Insécurité au quartier Nyalukemba de Bukavu : des Comités de défense populaire en action

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bukavuPour combattre l’insécurité qui a atteint des proportions inquiétantes dans leur quartier, des jeunes de Nyalukemba ont eu l’idée de coaliser avec la Police Urbaine. Ce quartier de la Commune d’Ibanda à Bukavu, considéré comme l’un des plus huppés de la ville, est habité par des familles les plus aisées et se trouve juste en face de la ville de Cyangugu, au Rwanda, au bord du lac Kivu.

Depuis quelques temps, des gens armés en tenues et parfois non s’adonnent avec joie et sans se gêner à des attaques nocturnes dans des résidences privées, sur des passants, à des pillages en règle des boutiques, magasins, bars et autres lieux des loisirs. Il ne se passe plus une nuit sans que l’on ait signalé des cas d’extorsions des biens de valeur, notamment des bijoux, des montres, des appareils de téléphonie cellulaire, des voitures et des marchandises appartenant à des tiers. Le général Gaston LUZEMBO, Commissaire principal de la Police Nationale du chef-lieu de la province du Sud-Kivu, a indiqué que 19 enfants dits de la rue ont été appréhendés et mis à la disposition du Parquet de Grande Instance de Bukavu, pour des enquêtes approfondies en vue d’éradiquer ce fléau qui renaît avec force.

Las et déçus de subir ces actes de banditisme, des jeunes de ce quartier où habitent des familles aisées se sont résolus à coaliser avec des éléments de la Police locale pour organiser des patrouilles nocturnes en vue de combattre ce fléau qui commence à prendre des proportions inquiétantes. Si les éléments de la Police sont armés, les jeunes, quant à eux, sont accompagnés des chiens et munis d’armes blanches, des sifflets ainsi que d’autres objets bruyants pour sonner l’alarme aux habitants des lieux en cas d’accrochage avec ces inciviques. Ces jeunes-gens proviennent des familles résidant dans ce quartier, auxquels se sont joint d’autres recrutés ailleurs et qui sont décidés d’en finir avec ce fléau qui a déjà eu des conséquences néfastes sur les personnes et leurs biens. Il a été aussi demandé à toute personne habitant ce quartier ou ailleurs de dénoncer à la Police des inciviques qui se trouveraient en train de vendre en cachette des biens meubles de valeur manifestement volés ou extorqués.

Cette opération qui a démarré à Bukavu depuis le weekend end dernier rappelle celle dénommée «likofi», qui avait été déclenchée en novembre de l’année dernière à travers les quartiers des 24 communes de Kinshasa. Une opération qui a pris plus d’une semaine mais qui a éliminé les différentes poches de ces « enfants de rue » qui semaient la mort, l’extorsion, le viol, le rapt et l’insécurité en pleine capitale de jour comme la nuit. De sorte qu’il était devenu risqué de traverser certains coins de la ville même le jour au risque d’être attaqué à l’arme blanche par ces voyous, essentiellement au niveau du Grand Marché de Kinshasa devenu le quartier général de ces «kuluna» dont l’âge varie entre 8 et 35 ans squattant les différents pavillons aux yeux et à la barbe des éléments de la Police Nationale dont les bureaux se trouvent en ces lieux.

Des bruits avaient fait état des exécutions sommaires de ces « kuluna » pendant et après cette opération « likofi ». Des informations que les différentes Ong de défense des droits de l’homme avaient rejetées, faute des preuves palpables.

Problème majeur : autoriser le port d’armes    

De prime abord, il se pose plusieurs défis aux pouvoirs publics pour maîtriser le fléau du banditisme en milieu urbain. Il y a tout d’abord ce péché mignon qui enveloppe le régime actuel, à savoir l’impunité ambiante et l’absence de l’autorité de l’Etat dans divers domaines de la vie nationale. Dès lors que des criminels notoires se la coulent douce à travers la ville et ne s’interdisent pas de narguer la Police et les services de la Justice, il est décourageant de dénoncer des « kuluna » que l’on risque de rencontrer quelques jours après, se vantant d’avoir recouru à des appuis au sein des institutions de l’Etat. Que d’inciviques n’ont-ils pas été remis en liberté sans avoir été sanctionnés comme il se doit ! Que des « kuluna » ne se sont-ils pas  vanté d’avoir payé leur remise en liberté ! Le plus cocasse, c’est qu’au lendemain des mesures de grâce rendues publiques par des ordonnances présidentielles, de nombreux criminels en avaient profité pour glisser leurs noms sur des listes afférentes avant de revenir narguer les consciences nationales des victimes de leurs méfaits !

Les spécialistes déplorent surtout l’absence criante des moyens de mobilité au niveau de la Police Nationale. En plus de la formation déficitaire de certains éléments en matières de lutte contre les inciviques, l’absence des équipements obsolètes en matières d’infrastructures et d’armements modernes et sophistiqués, et plus particulièrement le fait que les agents de la Police Nationale ne sont pas suffisamment motivés.

D’aucuns s’interrogent sur l’éventualité de permettre aux sociétés privées de gardiennage de se munir des armes à feu pour assurer la sécurité des personnes et leurs biens à travers toute la ville et pourquoi pas dans les autres provinces. Dès lors que les pouvoirs publics font montre d’un laxisme criant pour assurer la sécurité des congolais. Il en est de même pour les autorisations de port d’armes aux particuliers pour dissuader les « kuluna » dans les quartiers et les rues. De sorte que deux ou trois particuliers habitant une rue peuvent signer des contrats de gardiennage avec une société privée ou bénéficier d’un permis de port d’armes à feu pour dissuader des voyous.

F.M. 

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