Insécurité récurrente à l’Est : RDCongo : un agenda caché ?

0
40

La montée de l’insécurité dans la partie Est du pays suscite beaucoup d’interrogations. Nos concitoyens se trouvent en droit de chercher à savoir ce qui leur arrive en cette période où la révision du fichier électoral connaît d’inquiétants ratages techniques. Quant à la pré-campagne électorale, elle est en train de se dérouler à double vitesse, avec d’une part les candidats de la Majorité Présidentielle ayant quartier libre partout, et d’autre part, ceux de l’opposition le plus souvent interdits de parole et de mouvement.

L’agression perpétrée contre le ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, Mashako Mamba, et imputée aux éléments des FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda) confirme, si besoin en était encore, que plusieurs contrées de l’Est du pays sont sous le contrôle des forces négatives, nationales et étrangères, qui n’ont plus peur de rien ni de personne. Ainsi que l’affirment certaines langues, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et la Province Orientale se trouvent sous l’emprise des milices armées qui n’ont rien à envier aux mouvements rebelles de la période sombre de 1998 à 2003.

En réalité, la RDC vit un état latent de guerre, dont l’une des manifestations la plus visible a été l’embuscade tendue à un membre du gouvernement dans le territoire de Rutshuru. A partir de ce décor d’insécurité récurrente, il est d’ores et déjà certain que des millions de compatriotes de l’Est vont se retrouver dans l’impossibilité de se faire enrôler. Quant à ceux ayant la ferme volonté de se faire délivrer des cartes d’électeurs, ils risquent de ne pas rencontrer satisfaction pour la bonne et simple raison que la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) ne saurait déployer ses kits et ses agents dans des zones de conflit.

Tout ceci fait penser à un agenda caché des forces du mal qui ne veulent pas que les compatriotes vivant dans certaines contrées de la Province Orientale, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu prennent pas aux scrutins de 2011- 2013. Si le gouvernement central a encore des doutes sur l’insécurité qui est en train de se généraliser dans la partie Est du territoire national, il pourrait s’en remettre à Mashako Mamba pour un témoignage édifiant.
Du coup, l’on commence à s’inquiéter de la nature des accords de paix signés entre la hiérarchie militaire nationale et une multitude de groupes armés, dont le CNDP, en février-mars 2009. En dépit des annonces triomphalistes faisant état du cessez-le-feu et de leur intégration au sein de l’armée nationale, les réalités du terrain montrent que plusieurs de ces milices et micro-rébellions sont devenues de petites armées dans l’armée.

Les hommes en uniforme appartenant aux groupes monolithiques et obéissant à un commandement militaire autre que celui des FARDC apparaissent désormais comme les fossoyeurs non seulement de la paix et de l’économie nationale, mais aussi du processus électoral en cours. Qui prendra le risque, demain, d’aller battre campagne ou enrôler des électeurs là où le ministre Mashako a failli laisser sa peau, où des crimes impunis sont commis tous les jours et toutes les nuits, où des éléments armés incontrôlés règnent comme en territoire conquis ?
Le non-Etat est là, dans toute sa laideur.

                                    Kimp

LEAVE A REPLY

*