Insécurité du Nord-Kivu : le ras-le-bol des Nande !

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La Communauté Nande est visiblement excédée par la spirale de l’insécurité qui continue de secouer les territoires de Beni et Lubero, au Nord-Kivu. Citant des statistiques établies par la Société Civile, le Bureau de la Coordination Générale de la Communauté Yira-Nande, piloté par Jacques Mumbere Vithi, fait état de 1.500 personnes tuées et de 200.000 déplacées sur un total de 1.200.000 autochtones ces deux dernières années, à la suite d’attaques armées menées contre des populations civiles par des forces négatives en provenance du Rwanda et de l’Ouganda.
 
Le scénario mis en œuvre par des ennemis de la paix dans cette partie de la République semble répondre à un plan d’expropriation des Congolais de leurs terres en vue de leur réoccupation par des communautés rwandophones. Face à une insécurité que n’arrivent pas à éradiquer totalement les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) et la Monusco (Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation au Congo), en raison de nombreuses complicités internes et externes, les Nande viennent de tourner leurs regards vers la France, pour une intervention militaire ponctuelle au Nord-Kivu.
          C’est le sens de la lettre adressée depuis le 11 novembre 2016 au président français François Hollande. Le Bureau de Coordination Générale de la Communauté Yira-Nande est convaincu que la paix peut être rétablie rapidement au Nord-Kivu si le gouvernement français acceptait de lancer une nouvelle opération militaire du genre Artémis (RDC) ou Serval (Mali) ou encore Sangaris (République Centrafricaine). La communauté Nande se rappelle qu’à l’époque, il avait suffi d’une seule et courte intervention militaire française pour faire le ménage au Nord-Kivu et mettre un terme à l’insécurité.
          Parmi les milices armées les plus actives du moment, l’on cite les Nyatura, l’APCLS, les Mai-Mai Simba de Mambasa, les Mai-Mai Kyaghanda-Yira, des ex-M23 échappés de leurs camps de transit au Rwanda et en Ouganda, des déserteurs des FARDC sous le commandement du colonel mutin Richard Bisambaza, etc. On laisse entendre que certaines sociétés minières étrangères opérant au Nord-Kivu financeraient des milices armées afin de profiter au maximum de l’insécurité qui leur permet de ne rendre compte à personne.
          On signale que des copies de la lettre envoyée à François Hollande ont été réservées à Ban Ki-moon (Secrétaire général des Nations Unies), Jean-Claude Juncker (Président du Conseil de l’Union Européenne), Mme Nkosazana Dlamini Zuma (Présidente de la Commission de l’Union Africaine), Mme Fatou Bensouda (Procureure de la Cour Pénale Internationale). Joseph Kabila (Président de la République Démocratique du Congo).
          Parallèlement à la demande d’intervention militaire française, le Bureau de Coordination Générale de la Communauté Yira-Nande exhorte la Procureure de la CPI à ouvrir une enquête sur les nouveaux massacres de Beni et Lubero, afin de diligenter des poursuites judiciaires contre les commanditaires et auteurs d’un génocide qui ne dit pas son nom au Nord-Kivu.
          Il reste à savoir si le gouvernement congolais, fort de sa souveraineté, pourrait accepter la présence d’une nouvelle armée étrangère sur le sol congolais, alors que la Monusco s’y trouve depuis 1999.
                             Kimp