes.

         Avec  le retour de la manivelle, il est grand temps que l’on mette fin à ce phénomène des Kuluna dont on sait qu’ils ont causé plus de torts à la population que de bons actes.

J.R.T. 

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