Indépendance de la CENI, décentralisation, élection : Botakile et Meya… s’enflamment, Kimbulungu calme le jeu

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Le Bureau de Liaison avec le Parlement (BLP), un organe technique de la CENCO, a organisé sa seconde Tribune d’expression populaire « Tep » le vendredi 17 avril 2015 au Centre interdiocésain avec comme principaux orateurs : le député Botakile, le conseiller de l’abbé Malumalu Dellion Kimbulungu, le professeur Meya Ngemba, la ministre honoraire du Genre Faida Mwangilwa….

 Ils ont parlé  de la décentralisation et du respect de la Constitution de l’état des préparatifs du processus électoral  et ses contraintes, du lien entre élections et décentralisation….

 La décentralisation apparaît comme une technique constitutionalisée devenue aujourd’hui une contrainte, a dit d’emblée Botakile. Elle est  une option politique. Dans le passé, a-t-il  fait remarquer plus loin, des monarques omnipotents avaient dû céder une partie de leurs prérogatives. La décentralisation a cessé d’être administrative pour devenir politique.

Changeant de registre, il a longuement parlé de  la CENI en évoquant le problème du statut de certains agents qui, selon lui, ont été remerciés de manière cavalière. Ils  travaillent de manière saisonnière. Selon lui, la Ceni ne devrait pas avoir la loi organique qui est la sienne aujourd’hui. Le personnel devrait dépendre de la Fonction publique.  Comment demander aux gens à priori mal lotis d’être des « anges » ?  Autres avatars : la CENI est-elle appelée à changer de bureau tous les cinq ans.

L’administration ne doit pas être inféodée au bureau, a-t-il ajouté.

Dellion Kimbulungu a regretté que Botakile ait quitté la salle un peu tôt pour avoir sa version des faits sur des dossiers comme celui du statut des agents.

C’est au regard des recommandations qui lui ont été faites  que la CENI a mis en place une nouvelle approche sur l’organisation des élections, a-t-il indiqué. Il a été demandé par exemple  à la CENI de nettoyer son fichier électoral. Il y a aussi le problème de la localisation des électeurs dans leurs sites de vote, la cartographie électorale….

Revenant au dossier des agents virés , il a dit qu’ils sont au nombre de 286. Il y a eu un contrôle physique et certains  ont été épinglés comme des déserteurs. Le recrutement de nouvelles unités a été confié au CADICEC. Il a trouvé normal que la CENI ait la loi organique qui est la sienne et un peu troublant que ses agents  aient le statut des fonctionnaires. Et pour éviter des cas de manipulation des résultats de vote, les PV des centres de vote seront scannés et envoyés à qui de droit. Ceci permettra aux acteurs politiques d’en prendre connaissance en un temps record. Répondant à la question sur les « nouveaux majeurs », il a signalé qu’il  y a 32 millions d’électeurs enregistrés dans le fichier électoral jusqu’ici  et que les 8 millions supplémentaires  probables pouvant provenir des congolais ayant totalisé 18 ans et plus ces dernières années pourraient être enrôlés en janvier 2016.

La CENI a ficelé son calendrier électoral en tenant compte des remarques d’autres acteurs liés au processus électoral, a-t-il indiqué.

L’intervention de Meya a également captivé l’assistance. Selon lui, la décentralisation est une division rationnelle du travail. Elle est une vieille « recette » mise en place par Dieu avec le jardin d’Eden, où l’homme et la femme avaient des prérogatives spécifiques. La décentralisation est aussi un moyen de développer le pays au niveau de la base.  Les questions sociales ( eau, électricité…) peuvent être résolues si la décentralisation est effective, a-t-il noté.

A l’en croire, nos communes devraient ériger leurs propres marchés, leurs salles des fêtes, leurs hôtels et autres infrastructures si la décentralisation était  effective en RDC.

Le député national Juvénal Munobo a axé son intervention sur la sécurisation des élections et Faida Mwangilwa sur l’implication de la femme congolaise dans le processus électoral.

L’abbé Jean-Pierre Muhingisa  est intervenu à la fin du Tef pour souligner  le bien fondé du BLP qui doit être perçu comme une manifestation  de la démocratie participative. « N’éteignons pas le feu qui est allumé mais tenons-nous la main dans la main », a-t-il précisé.

Le secrétaire général adjoint de la CENCO a rappelé le sens du combat de l’église qui est de contribuer au bien-être intégral de l’homme. Le BLP, considéré comme une courroie de transmission entre décideurs politiques et  population, a précisé l’abbé Donatien Nshole,   cible surtout les députés et les sénateurs. Il a émis le vœu de voir les participants tirer profit de ces échanges en revenant sur les problèmes qui les préoccupent.

Dernier né de la CENCO, le BLP est appelé à contribuer à réduire le fossé entre le peuple congolais et ses représentants et à faire entendre la voix des citoyens « d’en-bas » auprès de leurs élus.

Jean- Pierre Nkutu