Infrastructures : état des lieux inquiétant !

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 A la faveur de la question orale avec débat du député national Pasi Zapamba Jean pierre, l’opinion publique congolaise s’est fait une idée de l’état des infrastructures du pays. C’était à travers les réponses du ministre des Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction, données le lundi 9 mai, aux préoccupations des députés.

Par sa question orale, l’auteur voulait permettre à l’opinion nationale d’être fixée sur l’exécution du programme gouvernemental en matière de construction et de maintien des infrastructures. Ainsi, il voulait des éclaircissements sur « le nombre de kms réalisés sur les 4.4414 kms de routes en régie et en Himmo ; le nombre de kms maintenus en état de praticabilité sur les 14.296 kms de routes revêtues et en terre prévues ; le niveau de déploiement et de la mise à flots des bacs ; le nombre de ponts et de bacs entretenus ».

Lors du débat, plusieurs députés ont interrogé le ministre des ITPR sur les raisons de l’interruption des travaux sur plusieurs chantiers, tant à Kinshasa qu’en provinces.

Dans sa réplique après un débat houleux en plénière, le ministre Fridolin Kasweshi a présenté la politique de son ministère en matière d’infrastructures. Elle repose sur trois niveaux, à savoir : la réhabilitation d’anciennes routes bitumées et la construction de nouvelles, le rétablissement du trafic à travers la réouverture du réseau en terre, la protection et l’entretien des routes en bon état. Des actions ont été menées avec des moyens de bord, a indiqué le ministre des ITPR.

Avant de renseigner que sur 13.576 km en moyenne à couvrir en 4 ans un coût d’environ 455,5 millions de dollars, le gouvernement a libéré à ce jour 99.682.685 $, soit 13%. Les partenaires étrangers, techniques et financiers, ont pour leur part atteint 22% de leurs prévisions budgétaires uniquement pour les travaux de sauvegarde et non définitifs.
Concernant le faible taux d’exécution, le ministre a fait remarquer
que lancés en 2013, les travaux ont connu le premier arrêt en décembre
de la même année, faute des ressources disponibles pour financement.
En plus, de décembre 2013 à janvier 2015, des travaux de
réunification ont enregistré le premier arrêt de 14 mois, et la
reprise n’a fait qu’un mois. Raison : le financement faisait toujours
défaut.
Il a toutefois soutenu que le gouvernement s’emploie à moderniser
progressivement les différents tronçons routiers du réseau national en
vue d’améliorer la fluidité en toutes saisons, et procéder ainsi au
remplacement des ponts vétustes par de nouveaux à capacité élevée dont
la charge minimale serait de 60 tonnes contre 25 tonnes en moyenne
actuellement. L’objectif reste de se conformer aux réseaux de la
plupart des pays de la sous-région à laquelle appartient la République
Démocratique du Congo.
Pour ce qui est de la voirie, domaine relevant de la compétence des
provinces, Fridolin Kasweshi a laissé entendre que le gouvernement
central mène quelques interventions qui portent notamment sur les
voiries structurales.
D’une manière générale, a-t-il fait savoir, la politique de son
ministère vise l’intégration de l’ensemble du territoire national.
Avant d’indiquer : « Le réseau des routes d’intérêt général constitue
une épine dorsale à laquelle devront se connecter les réseaux des
routes d’intérêt provincial et local qui sont des feeder lines pour
desservir les différents de production et de consommation ».
En bref, le ministre des Infrastructures, Travaux publics et
Reconstruction a fait remarquer la différence qu’il y a entre la
volonté de bien faire et les moyens disponibles. Ce qui justifie le
faible taux d’exécution des travaux, contrairement aux prévisions.
Répondant à la question sur l’utilisation des fonds collectés par le
FONER (Fonds national d’entretien routier), le ministre a précisé que
les fonds collectés sont destinés à financer l’entretien et la gestion
des réseaux routiers sur l’ensemble du territoire national.
S’agissant de la dégradation précoce des routes à peine construites
ou réaménagées, il impute la situation au comportement des agents de
l’Etat affectés à cette tâche et à l’insuffisance de ressources
financières disponibilisées.

L’auteur non satisfait

Clôturant sa question, le député Jean-Pierre Pasi Zapamba a avoué
rester sur sa soif. Car, il refuse d’avaler la thèse du gouvernement
qui s’appuie sur la baisse des cours des métaux pour justifier la non
réalisation du programme annoncé, avec l’interruption des travaux
presque sur tous les chantiers.
Dom