Industrialisation : la RDC invitée à suivre le modèle éthiopien

0
33

Pendant deux jours, du 14 au 15 septembre, des ateliers de réflexion et tables rondes ont été organisés dans le cadre de Sultani Makutano, la rencontre des chefs d’entreprises, autour du thème « Industrialisation de la RDC et en finir avec le mythe des matières
premières ».

De nombreuses personnalités du monde de l’entreprise RD Congolais et d’autres venues d’Afrique, d’Europe et des Etats-Unis ont exposé leurs points de vue, évoqué leurs expériences et ouvert les débats autour des voies à emprunter pour faire émerger une industrie de transformation congolaise à forte plus-value. Une industrie capable de
générer des ressources dont le pays a besoin pour émerger.

En somme, ces entrepreneurs ont salué  les échanges constructifs
pouvant faciliter l’éclosion du monde des affaires tant en RDC que
dans la région. Unanimement, ils ont appelé à l’industrialisation de
la RDC pour couvrir les besoins de la population locale en
substitution des importations.
Dans son discours inaugural, le président de la Fédération des
Entreprises du Congo(FEC), Albert Yuma, a plaidé pour
l’industrialisation du pays en mettant un accent particulier et
prioritaire sur l’agro-industrie. Pour lui, l’agriculture reste le
seul domaine capable de porter la croissance rapidement dans le pays
étant donné qu’elle est capable de mettre en place une chaîne de
valeur élargie.
Quant à Jean Bakole, directeur régional de l’ONUDI, il a démontré à
l’assistance les prouesses de l’Éthiopie, un autre pays africain, qui
a réussi à mettre en place des parcs agro-industriels, en moins d’une
année.
«En Éthiopie, nous avons eu le même problème que la RDC sur la durée
illimitée pour la mise en place des parcs agro-industriels. Il y a eu
des négociations avec les institutions internationales pour la mise en
place de toutes ces structures et nous avons fait plus de 4 ans sans
succès. Le gouvernement éthiopien a compris que ce projet ne pouvait
pas se mettre en place simplement parce qu’il y a eu des facteurs
endogènes et exogènes qui ont fait que le projet puisse traîner. Le
gouvernement a compris qu’avec un tel processus, il ne pourra jamais
mettre en place un seul parc agro-industriel dans le pays. Et
l’Éthiopie a levé ses propres fonds équivalent à 1 milliard $ et a
démontré auprès de ses partenaires qu’elle pouvait mettre en place des
parcs agro-industriels en moins d’une année. Aujourd’hui, nous avons
le parc agro-industriel d’Awasa. Il y a juste deux mois, le  Nigeria a
pris la décision de faire la même chose en s’inspirant du modèle
éthiopien pour créer un parc agricole », a affirmé le directeur
régional de l’ONUDI.
Il convient de souligner que le grand parc agroindustriel de
Bukanga-Lonzo, situé à 240 km de Kinshasa, sur la route menant vers
Kikwit, dans la province de Bandundu, s’est déjà essoufflé, alors
qu’il a été inauguré en 2015.

Tshieke Bukasa