Incertitude du lendemain : Certains commerces tournent au ralenti

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Par crainte des manifestations de contestation des résultats provisoires de l’élection présidentielle, certains opérateurs économiques frileux avaient décidé la fermeture provisoire de leurs commerces. Depuis hier, bon nombre d’entre eux, avec femmes et enfants, en ont profité pour aller en vacances de Noël en Europe. Usines et magasins fermés, personnel renvoyé en congé, commandes et livraisons suspendues, l’activité économique connait en réalité, une baisse, depuis la veille de la publication, par la Ceni, le 9 décembre, des résultats de l’élection présidentielle du 28 novembre, jusqu’à ce jour.
Explication ? Ils redoutent des pillages comme on en a connus lors des affrontements au centre-ville, entre les éléments de la Garde républicaine et ceux de la garde rapprochée de Jean-Pierre Bemba.

A la base de cette psychose de peur, l’incertitude qui règne encore sur le plan politique. Cette incertitude suscitée par les risques d’un éventuel dédoublement des institutions, s’accentue chaque jour avec la tension qui monte dans les milieux politiques, et le déploiement des contingents de la police et de l’armée sur les principales places et carrefours importants de la ville de Kinshasa. 
Cette présence très remarquée d’un dispositif militaire et policier impressionnant n’est pas en effet, de nature à rassurer les opérateurs économiques dont certains ne sont pas prêts d’oublier les pertes enregistrées lors des événements malheureux de triste mémoire. Car, chaque fois qu’il y a des troubles dans la ville, les bandes des malfaiteurs en profitent toujours pour opérer des casses suivies des pillages des commerces. Et les forces de l’ordre n’interviennent toujours qu’en retard.

Le ralentissement de l’activité économique, comme on a eu à le constater, touche principalement les distributeurs des marques des véhicules, les boutiques d’habillement, les bijouteries, les magasins de vente des appareils électro-ménagers, des téléphones portables et le matériel informatique. 
Selon des indiscrétions lâchées dans les milieux économiques, certaines marchandises sont entreposées dans des dépôts sécurisés dans l’attente d’un retour au calme. D’autres, comme nous avons eu à le signaler dernièrement, sont encore consignées dans les ports d’embarquement de l’Occident.
On s’interroge actuellement si ce ralentissement de l’activité économique pourra affecter le secteur de distribution des denrées alimentaires de première nécessité.

Si ces craintes se justifiaient, il y a lieu de redouter une baisse des stocks de ces produits qui souvent à la fin de l’année, enregistrent une forte demande lors des festivités de Noël et de Nouvel An.
Et ce sera là, une occasion rêvée par les spéculateurs pour  créer une pénurie artificielle, afin de provoquer à une flambée des prix.
Le ministère de l’Economie devrait se concerter avec les grands distributeurs et s’assurer de l’état des stocks disponibles des produits de première nécessité, tels que les chinchards, les poulets, la viande, le riz, le lait, le sucre et la farine de froment.
Et le ministère ferait mieux d’entrevoir comment les consommateurs pourraient passer la période des festivités de fin de l’année dans la quiétude, sans se triturer les méninges avant de trouver de quoi se mettre sous la dent.

J.R.T.

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